La gauche doit-elle se renier pour gouverner ?
Unie dans la diversité : c’est ainsi que, dans son histoire, la gauche parvint au pouvoir. Mais comment forger l’unité ? Et la gauche peut-elle ensuite gouverner sans compromis ? Les invités de Jérôme Chapuis, pour Un Monde en Docs, interrogent la gauche à l’épreuve du pouvoir.

La gauche doit-elle se renier pour gouverner ?

Unie dans la diversité : c’est ainsi que, dans son histoire, la gauche parvint au pouvoir. Mais comment forger l’unité ? Et la gauche peut-elle ensuite gouverner sans compromis ? Les invités de Jérôme Chapuis, pour Un Monde en Docs, interrogent la gauche à l’épreuve du pouvoir.
Public Sénat

Par Hugo Ruaud

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Inévitablement, pour pouvoir espérer une victoire à l’élection présidentielle, la gauche a besoin de s’unir. « Depuis le départ la gauche est diverse, j’aurais tendance à dire qu’elle est plus diverse que jamais. Evidemment qu’elle doit se rassembler. » explique Roger Martelli, codirecteur de la revue Regards, « mais il ne suffit pas d’être rassemblé, il faut être utile. Or la gauche, historiquement, a été dynamique quand elle a été utile aux catégories populaires, et pour cela il faut être capable de représenter ces catégories, de porter une espérance sociale, et de donner du sens à l’opposition de la droite et de la gauche ».

« Quand est-ce que le compromis devient compromission ? »

Pour l’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti, la question est aussi : « A qui s’adresse la gauche ? Quels sont les gens qu’on veut défendre ? » Elle considère que « la gauche a une responsabilité, une mission historique : défendre les plus démunis. Donc on doit s’adresser en priorité à ces gens-là ». La gauche a perdu en concédant trop au libéralisme : « Quand est-ce que le compromis devient compromission ? » interroge-t-elle. Lorsqu’en 2012, le gouvernement de François Hollande, tout récemment élu sur un programme de gauche, a accepté la fermeture des Hauts fourneaux de Florange, ce fut « un moment de rupture » selon elle.

La gauche, initiatrice de réformes sociales

Mais pour Laurent Joffrin, il ne faut pas renier ce qui a été fait ces dernières années, ni se montrer utopiste : « Les réformistes doivent toujours s’excuser d’avoir gouverné. […] Mais qui a accru le droit des travailleurs ? Qui a réduit le temps de travail ? Qui a fait la couverture maladie universelle, le tiers payant ? » Tous ces acquis viennent en effet de la gauche dites « réformiste ». Les Français seraient-ils donc ingrats, trop exigeants, voire utopistes ? En tout cas, c’est en se montrant crédible et réaliste que la gauche devra s’unir, selon l’ancien directeur de Libération.

Retrouvez le débat d'Un monde en docs en replay sur notre site.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: The senate vote on an amendment of a government plan to enshrine the « freedom » to have an abortion in the French Constitution
10min

Politique

« Ce n’est pas non plus le Soviet suprême ! » : au groupe PS du Sénat, la présidence de Patrick Kanner suscite convoitises et crispations

Les sénateurs du groupe PS du Sénat ont modifié leur règlement intérieur. Patrick Kanner, à la tête du groupe, était menacé en cas d’adoption du principe de non-cumul dans le temps, proposition finalement rejetée. Mais l’ancien ministre, qui pourra se représenter en octobre prochain, après les sénatoriales, se retrouve contesté en interne.

Le

La gauche doit-elle se renier pour gouverner ?
3min

Politique

Cyberattaques : Roland Lescure annonce la feuille de route du gouvernement pour « protéger les données de l’État »

Le ministre de l’économie et des finances Roland Lescure a annoncé ce mercredi 8 avril que le Premier ministre allait détailler dès demain la feuille de route du gouvernement pour lutter contre le vol des données de l’État. Fermeture des sites obsolètes, authentification à double facteur… le ministre a déjà dessiné quelques pistes à l’occasion des questions d’actualité au gouvernement du Sénat.

Le

La gauche doit-elle se renier pour gouverner ?
3min

Politique

« C’était très maladroit de ma part » : Laurent Nuñez revient sur ses déclarations polémiques à propos de l’islam et du port du voile chez les mineures

Le ministre de l’Intérieur, accusé d’avoir voulu faire la promotion de l’islam après une prise de parole à la Mosquée de Paris, a reconnu avoir eu une formulation inappropriée. Interpellé au Sénat ce mercredi, Laurent Nuñez assure tenir « un discours de fermeté » à l’égard de l’entrisme religieux.

Le