La France veut un accord avec Washington sur la taxation du numérique d’ici fin août
Sous le feu des critiques de Donald Trump, qui a menacé la France de représailles douanières sur le vin, le gouvernement souhaite parvenir d'ici...

La France veut un accord avec Washington sur la taxation du numérique d’ici fin août

Sous le feu des critiques de Donald Trump, qui a menacé la France de représailles douanières sur le vin, le gouvernement souhaite parvenir d'ici...
Public Sénat

Par Juliette RABAT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Sous le feu des critiques de Donald Trump, qui a menacé la France de représailles douanières sur le vin, le gouvernement souhaite parvenir d'ici la fin août à un accord avec Washington sur la taxation des géants du numérique.

"Nous souhaitons travailler étroitement avec nos amis américains à une taxation universelle des activités digitales", a déclaré samedi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, ajoutant vouloir parvenir à un tel accord d'ici au G7 des chefs d'Etat à Biarritz fin août.

Il réagissait aux attaques de Donald Trump, qui avait dénoncé la veille la "stupidité" d'Emmanuel Macron à propos de cette taxe votée début juillet par le Parlement et menacé de rétorsions le vin français, qui jouit selon lui de conditions douanières plus favorables aux Etats-Unis que le vin américain en Europe.

"Nous ne pensons pas qu'il soit de bonne politique de mélanger ces deux sujets" qui "n'ont rien à voir", a rétorqué le ministre français de l'Economie, invitant à laisser "de côté la question des tarifs douaniers" qui est "totalement différente".

"Ce que je constate, c'est que ces tarifs douaniers n'ont pas empêché depuis vingt ans une très forte augmentation de la consommation de vin américain en Europe et en France puisque le volume a augmenté de plus de 30% au cours des dix dernières années", a rappelé M. Le Maire.

Dans la ligne de mire, les exportateurs français de vin et spiritueux (FEVS) ont espéré samedi que France et Etats-Unis trouveront un accord "pour éviter que ces menaces ne se matérialisent et viennent restreindre l'accès des vins français au marché américain".

Le ministre de l'Economie a par ailleurs insisté sur le fait que la taxe française sur les géants du numérique, souvent qualifiée de "taxe Gafa" (pour Google, Amazon, Facebook et Apple), qui sera mise en oeuvre dès cette année, ne concernait pas exclusivement les entreprises américaines.

"Il n'y a de notre part aucune volonté de cibler spécifiquement les entreprises américaines", a déclaré à plusieurs reprises Bruno Le Maire, assurant qu'il n'y avait "absolument aucune discrimination dans la taxe nationale française".

- "Long" entretien Macron-Trump -

Bruno Le Maire devait s'entretenir samedi à 17H00 avec son homologue américain, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, dans l'espoir d'avancer vers un accord au niveau du G7.

Emmanuel Macron a de son côté confirmé qu'il s'était entretenu "longuement" par téléphone vendredi avec Donald Trump. "Nous allons continuer à travailler ensemble en vue du G7. Nous parlerons des sujets de taxation internationale, des sujets de commerce et des sujets de sécurité collective", a déclaré samedi le chef de l'Etat, en marge d'une visite à Bormes-les-Mimosas.

Décidé à faire pression, Washington a lancé une enquête sur les effets de cette taxe décidée par la France dans l'attente d'un accord au niveau international. En fonction de ses conclusions, il pourrait y avoir des représailles.

Le ministre de l'Economie et des Finances français Bruno Le Maire, le 27 juillet 2019 à Paris
Le ministre de l'Economie et des Finances français Bruno Le Maire, le 27 juillet 2019 à Paris
AFP

"Des multinationales américaines, européennes ou chinoises ont une activité digitale, parfois sans présence physique dans un territoire, et ne paient que peu ou pas d'impôts", a rappelé le ministre français de l'Economie.

"Cette situation n'est pas acceptable et c'est notre intérêt collectif de parvenir à une juste taxation des activités digitales dans le monde", a-t-il souligné.

Si un accord est trouvé au G7 des chefs d'Etat fin août, après le consensus déjà obtenu au G7 Finances de Chantilly mi-juillet, l'objectif est d'aboutir à un accord global, à l'échelle de l'OCDE cette fois, d'ici la fin 2020.

"Depuis 24 mois, il y a des pas de géant qui ont été faits, maintenant il reste de tous derniers pas, c'est le plus difficile, celui d'un accord des sept chefs d'Etat au G7 de Biarritz", a dit M. Le Maire.

"Si nous sommes capables de franchir ce dernier pas (...), nous aurons ouvert la voie à un accord au niveau de l'OCDE et à une décision pour la fin de l'année 2020", selon lui. La France mettra alors fin à sa taxe.

La taxe dite Gafa crée une imposition des grandes entreprises du secteur non pas sur le bénéfice, souvent consolidé dans des pays à très faible fiscalité comme l'Irlande, mais à hauteur de 3% du chiffre d'affaires réalisé en France, notamment sur la publicité ciblée en ligne, la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plateformes.

Partager cet article

Dans la même thématique

La France veut un accord avec Washington sur la taxation du numérique d’ici fin août
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

6min

Politique

Municipales 2026 : les prisons privées du vote par correspondance

Conformément à la loi promulguée en juillet 2025, les détenus ne pourront plus voter par correspondance aux scrutins locaux, dans le souci d’éviter toute distorsion électorale. Au mois de mars, les municipales seront les premières élections concernées par ce changement.

Le

image prétexte écran ordinateur
5min

Politique

 « Où va ma France ? » : Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat, juge l’initiative « totalement scandaleuse et illégale ».

La députée écologiste Sabrina Sebaihi a dénoncé, lundi 5 janvier sur le réseau social X, le site « Où va ma France ? », qu’elle accuse de constituer un « fichage dangereux ». La plateforme cartographiant mosquées, quartiers dits « sensibles » et hébergements pour migrants, fait désormais l’objet de plusieurs saisines judiciaires.

Le

Le Senat, Paris.
5min

Politique

Fin de vie : « Un référendum sur le texte inopérant du Sénat, n’aurait pas de sens », considère Olivier Falorni

Cette semaine, la commission des affaires sociales du Sénat a restreint la portée de la proposition de loi établissant « un droit à l’aide à mourir », le remplaçant par une « assistance médicale à mourir ». L’auteur de la proposition de loi, le député Olivier Falorni, juge la version du Sénat « inopérante » et espère « un dernier mot » de l’Assemblée avant l’été. Le chef de l’Etat a rappelé qu’il était prêt à aller au référendum si la navette parlementaire était interrompue.

Le