La Cour des comptes s’inquiète de la « fragilité » des finances publiques en France
La Cour des comptes a appelé mercredi l'exécutif à redresser "en profondeur" les finances publiques françaises, estimant que les...

La Cour des comptes s’inquiète de la « fragilité » des finances publiques en France

La Cour des comptes a appelé mercredi l'exécutif à redresser "en profondeur" les finances publiques françaises, estimant que les...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La Cour des comptes a appelé mercredi l'exécutif à redresser "en profondeur" les finances publiques françaises, estimant que les mesures décidées face au mouvement des "gilets jaunes" avaient fortement "fragilisé" les perspectives de dette et de déficit pour 2019.

"Les perspectives de finances publiques pour 2019 sont affectées d'une fragilité toute particulière", met en garde dans son rapport annuel l'institution financière, qui invite Bercy à revoir rapidement son scénario macroéconomique.

"Cette trajectoire devrait servir de base à un redressement en profondeur de nos finances publiques, plus que jamais nécessaire, les événements récents ayant démontré l'insuffisance et la grande fragilité du redressement opéré jusqu'à présent", ajoute la Cour.

Le gouvernement avait à l'origine prévu un déficit public équivalant à 2,8% du PIB pour 2019, en hausse de 0,2 point par rapport à celui attendu en 2018, en raison notamment de la transformation du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en baisse de charges pérennes.

Mais l'exécutif a décidé de relâcher la contrainte budgétaire en raison de la crise des "gilets jaunes", en annonçant mi-décembre une série de baisses d'impôts et de nouvelles dépenses, chiffrées à près de 11 milliards d'euros.

Selon Bercy, le déficit devrait ainsi s'établir à 3,2% du PIB en 2019, repassant pour la première fois depuis 2016 au-dessus des 3% exigés par les traités européens. Le "déficit structurel", calculé sans les effets de la conjoncture, atteindrait lui 2,3% du PIB, au lieu des 2% prévus.

"Ce scénario de finances publiques, préoccupant, est en outre affecté de multiples fragilités", souligne la Cour des comptes, qui fait état de deux éléments susceptibles de faire déraper un peu plus les comptes publics français.

Premier élément: l'absence de précisions sur les mesures d'économies que le gouvernement entend mettre en œuvre pour compenser une partie des annonces décidées en décembre, comme la hausse de la prime d'activité ou la défiscalisation des heures supplémentaires.

Ces mesures, chiffrées à 1,5 milliard d'euros, ont été "annoncées" mais "demandent encore à être traduites en dispositions législatives ou réglementaires", estime l'institution présidée par Didier Migaud.

Deuxième source d'incertitude: l'évolution de la conjoncture, marquée par une "dégradation rapide de l'environnement économique", notamment en Europe, avec le "ralentissement plus fort que prévu de l'économie allemande".

Cette situation, aux yeux de la Cour, fait peser un risque "à la baisse" sur la croissance française, que le gouvernement attend à 1,7% cette année, contre 1,5% pour le FMI ou pour la Banque de France.

Cela risque de "dégrader encore la position de la France au sein de la zone euro", souligne l'institution de la rue Cambon, qui appelle à une "réduction soutenue des déficits effectif et structurel", via une "maîtrise accrue des dépenses publiques".

Partager cet article

Dans la même thématique

Chanteloup-les-Vignes : inter-ministerial meeting on cities
9min

Politique

Elisabeth Borne prend ses distances avec Gabriel Attal : « Non-événement » ou symptôme « des doutes » chez Renaissance avant 2027 ?

En quittant la présidence du Conseil national de Renaissance, Elisabeth Borne marque son « désaccord avec la ligne » de Gabriel Attal et met à mal la future candidature à la présidentielle du patron du parti. Si les proches du secrétaire général minimisent, quelques voix pointent en interne l’excès de « com’ » et « la tendance aux coups médiatiques ». François Patriat, patron des sénateurs Renaissance, prend aussi ses distances : « Déclarer sa candidature aujourd’hui et figer les choses ne me paraît pas être le bon principe ».

Le

La Cour des comptes s’inquiète de la « fragilité » des finances publiques en France
7min

Politique

Droits TV du football : la chaîne Ligue 1+ n’est qu’une « solution par défaut », reconnaît Nicolas de Tavernost

Interrogé au Sénat ce mercredi, le patron de la filiale média de la Ligue de football professionnelle (LFP), Nicolas de Tavernost, n’a pas caché les limites de la chaîne Ligue1 +, montée dans l’urgence par la ligue, pour le financement des clubs français. Il a été longuement interrogé sur son départ en fin de saison, perçu par plusieurs sénateurs comme la conséquence des conflits d’intérêts au sommet du football français.

Le

La Cour des comptes s’inquiète de la « fragilité » des finances publiques en France
3min

Politique

Banquets du Canon français : « Il n’y a pas de risque de trouble à l’ordre public », assure Laurent Nunez qui reste toutefois « vigilant »

Lors des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez a été interpellé par le sénateur (PS) du Finistère, Jean-Luc Fichet sur la campagne de haine dont a été victime la maire de Quimper pour avoir refusé d’accueillir dans sa ville un banquet du Canon Français, une organisation financée pour partie par le milliardaire d’extrême droite Pierre Edouard Sterin. « Ce qu’il s’est passé à Quimper est absolument ignoble » a dénoncé le ministre.

Le