La France s’apprête à réveillonner sous haute surveillance
La France s'apprêtait lundi à fêter le passage à la nouvelle année sous haute surveillance de crainte de débordements provoqués...

La France s’apprête à réveillonner sous haute surveillance

La France s'apprêtait lundi à fêter le passage à la nouvelle année sous haute surveillance de crainte de débordements provoqués...
Public Sénat

Par Guillaume DECAMME

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La France s'apprêtait lundi à fêter le passage à la nouvelle année sous haute surveillance de crainte de débordements provoqués par des "gilets jaunes" dont la mobilisation a toutefois fortement décru ces derniers jours à Paris et en région.

Les autorités vont déployer 148.000 membres des forces de sécurité, dont 12.000 dans la capitale, théâtre de scènes de guérilla urbaine lors de manifestations de ce mouvement né le 17 novembre pour un changement de cap économique du président Emmanuel Macron.

"A quoi on peut s'attendre? Au désordre, parce que manifestement les +gilets jaunes+ organisent ou désorganisent aujourd'hui leur mobilisation pour mettre le désordre", a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner lors d'une visite dans une caserne de pompiers à Paris à la mi-journée.

"Ce que je note c'est la volonté de nuire des +gilets jaunes+ qui ne sont plus dans la manifestation", a-t-il asséné, concluant: "les inquiétudes sont partout en France".

Le ministre a aussi évoqué la menace terroriste dans un pays toujours sur le qui-vive depuis le début de la vague d'attentats jihadistes en 2015.

Selon M. Castaner, la force mobilisatrice des "gilets jaunes" s'est néanmoins essoufflée: ils étaient 32.000 dans toute la France samedi dernier, selon lui, contre 38.600 lors de leur "acte VI" le 22 décembre. Les violences et dégradations, ainsi que le nombre de blessés, ont aussi marqué le pas.

Samedi dernier, quelques heurts entre des protestataires et les forces de l'ordre ont cependant éclaté notamment à Marseille et Bordeaux. Dans le XVe arrondissement de Paris, plusieurs centaines de manifestants ont conspué les "journalistes collabos" à proximité des locaux de BFMTV et de France Télévisions.

Les "gilets jaunes", dont certains réclament la démission d'Emmanuel Macron, comptent bien se faire voir et entendre lundi soir. Certains membres de ce mouvement protéiforme ont appelé à battre le pavé sur les Champs-Elysées à partir de 20H00, au moment même où le président prononcera la traditionnelle allocution télévisée pour adresser ses voeux aux Français.

- "Festif et non-violent" -

Près de 9.000 personnes indiquaient lundi matin, sur le réseau social Facebook, qu'elles comptaient participer à un "acte VIII" qui se veut "festif et non-violent" et plus de 62.000 se disaient "intéressées". Par ailleurs, un groupe baptisé "gilets jaunes citoyens" indique avoir déclaré une manifestation au rond-point des Champs-Elysées lundi soir à 20H00.

Depuis un mois et demi, les "gilets jaunes" réclament une revalorisation de leur pouvoir d'achat et d'avoir davantage de poids dans les prises de décisions publiques. L'avenue des Champs-Elysées a chaque samedi servi d'épicentre de leurs revendications à Paris, tandis que les ronds-points étaient en région le coeur battant du mouvement.

Pour encadrer les protestataires, mais aussi les badauds et les touristes du monde entier qui comptent fêter 2019 dans l'agglomération parisienne, un "dispositif" de 12.000 policiers, gendarmes, pompiers et secouristes sera mis en place "pour la Saint-Sylvestre", a indiqué le préfet de police Michel Delpuech.

Dans la capitale, un périmètre de protection sera instauré dès 16H00 autour des Champs-Elysées et de la place de l'Etoile. Un spectacle son et lumière suivi d'un feu d'artifice débutera à partir de 23H sur la célèbre avenue.

A l'intérieur du périmètre, où sont strictement interdits alcools et engins pyrotechniques, pourront avoir lieu "des palpations de sécurité, des fouilles de bagages et de véhicules" selon la préfecture de police.

Les effectifs de sécurité et de secours seront également renforcés dans d'autres villes de France, notamment à Bordeaux et Nice où des "gilets jaunes" ont lancé des appels au rassemblement.

A Bordeaux, les "gilets jaunes" ont prévu de tirer un feu d'artifice à minuit depuis le pont d'Aquitaine, où ils veulent se retrouver dans la "bonne humeur".

La préfecture des Alpes-Maritimes a annoncé des "moyens en policiers et gendarmes très importants" pour la nuit du réveillon dans le département, où des "gilets jaunes" se sont donnés rendez-vous place Masséna à Nice mais aussi à leur "QG" de Saint-Isidore, un rond-point près de l'autoroute A8.

burs-gde/blb/mja

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le