La droite et le centre veulent exprimer « la gratitude et la reconnaissance du Sénat » aux forces de l’ordre
Après les violences de Sainte-Soline, les sénateurs de la majorité sénatoriale ont déposé une proposition de résolution visant à traduire leur soutien envers les policiers et gendarmes. Les signataires invitent également le gouvernement à « prendre toutes les mesures qui permettent de ramener l’ordre dans notre pays ».

La droite et le centre veulent exprimer « la gratitude et la reconnaissance du Sénat » aux forces de l’ordre

Après les violences de Sainte-Soline, les sénateurs de la majorité sénatoriale ont déposé une proposition de résolution visant à traduire leur soutien envers les policiers et gendarmes. Les signataires invitent également le gouvernement à « prendre toutes les mesures qui permettent de ramener l’ordre dans notre pays ».
Guillaume Jacquot

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Des débats passionnés s’annoncent encore au Sénat sur les manifestations récentes et sur le maintien de l’ordre. Quatre jours après les violents affrontements entre manifestants et gendarmes à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), des sénateurs de la majorité sénatoriale ont déposé une proposition de résolution « exprimant la gratitude et la reconnaissance du Sénat aux membres des forces de l’ordre déployées sur tout le territoire national ».

Ce texte sans valeur normative a une portée avant tout symbolique et sert aux parlementaires à interpeller le gouvernement. Celle-ci a été signée par Bruno Retailleau et l’ensemble des membres LR, mais également par un peu plus de la moitié du groupe Union centriste, l’autre composante de la majorité sénatoriale. Depuis le 16 mars, plus de 1 000 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur. Le bilan du côté des manifestants n’est pas connu.

« On ne peut pas applaudir les forces de l’ordre après les attentats, pour ensuite les laisser se faire attaquer »

Inquiets de la multiplication des affrontements « directs » entre casseurs et forces de l’ordre, les signataires affirment notamment que cette violence est « aujourd’hui légitimée et encouragée par des élus qui tiennent des discours ambivalents » et soulignent qu’il est « inacceptable et dangereux de renvoyer dos à dos forces de l’ordre et casseurs ». Ils ajoutent que policiers et gendarmes sont « injustement la cible récurrente et privilégiée des critiques politiques, sans aucun égard pour l’ultra-violence qui les vise ».

Si les étiquettes politiques en question ne sont pas explicitées, Hervé Marseille, le président du groupe Union centriste se tourne par exemple vers la France insoumise. « Il s’agit d’une proposition de résolution pour soutenir les forces de l’ordre après ce qu’elles ont vécu ces dernières semaines. Nous considérons que la police ne tue pas, contrairement à ce qu’affirme Monsieur Mélenchon, mais sauve des vies », développe le patron de l’UDI. Et d’ajouter : « On ne peut pas applaudir les forces de l’ordre après Charlie Hebdo et les attentats du 13-Novembre, pour ensuite les laisser se faire attaquer, menacer. »

Au-delà d’une « profonde gratitude », d’une « reconnaissance » et de leur « soutien », les auteurs de cette proposition de résolution invitent le gouvernement à « prendre toutes les mesures qui s’imposent pour appréhender les casseurs et ramener l’ordre dans notre pays ».

Un débat électrique en séance se profile le 12 avril

Pour le moment, la proposition de résolution n’a pas encore été inscrite à l’ordre du jour, mais la conférence des présidents, programmée en fin de journée ce 5 avril, s’acheminerait sur la date du 12 avril comme date d’un débat dans l’hémicycle, selon nos informations.

Les échanges entre droite et gauche pourraient être animés, étant donné le niveau de tension atteint le 29 mars lors des questions au gouvernement, aussi bien au moment des réponses du ministre de l’Intérieur que des interventions du sénateur écologiste Thomas Dossus. « Ça va chauffer », anticipe déjà un collaborateur du groupe CRCE (communiste, républicain, citoyen et écologiste).

Au sein du groupe écologiste, le texte déposé semble particulièrement remonter ses membres. « Ça nous apparaît tellement manichéen, manipulatoire et outrancier », dénonce Guy Benarroche, sénateur EELV des Bouches-du-Rhône. « Il y a une vingtaine de considérants qui sont orientés, tantôt contre les écolos, tantôt contre LFI. C’est un amalgame éhonté d’idées reçues. Soutenir les forces de l’ordre, c’est surtout apporter une formation, appliquer des doctrines qui maintiennent la sûreté publique et qui ne viennent pas s’ajouter au désordre ou qui le provoquent », ajoute le parlementaire.

À lire aussi » Sainte-Soline : clash au Sénat entre le sénateur écologiste Thomas Dossus et Gérald Darmanin

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le