La gauche du PS aborde le congrès du parti en ordre dispersé

La gauche du PS aborde le congrès du parti en ordre dispersé

Affaiblie par le départ ou l'effacement de ses principaux chefs de file, la gauche du PS aborde l'élection du premier secrétaire en ordre...
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Par Stéphanie LEROUGE

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Affaiblie par le départ ou l'effacement de ses principaux chefs de file, la gauche du PS aborde l'élection du premier secrétaire en ordre dispersé, laissant planer le doute sur les chances de son représentant Emmanuel Maurel de se qualifier au second tour du vote, fin mars.

Lors du congrès de Poitiers, en juin 2015, la motion "A gauche pour gagner" (motion B) conduite par le frondeur Christian Paul avait réuni 20.245 voix et 28,5% des suffrages. Avec les aubrystes et la motion de Karine Berger, la gauche du PS pesait alors environ 50% du parti, selon l'ex-député de la Nièvre.

Aujourd'hui, ses principaux chefs de file ont déserté: Benoît Hamon est parti pour fonder Générations, Arnaud Montebourg s'est lancé dans l'apiculture et la production d'amandes et Christian Paul a créé le think-tank "Monde commun", convaincu que "le PS ne sera plus le vaisseau amiral de la gauche".

Beaucoup de hamonistes ont suivi l'ancien candidat à la présidentielle. "A Paris, ils sont tous partis, dans le sillage de Guillaume Balas, de Pascal Cherki... Générations recrute beaucoup dans les métropoles", constate un proche d'Emmanuel Maurel.

Orphelines, les troupes de l'ex-motion B se partagent entre trois candidats: l'eurodéputé Emmanuel Maurel, premier signataire de la motion "Maintenant la gauche" lors du congrès de Toulouse, le député du Val-de-Marne Luc Carvounas, qui s'est rapproché de Benoît Hamon pendant la présidentielle, mais aussi le président du groupe PS à l'Assemblée, Olivier Faure.

Ancien lieutenant de Manuel Valls, Luc Carvounas a reçu le soutien d'une bonne partie des hamonistes, dont Régis Juanico. "Luc incarne la possibilité de dépasser, d'élargir ce que nous avons toujours représenté, l'aile gauche du PS. Il a une capacité à donner un coup de pied dans la fourmilière plus importante que d'autres candidats. Il faut un électrochoc", plaide le député de la Loire.

- Pas de consigne de Montebourg et Hamon -

Des explications qui ne convainquent guère dans l'entourage d'Emmanuel Maurel. "Les hamonistes n'ont absolument pas intérêt à ce que la gauche du PS fasse un score. Ca voudrait dire que sa stratégie n'était pas la bonne (...) Ils ont théorisé le fait de planter" M. Maurel.

Benoit Hamon en décembre 2017
Benoit Hamon en décembre 2017
AFP/Archives

"Les hamonistes soutiennent Carvounas pour affaiblir Maurel pour renforcer Hamon (...) Ils vont voter pour Luc et après ils s'en iront", renchérit une sénatrice issue de la majorité.

Interrogé, l'entourage de M. Hamon balaye l'argument. "Vous croyez que Maurel, ça lui fait de l'ombre ?". Officiellement, M. Hamon n'a pas de candidat dans cette élection: "Personne ne parle en mon nom", affirme l'ancien député des Yvelines. Certains proches, comme Gwenegan Bui, se sont d'ailleurs engagés auprès d'Olivier Faure, d'autres, comme Mehdi Ouraoui, auprès de M. Maurel.

Pas de consigne non plus de la part d'Arnaud Montebourg, arrivé troisième de la primaire du PS début 2017. Ainsi, son ancien directeur de campagne François Kalfon soutient-il Carvounas, tandis que l'ancien député Laurent Baumel est engagé auprès de Maurel et le sénateur Jérôme Durain auprès de Faure.

Dans ce contexte, difficile d'établir un pronostic pour le second tour du scrutin. "C'est un congrès où il y a des strauss-kahniens qui défendent Maurel et des ex-aubrystes forcenés qui sont chez Le Foll !", constate un ancien député.

Si Olivier Faure, qui rassemble largement, apparaît comme le favori, le jeu semble très ouvert entre Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel pour la qualification au second tour.

L'ancien ministre de l'Agriculture "aura un socle important de militants légitimistes qui pensent qu'il faut une grande gueule", assure un candidat. Selon un proche de M. Maurel, ce dernier se voit autour de 25-30%, mais craint que les voix grappillées par Luc Carvounas l'empêchent d'accéder au second tour.

Aux yeux de beaucoup, la candidature du député du Val-de-Marne est celle qui a "le moins d'assise". "Ca ne prend pas sur le terrain. L'aile gauche n'aime pas les néo-convertis, l'aile droite dit qu'il a trahi", assène le chef de file d'une importante fédération.

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