La démission de Nicolas Hulot constitue un nouvel épisode de l'histoire mouvementée des ministres issus de la société civile, une catégorie qui, avec Françoise Nyssen, Agnès Buzyn ou encore Muriel Pénicaud, tient une place éminente dans l'exécutif d'Emmanuel Macron.
Le départ surprise du ministre de la Transition écologique mardi, "c'est le prix à payer pour avoir des ministres de la société civile au gouvernement", a commenté l'Elysée après l'annonce de M. Hulot qui, fait rare sinon inédit, n'avait prévenu ni l'Elysée, ni Matignon de sa décision.
La pratique consistant à confier des portefeuilles ministériels à des personnalités reconnues pour leur expertise professionnelle, sans engagement partisan de premier plan, n'est pas nouvelle. La scientifique Irène Joliot-Curie dans le gouvernement du Front populaire en 1936, l'alpiniste Maurice Herzog auprès du général de Gaulle en 1958, ou la juriste Simone Veil sous le septennat de Valéry Giscard d'Estaing en 1974, figurent parmi les précurseurs.
Les membres de la société civile du gouvernement d'Edouard Philippe après la démission de Nicolas Hulot
AFP
Jacques Chirac avait notamment nommé à Bercy deux grands patrons, Francis Mer en 2002 puis Thierry Breton en 2005, ou bien le philosophe Luc Ferry à l'Education. Ces expériences n'avaient pas débouché sur une longue carrière politique. L'avocate Christine Lagarde, nommée en 2005, est au contraire montée en grade en 2007, sous la présidence Sarkozy, et dirige aujourd'hui le FMI.
En 2017, M. Macron a poussé la démarche à un niveau inédit, près de la moitié des ministres d'Edouard Philippe étant estampillés "société civile". Parmi ceux-ci: Agnès Buzyn (Santé), Muriel Pénicaud (Travail), Jean-Michel Blanquer (Education), Elisabeth Borne (Transports), Frédérique Vidal (Enseignement supérieur), Nicole Belloubet (Justice) ou encore Françoise Nyssen (Culture).
Parmi eux, Nicolas Hulot était la plus grosse prise, mais avec un profil un peu à part de spectateur très engagé de la politique. Il fut successivement un interlocuteur régulier de Jacques Chirac, l'auteur d'un "pacte écologique" à l'adresse des candidats en 2007, un candidat malheureux à la primaire des Verts en 2011, et même un "envoyé spécial pour la planète" de François Hollande.
En vertu de ce passé, M. Hulot "n'a pas été pris comme un technicien, quelqu'un qui vient, fort de son expertise, mettre en œuvre un projet politique", juge un responsable de l'opposition: "Lui au contraire est venu avec son projet, dont il s'est aperçu qu'il n'était pas celui de Macron".
"Il y a vraiment un regard ambigu de l'opinion" sur les ministres issus de la société civile, estime le directeur général adjoint de l'Ifop, Frédéric Dabi : "D'un côté, leur nomination a beaucoup plu aux Français. Cela répondait à une sorte d'attente, d'imaginaire". Mais ces profils "n'ont pas de poids politique. Chez Nicole Belloubet, on a senti du flottement lors d'un moment de crise (l'affaire Benalla, NDLR)", poursuit M. Dabi, qui relève aussi la faible notoriété de ces ministres, avec le seul "contre-exemple" de Marlène Schiappa (Droits des femmes).
Parmi ceux-ci, Françoise Nyssen apparaît fragilisée au sein du gouvernement. En juillet, elle s'est vu retirer, au profit de Matignon, la régulation économique du secteur de l'édition et la tutelle du Centre national du livre (CNL), afin d'éviter tout conflit d'intérêts avec ses anciennes fonctions de patronne de l'éditeur Actes Sud. A cela s'ajoute une enquête sur des travaux présumés illégaux dans sa maison d'édition, révélés par le Canard enchaîné.
Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.
Les mutilations de plusieurs élèves lors des manifestations lycéennes ont remis brutalement sur le devant de la scène la doctrine du maintien de l’ordre. Un rapport du Sénat sur ce sujet sera présenté dans les prochains jours. En attendant, faisant face aux demandes de démission des oppositions de gauche, le ministre de l’Intérieur a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes et a longuement justifié l’action des forces de l’ordre, lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.
L’émotion se fait ressentir en ce 7 octobre 2026. Trois ans après l’attaque du Hamas en Israël, plusieurs commémorations sont prévues en Israël, notamment à Réïm où certains politiques français se sont rendus. En France, le président du Crif explique que les Français juifs continuent de vivre ce « traumatisme » et regrette qu’ils soient « associés à un conflit » dont ils « ne sont pas responsables ».
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce mercredi 7 octobre la suspension provisoire de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes. Cette décision intervient après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lundi à Lens. Dix-huit enquêtes ont par ailleurs été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) depuis le début du mouvement.