La gauche doit-elle se renier pour gouverner ?
Unie dans la diversité : c’est ainsi que, dans son histoire, la gauche parvint au pouvoir. Mais comment forger l’unité ? Et la gauche peut-elle ensuite gouverner sans compromis ? Les invités de Jérôme Chapuis, pour Un Monde en Docs, interrogent la gauche à l’épreuve du pouvoir.

La gauche doit-elle se renier pour gouverner ?

Unie dans la diversité : c’est ainsi que, dans son histoire, la gauche parvint au pouvoir. Mais comment forger l’unité ? Et la gauche peut-elle ensuite gouverner sans compromis ? Les invités de Jérôme Chapuis, pour Un Monde en Docs, interrogent la gauche à l’épreuve du pouvoir.
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Par Hugo Ruaud

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Inévitablement, pour pouvoir espérer une victoire à l’élection présidentielle, la gauche a besoin de s’unir. « Depuis le départ la gauche est diverse, j’aurais tendance à dire qu’elle est plus diverse que jamais. Evidemment qu’elle doit se rassembler. » explique Roger Martelli, codirecteur de la revue Regards, « mais il ne suffit pas d’être rassemblé, il faut être utile. Or la gauche, historiquement, a été dynamique quand elle a été utile aux catégories populaires, et pour cela il faut être capable de représenter ces catégories, de porter une espérance sociale, et de donner du sens à l’opposition de la droite et de la gauche ».

« Quand est-ce que le compromis devient compromission ? »

Pour l’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti, la question est aussi : « A qui s’adresse la gauche ? Quels sont les gens qu’on veut défendre ? » Elle considère que « la gauche a une responsabilité, une mission historique : défendre les plus démunis. Donc on doit s’adresser en priorité à ces gens-là ». La gauche a perdu en concédant trop au libéralisme : « Quand est-ce que le compromis devient compromission ? » interroge-t-elle. Lorsqu’en 2012, le gouvernement de François Hollande, tout récemment élu sur un programme de gauche, a accepté la fermeture des Hauts fourneaux de Florange, ce fut « un moment de rupture » selon elle.

La gauche, initiatrice de réformes sociales

Mais pour Laurent Joffrin, il ne faut pas renier ce qui a été fait ces dernières années, ni se montrer utopiste : « Les réformistes doivent toujours s’excuser d’avoir gouverné. […] Mais qui a accru le droit des travailleurs ? Qui a réduit le temps de travail ? Qui a fait la couverture maladie universelle, le tiers payant ? » Tous ces acquis viennent en effet de la gauche dites « réformiste ». Les Français seraient-ils donc ingrats, trop exigeants, voire utopistes ? En tout cas, c’est en se montrant crédible et réaliste que la gauche devra s’unir, selon l’ancien directeur de Libération.

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