La France insoumise joue l’ouverture pour être incontournable
Se revendiquant première force d'opposition à Emmanuel Macron, La France insoumise, réunie de jeudi à dimanche à Marseille pour...

La France insoumise joue l’ouverture pour être incontournable

Se revendiquant première force d'opposition à Emmanuel Macron, La France insoumise, réunie de jeudi à dimanche à Marseille pour...
Public Sénat

Par Baptiste BECQUART

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Se revendiquant première force d'opposition à Emmanuel Macron, La France insoumise, réunie de jeudi à dimanche à Marseille pour ses "Amfis" d'été, affiche son ouverture pour mieux prouver qu'elle est incontournable et, pourquoi pas, engranger des ralliements.

Les cadres de La France insoumise l'assurent en chœur : le mouvement a toujours été ouvert. Quel meilleur endroit pour le prouver, disent-ils, que les "Amfis", où près de 150 ateliers et conférences se succèdent avec une pluralité d'intervenants?

Mais cette année, ont été aussi invités des parlementaires d'autres partis, à gauche comme la députée européenne écologiste Karima Delli et le député socialiste Boris Vallaud, jusqu'à droite avec la venue des députés LR Alain Marleix et Marianne Dubois.

Ils participeront à des conférences-débats sur des sujets bien précis (Alstom, le service national...) Mais l'idée est bel et bien d'afficher la vocation de centralité de LFI, qui dans les sondages apparaît comme incarnant le mieux l'opposition à Emmanuel Macron: "Ça nous donne une responsabilité, celle de tendre la main et d'ouvrir les bras", souligne Manuel Bompard, directeur des campagnes de LFI et possible tête de liste pour les élections européennes, auprès de l'AFP.

LFI a désigné la plupart de ses candidats pour cette échéance, mais a laissé d'autres positions ouvertes pour les représentants de la société civile... et d'autres personnalités à gauche qui se rallieraient.

L'une des prises éventuelles serait symboliquement forte: des discussions ont lieu entre les Insoumis et Emmanuel Maurel, représentant de l'aile gauche du PS et membre de son bureau national.

Le député européen doit participer à une conférence samedi. Jean-Luc Mélenchon devrait se rendre en retour à une réunion que le premier co-organise avec une autre membre de l'aile gauche du PS, bien connue du leader insoumis: Marie-Noëlle Lienemann.

Ce type de ralliement, "on verrait ça d'un très bon œil, si cela se fait sur la base d'une clarification programmatique", confie Danielle Simonnet, conseillère municipale LFI à Paris et co-présidente du Parti de gauche.

Selon elle, tandis que "le pouvoir a fait la preuve de son sectarisme", "il est important qu'on montre qu'il y a du débat dans l'opposition".

Emmanuel Maurel, lui, admet: "On a plus d'accords que de désaccords, notamment pour contrecarrer les projets du gouvernement, sur les retraites, le gel des minima sociaux, les privatisations..."

Pour autant, il attend que la "clarification" au PS sur la nature du projet aux européennes ait lieu dans les prochaines semaines, après quoi il prendra une décision. "Je ne désespère pas de convaincre mes collègues", confie-t-il, notamment de ne pas confier la tête de liste à Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques.

- Retour de la "vieille politique"? -

Après avoir vilipendé le Parti socialiste durant la dernière décennie, Jean-Luc Mélenchon accueillerait certains de ses membres? "Pour nous les portes ont toujours été ouvertes, le mouvement est en perpétuelle construction", assure Danielle Simonnet.

Le NPA, dont la porte-parole participe à un atelier des "Amfis", ne se dit pas non plus fermé à une coalition: "On aimerait bien qu'il se passe quelque chose de ce côté-là. D'ailleurs, ça se discute", a déclaré son dirigeant Philippe Poutou vendredi sur LCI.

Le député de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel prévient cependant: "On n'est pas dans un bis repetita des accords d'appareil".

"Discuter à l'ancienne, nous ne voulons pas le refaire", abonde le député du Nord Adrien Quatennens. "La méthode LFI continue d'agréger. (...) Dès lors que des personnalités politiques tiennent compte des nouveaux rapports de force, on garde la porte ouverte".

C'est "le retour de la +vieille politique+", la "rhétorique de l'unité, dérivée de la stratégie d'union de la gauche, dont usait jadis François Mitterrand pour réduire l'influence du Parti communiste", a toutefois critiqué dans une tribune au Monde l'un des fondateurs de LFI, Liêm Hoang-Ngoc, qui a suspendu sa participation en juillet.

Il avait estimé que son mouvement était insuffisamment représenté dans la liste pour les Européennes, des accusations balayées par LFI.

Partager cet article

Dans la même thématique

Patrouille Police municipale a velo a Cannes
7min

Politique

Propos racistes à Carcassonne : quelles sont les obligations des policiers municipaux mis en cause ?

Le parquet a annoncé, mercredi, la suspension de quatre policiers municipaux de Carcassonne après la diffusion d'une vidéo les mettant en cause pour des propos racistes. L'un d'eux, membre du service d'ordre du RN, a été exclu du parti. Manquement à leur devoir de neutralité et aux conditions d'honorabilité attachées à leurs missions, infraction pénale… que risquent ces agents ?

Le

La France insoumise joue l’ouverture pour être incontournable
3min

Politique

Accès à l’Université : « La place du baccalauréat est une question qui doit être discutée », estime le ministre de l’Enseignement supérieur

Invité de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous », le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a estimé que la place du baccalauréat devait « être discutée au moment de la présidentielle ». Mardi, un rapport du Sénat a préconisé, entre autres, de supprimer le droit d'accès automatique aux études supérieures des bacheliers.

Le

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le