Le refus de François Fillon de se retirer de la course à l'élection présidentielle place Les Républicains dans une impasse, estime la presse, qui annonce un comité politique du parti très animé lundi soir.
"Fillon a joué son va-tout. La droite est dans une impasse. Que Fillon se maintienne, et elle n’est plus sûre d’être au second tour. Qu’elle tente de le remplacer et les plus radicalisés iront gonfler les rangs du FN", résume Alexandra Schwartzbrod dans Libération.
Un avis partagé par Bernard Stéphan, de La Montagne, qui explique que François Fillon "n'a pas changé un iota à sa ligne" et que donc "la droite est dans une impasse".
"Plutôt que de sortir de l’impasse, il semble prêt à continuer à foncer dans le mur. Quitte à y entraîner l’ensemble de son mouvement", semble s'étonner Laurent Bodin, de l'Alsace.
François Fillon : ses déclarations
AFP
Pour Cécile Cornudet, des Echos: "François Fillon tente de renvoyer le mistigri de la division et du risque FN à une éventuelle candidature Juppé. La droite s'enfonce dans la crise". Il "est persuadé qu’après cette démonstration de force, +personne+ ne pourra l’en empêcher (de se présenter)", prévient Hervé Favre, de La Voix du Nord.
"Dans son orgueil et sa détermination, il fait planer la menace de fracturer la droite en deux", assure Didier Rose, des Dernières Nouvelles d'Alsace. "Droit, il tient la barre de ce vaisseau fantôme contre vents et giboulées. Prêt à couler", s'émeut Denis Daumin, de La Nouvelle République du Centre-Ouest.
- 'Une bataille redoutable' -
"Les Républicains doivent urgemment s’entendre. Soit c’est François Fillon, le champion de la primaire et de la foule du Trocadéro, soit c’est Alain Juppé, le favori des sondages et des caciques du parti. Mais ça ne peut pas être les deux à la fois", lance inquiet Paul-Henri du Limbert, dans Le Figaro.
"La démonstration de force du Trocadéro entretient le supplice que vit la droite", relève Michel Urvoy dans Ouest-France. Et d'ajouter: "Chaque heure rend la situation plus intenable et le choix plus difficile à prendre!"
D'où une "bataille qui s’annonce redoutable lors du comité politique LR convoqué lundi soir sur les suites à donner à la candidature Fillon", annonce Dominique Garraud, de La Charente Libre. Le parti "n'est pas sorti de l'auberge pour désigner un éventuel candidat de rechange qui fasse l’unanimité à droite et au centre", prévient Pierre Fréhel, du Républicain Lorrain.
"Personne ne sait encore comment les Républicains pourront se sortir grandis de cet extraordinaire foutoir. Suite du feuilleton dans les heures – ou les minutes – qui viennent", conclut Jean-Claude Souléry, de La Dépêche du Midi.
S'estimant conforté par le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de ses partisans au Trocadéro, François Fillon a exclu, malgré les pressions de son camp, de se retirer au profit d'Alain Juppé, qui réagira lundi matin lors d'une déclaration à la presse.
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