La France Insoumise conteste l’élection de Valls devant le Conseil constitutionnel
Battue d'un cheveu par Manuel Valls aux législatives, la candidate de la France insoumise Farida Amrani a déposé mercredi un...

La France Insoumise conteste l’élection de Valls devant le Conseil constitutionnel

Battue d'un cheveu par Manuel Valls aux législatives, la candidate de la France insoumise Farida Amrani a déposé mercredi un...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Battue d'un cheveu par Manuel Valls aux législatives, la candidate de la France insoumise Farida Amrani a déposé mercredi un recours devant le Conseil constitutionnel pour faire annuler l'élection, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'ancien Premier ministre avait annoncé sa victoire par 139 voix d'écart, un résultat immédiatement contesté par Mme Amrani le soir du second tour. Depuis, les soutiens de la candidate ont examiné les procès-verbaux et les cahiers d'émargement déposés en préfecture de l'Essonne.

Le dossier ainsi constitué compile "plusieurs irrégularités", qui ont "déjà motivé des annulations d'élections par le Conseil constitutionnel", ont annoncé à la presse la candidate et son suppléant, Ulysse Rabaté, au sortir de l'institution.

Leur avocat, Hervé Tourniquet, a évoqué des "constats préoccupants", notamment dans "quatre ou cinq bureaux de la commune d'Evry", ville dont M. Valls a été maire entre 2001 et 2012. Selon lui, "une centaine de signatures" sur les cahiers d'émargements "apparaissent très sensiblement différentes entre le premier et le second tour".

Les candidats et leur conseil ont également dénoncé, photos à l'appui, d'autres "signatures du second tour où il apparaît très clairement (...) une première signature au crayon noir (de bois), au décalque, recouvert d'une signature à l'encre".

"Ça ressemble à quelqu'un qui s'entraîne au crayon à papier pour imiter la signature d'un électeur absent et qui oublie de gommer", a expliqué à l'AFP un membre de leur entourage.

M. Tourniquet a aussi relevé "23 nouvelles inscriptions entre les deux tours dans un seul et unique bureau de vote" dans une commune de la circonscription qu'il n'a pas identifiée devant la presse.

L'avocat a refusé de donner d'autres exemples en évoquant le "secret professionnel" et le "respect de l'institution qui va juger ce dossier". Le recours contient "d'autres motifs d'irrégularités", ont toutefois assuré Mme Amrani et son suppléant.

L'avocat de Manuel Valls, Yves Claisse, a qualifié ce recours d'"acte médiatique" dont il n'a pour le moment "pas eu communication ni par le Conseil constitutionnel, ni par (son) confrère en charge des intérêts de Mme Amrani".

Il a indiqué à l'AFP "attendre désormais les pièces et les griefs" pour pouvoir "enfin s'expliquer et se défendre", assurant que jusqu'à présent, "dans tout ce qu'on a pu me montrer il n'y a pas le début du commencement d'une irrégularité".

"Nous sommes confiants, concentrés, nous allons enfin pouvoir apporter la contradiction au regard d'accusations qui ne devront plus être seulement formulées mais qui devront être prouvées", a ajouté Me Claisse.

Si le Conseil constitutionnel juge le recours recevable, son instruction pourrait durer plusieurs mois: il n'est tenu par aucun délai dans ce genre de recours.

La procédure, non suspensive, n'empêche pas M. Valls de siéger à l'Assemblée nationale, où il a entamé mardi son quatrième mandat de député.L

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le

La France Insoumise conteste l’élection de Valls devant le Conseil constitutionnel
3min

Politique

« Méthode détestable », « colère » : l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France tend les élus

Alors que le gouvernement a prévu de ponctionner 1,8 milliard d’euros du budget des départements dans le projet de loi de finances pour 2027, l’absence de Sébastien Lecornu aux Assises des départements de France a fortement déplu. Le Premier ministre a néanmoins invité les départements à le rencontrer le 16 novembre à Matignon, un report qui va « exacerber les tensions », a prévenu le président (centriste) des Départements de France, François Sauvadet. Une grande partie des élus ont quitté la salle quand la ministre des Collectivités s’est exprimée.

Le

La France Insoumise conteste l’élection de Valls devant le Conseil constitutionnel
2min

Politique

En réponse à l’absence de Lecornu, les présidents de départements boycottent le discours de Françoise Gatel

Le Premier ministre a annulé hier soir sa venue aux Assises des départements de France et a convié à Matignon le 16 novembre les présidents des exécutifs locaux pour tenter de répondre à leurs inquiétudes sur le budget. En guise de protestation, les présidents de départements ont quitté la salle au moment du discours de la ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, Françoise Gatel.

Le