La FNSEA avance des pistes pour se mettre au vert
Entourée de 35 partenaires, la présidente du premier syndicat agricole français a présenté les grandes lignes de son contrat de solutions pour réduire la présence de pesticides dans les cultures, ce lundi au salon de l’agriculture. Une « trajectoire » qui se veut ambitieuse, sans pour autant embrasser l’objectif de sortie du glyphosate en trois ans, voulu par le président de la République.    

La FNSEA avance des pistes pour se mettre au vert

Entourée de 35 partenaires, la présidente du premier syndicat agricole français a présenté les grandes lignes de son contrat de solutions pour réduire la présence de pesticides dans les cultures, ce lundi au salon de l’agriculture. Une « trajectoire » qui se veut ambitieuse, sans pour autant embrasser l’objectif de sortie du glyphosate en trois ans, voulu par le président de la République.    
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Par Héléna Berkaoui / vidéo : Quentin Calmet

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La FNSEA a choisi les allées du salon international de l’agriculture pour présenter son contrat de solutions. Un pacte « gagnant-gagnant » censé conduire à la réduction de pesticides dans les cultures agricoles françaises. « Nous sommes conscients que la société attend, aujourd’hui, que nous puissions utiliser moins de chimie et avoir moins d’impact sur l’environnement et sur la santé des personnes », déclare la présidente du syndicat agricole, Christiane Lambert (voir la vidéo). Le « bio » n’est plus une lubie mais un enjeu de société à part entière comme en témoigne la place croissante que prend ce sujet dans les programmes des politiques.

« La solution sera dans nos champs, dans nos vergers, dans nos vignes »

« L’objectif est toujours des produits zéro défaut, bien sûr, mais nous avons besoin de protection pour nos cultures, notamment dans le contexte de changement climatique », prévient cependant Christiane Lambert qui affirme que l'objectif du « zéro pesticide » n’existe pas. « Les agriculteurs sont lassés d’être toujours critiqués et stigmatisés, pointés du doigt, ils veulent montrer qu’ils sont professionnels et que la solution sera dans nos champs, dans nos vergers, dans nos vignes », poursuit la présidente de la FNSEA qui plaide pour une réduction des pesticides progressive et non à marche forcée. « Tous (les agriculteurs) n’avanceront pas au même rythme en fonction bien sûr de leur réalité économique », avertit encore Christiane Lambert.  

Diminuer des pesticides de 25 % en 2020 et de 50 % en 2025

La FNSEA avance des pistes pour se mettre au vert
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La « trajectoire de solutions » présentée par le syndicat agricole affiche un objectif chiffré : diminuer l’utilisation de pesticides de 25 % en 2020 et de 50 % en 2025, conformément au plan Ecophyto II promu par le précédent gouvernement. La contractualisation des objectifs environnementaux pourrait apaiser les tensions qui traversent le monde agricole. Un monde qui a souvent fustigé « l’écologie punitive » portée par les précédents gouvernements.

Ce contrat devrait être paraphé par le gouvernement à la fin du mois de juin, « ce sera l’engagement qu’en termes de moyens mais aussi d’accompagnement, ils seront aux côtés des agriculteurs », affirme Christiane Lambert. « Ils ne peuvent pas seulement être donneurs d’ordres en disant "faites ceci, faites cela" et ne pas accompagner financièrement (…) le travail des agriculteurs », prévient-elle. À noter qu’Emmanuel Macron a annoncé un plan d’investissement de 5 milliards d’euros pour accompagner la modernisation des structures agricoles, lors de son discours aux jeunes agriculteurs jeudi dernier.

« Le sujet du glyphosate, c’est vraiment l’exemple à ne pas suivre »

« Le sujet du glyphosate, c’est vraiment l’exemple à ne pas suivre », avertit Christiane Lambert
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« Voilà un produit qui a été jeté en pâture, vilipendé au point d’exagérer certaines réalités des pratiques agricoles françaises », s’indigne Christiane Lambert à propos du glyphosate. Cette substance présente dans le désherbant commercialisé par Monsanto, le Roundup, a été autorisée pour encore cinq ans dans l’Union européenne. Un délai trop long aux yeux du président de la République qui a annoncé que la France mettrait fin à l’utilisation de ce désherbant au plus tard dans trois ans. En cause : la dangerosité d’un produit susceptible d’être cancérigène (lire notre article).

« Le sujet du glyphosate c’est vraiment l’exemple à ne pas suivre », peste, de son côté, Christiane Lambert qui ne s’imagine pas que la France puisse devancer les exigences de l’Union européenne sur la sortie du glyphosate. Pour autant, la position « pragmatique » adoptée par Emmanuel Macron semble porter ces fruits. « Il a dit lui-même qu’il y aurait des dérogations dans un certain nombre de situations où il n’y a pas de solutions » pour remplacer le Roundup, se rassure-t-elle.     

 

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