« La direction du PS devra assumer sa responsabilité face aux résultats de la présidentielle », tacle Stéphane Le Foll
Au micro de Public Sénat, le socialiste Stéphane Le Foll a estimé mercredi que le débat sur une primaire de la gauche masquait une absence de ligne politique. Il reproche au PS d’avoir joué ces dernières années « la stratégie de l’effacement », au lieu de redéfinir un projet politique.

« La direction du PS devra assumer sa responsabilité face aux résultats de la présidentielle », tacle Stéphane Le Foll

Au micro de Public Sénat, le socialiste Stéphane Le Foll a estimé mercredi que le débat sur une primaire de la gauche masquait une absence de ligne politique. Il reproche au PS d’avoir joué ces dernières années « la stratégie de l’effacement », au lieu de redéfinir un projet politique.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Une primaire populaire de la gauche, fin janvier, pourrait servir de tremplin pour un rassemblement derrière une candidature unique. C’est du moins ce qu’espérait Anne Hidalgo, la candidate socialiste, encalminée dans les sondages depuis plusieurs mois. Mais Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot refusent toujours de se plier à cet exercice, tandis que l’ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira, pourrait annoncer sa candidature samedi. « Aucun débat à gauche, si ce n’est qu’il faut qu’on se rassemble. L’union n’est pas un programme, c’est une tactique ! », s’est agacé Stéphane Le Foll, l’ancien ministre de l’Agriculture de François Hollande, mercredi matin sur le plateau de « Bonjour chez vous », la matinale de Public Sénat.

« Si j’ai un conseil à donner à Anne Hidalgo, c’est d’arrêter avec l’hypothèse du rassemblement pour la victoire et d’affirmer des positions, un projet, un programme ! », martèle le maire du Mans. Un programme que la candidate devrait d’ailleurs présenter jeudi, en même temps qu’elle pourrait officiellement acter l’échec de son idée de primaire.

« Une perte de boussole » idéologique

« Globalement, il n’y a pas assez de vision chez les candidats à la présidentielle, et j’inclus Anne Hidalgo », tacle l’élu. « Cette campagne présidentielle, pour la gauche, est dans une indéfinition et une perte de boussole frappante », estime Stéphane Le Foll. Il reproche notamment au Parti socialiste de ne pas avoir su définir une ligne claire au cours des cinq dernières années, et considère que le parti porte toujours les stigmates de la division qui a opposé les frondeurs et le gouvernement de François Hollande.

« Cette fracture a rendu impossible toute synthèse », déplore Stéphane Le Foll. « Aujourd’hui, je constate que derrière Christiane Taubira, il y a Christian Paul, qui était un leader des frondeurs. Les frondeurs continuent de penser qu’ils avaient raison », or « on ne peut réunir la gauche que s’il y a un débat qui se clarifie. »

Anne Hidalgo, absente du second tour

« La vraie question c’est : qu’est-on capable de porter pour recréer un parti et une gauche capable de gouverner la France ? », pointe Stéphane Le Foll. Il accuse la direction du PS d’avoir éludé ce débat, et d’être volontairement restée en retrait de la scène politique après la lourde défaite de Benoît Hamon en 2017. « Aujourd’hui, la direction du PS, qui a choisi la stratégie de l’effacement, devra assumer ses responsabilités devant les résultats de la présidentielle et des législatives », avertit notre invité. Est-ce à dire qu’il ne croit plus aux chances d’Anne Hidalgo d’accéder au second tour ? « Si je vous dis : je suis sûr qu’Anne Hidalgo sera au second tour, vous souriez déjà ! », conclut Stéphane Le Foll.

Partager cet article

Dans la même thématique

« La direction du PS devra assumer sa responsabilité face aux résultats de la présidentielle », tacle Stéphane Le Foll
4min

Politique

Déserts médicaux : « Il existe des différences d’espérance de vie entre les départements » alerte Karine Daniel sénatrice socialiste de Loire-Atlantique

Au Clos-Toreau, quartier populaire du sud de Nantes, les habitants se battent depuis deux ans pour obtenir l’ouverture d’un centre de santé. A l’approche des élections municipales, la question des déserts médicaux s’impose dans la campagne comme un sujet de préoccupation récurrent, comme en témoigne cet habitant de Nantes dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Paris: Bruno Retailleau annonce candidature elections presidentielles 2027
6min

Politique

Référendum sur l’immigration, primauté du droit national : le projet de Bruno Retailleau est-il faisable ?

En annonçant sa candidature à la présidentielle, le patron des Républicains a promis de « renverser la table » en redonnant la parole aux Français par des référendums sur l’immigration et la justice ou encore en redonnant la primauté du droit national sur les normes internationales. Un programme qui nécessite de réviser la Constitution. Il y a quelques années, le sénateur de Vendée avait déposé une proposition de loi constitutionnelle en ce sens, avant de la retirer faute d'avoir pu réunir une majorité au Sénat.

Le

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite
7min

Politique

Présidentielle 2027 : chez LR, la tentation d’une primaire « plutôt ouverte » pour départager les candidats de la droite

La déclaration de candidature de Bruno Retailleau est loin de solder le problème complexe de la stratégie à adopter pour l’élection de 2027. Le groupe de travail sur le départage doit remettre ses travaux début mars. Plusieurs membres recommandent de ne pas se limiter à un processus de sélection trop resserré au seul parti LR.

Le

« La direction du PS devra assumer sa responsabilité face aux résultats de la présidentielle », tacle Stéphane Le Foll
3min

Politique

Bruno Retailleau candidat à l'Elysée : « Il a été le ministre de l’immigration et de l’insécurité, maintenant il fait le beau et il parade », raille Laurent Jacobelli (RN)

Sur un positionnement très conservateur, la candidature de Bruno Retailleau à l’Elysée pourrait ramener dans le giron des LR les électeurs tentés par l’extrême droite. Le RN Laurent Jacobelli, invité de la matinale de Public Sénat, veut rappeler que le Vendéen a fait alliance avec les macronistes. Il épingle également son bilan sécuritaire et migratoire en tant que ministre de l’Intérieur.

Le