«La Corse n’est pas une circonscription administrative» mais «une nation» estime Jean-Guy Talamoni
Au micro de « Sénat 360, Jean-Guy Talamoni, le président de l’Assemblée de Corse, se veut dans « un état d’esprit particulièrement ouvert » avant sa rencontre avec Edouard Philippe.  

«La Corse n’est pas une circonscription administrative» mais «une nation» estime Jean-Guy Talamoni

Au micro de « Sénat 360, Jean-Guy Talamoni, le président de l’Assemblée de Corse, se veut dans « un état d’esprit particulièrement ouvert » avant sa rencontre avec Edouard Philippe.  
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni sont reçus ce lundi par Edouard Philippe, un mois et demi après leur victoire aux élections territoriales et deux semaines avant le déplacement d’Emmanuel Macron en Corse. Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse, est passé sur le plateau de « Sénat 360 » pour dire combien il était dans « un état d’esprit particulièrement ouvert » avant sa visite à Matignon : «  Nous espérons que cet état d’esprit sera partagé de l’autre côté de la table (…) Nous avons un mandat qui nous a été donné par les électeurs, par le suffrage universel, à la majorité absolue, autour d’un projet (…) précis, cohérent. Si la bonne volonté est partagée d’un côté et de l’autre de la table, on avancera. » Le nationaliste veut clairement marteler à Emmanuel Macron et Edouard Philippe, que la Corse est « une nation » : « Les Corses ont voté, à la majorité absolue, pour une liste entièrement composée de nationalistes (…) Cela veut dire que les Corses ont dit, par leur vote, que la Corse n’est pas une circonscription administrative (…) que la Corse est une nation. C’est un fait politique. »

Concernant l’évolution institutionnelle, les nationalistes demandent que le mot « Corse » soit inscrit dans la Constitution. Et pas seulement :

« Nous avons besoin d’un dispositif intégré à la Constitution française pour pouvoir, à un moment donné, permettre à l’Assemblée de Corse, de prendre des décisions dans le domaine législatif et réglementaire (…) On parle aujourd’hui, à l’échelle de la France, de remplacer le droit à l’expérimentation par le droit à la différenciation. C’est très intéressant mais nous, ça ne nous suffira pas (…)  Il nous faut véritablement dans la Constitution, un dispositif qui nous permette de déroger et explicitement dans un certain nombre de domaines. »

D’autres points de friction vont ressurgir lors de cette rencontre gouvernement-nationalistes, sachant que Jacqueline Gourault, « Madame Corse » du gouvernement, a déclaré, début janvier, qu’il n’était pas question pour l’exécutif, de bouger sur la coofficialité de la langue corse. Pour Jean-Guy Talamoni, cela reste pourtant une demande importante : « C’est une demande de la société corse et de ses représentants (…) Nous, nous avons besoin très concrètement, d’un certain nombre de choses pour la langue corse (…) C’est important pour des raisons pratiques, cela n’est pas du tout de l’idéologie. C’est pour pouvoir faire de cette langue, la langue de la promotion sociale. »

Sur le dossier des prisonniers corses, les nationalistes demandent, et le rapprochement et l’amnistie des prisonniers : « Notre demande fondamentale, c’est l’amnistie » réagit tout d’abord le président de l’Assemblée de Corse. « S’agissant du rapprochement, c’est l’application de la loi, simplement. Et ça serait un geste important que ce soit fait dans les jours à venir » ajoute-il.

Cette demande d’amnistie concernerait  également Yvan Colonna : « L’amnistie pour nous (…) concerne l’ensemble des faits politiques. Et l’affaire du préfet Erignac est évidemment, quoiqu’on puisse en penser, une affaire politique ».

Et alors qu’Emmanuel Macron se déplacera en Corse le 6 février, pour les 20 ans de la mort du préfet Erignac. Jean-Guy Talamoni, qui a déjà précisé ne pas souhaiter s’y rendre, glisse : « Depuis deux ans, en ce qui me concerne, j’ai marqué ma compassion s’agissant de la mémoire et de la famille du préfet Erignac. Je n’ai pas entendu jusqu’à présent, ce n’est même pas un reproche d’ailleurs, un seul responsable parisien marquer sa compassion à l’égard de la famille de Jean-Baptiste Acquaviva [militant nationaliste mort en 1987 lors d’une opération du FLNC, NDLR] ou des autres morts, pendant ces quarante années de conflit ».  

Partager cet article

Dans la même thématique

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le