« La gégène dans les gènes »: Le Pen perd son procès contre Bruno Le Roux
Le cofondateur du Front national Jean-Marie Le Pen a perdu jeudi le procès pour injure intenté au socialiste Bruno Le Roux, qui...

« La gégène dans les gènes »: Le Pen perd son procès contre Bruno Le Roux

Le cofondateur du Front national Jean-Marie Le Pen a perdu jeudi le procès pour injure intenté au socialiste Bruno Le Roux, qui...
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Le cofondateur du Front national Jean-Marie Le Pen a perdu jeudi le procès pour injure intenté au socialiste Bruno Le Roux, qui avait affirmé que "la gégène (la torture, ndlr), c'est dans les gènes des Le Pen".

Le 10 décembre 2014, après des propos de la présidente du Front national Marine Le Pen semblant légitimer la torture dans certains cas, Bruno Le Roux, alors chef de file des députés socialistes, avait estimé devant la presse qu'"elle a réagi avec ce qu'elle est. La gégène, c'est dans les gènes des Le Pen. Pour elle, c'est normal, très normal".

Jean-Marie Le Pen, alors président d'honneur du parti d'extrême droite, avait poursuivi pour Bruno Le Roux pour injure publique.

Des articles de presse versés aux débats par la défense de Bruno Le Roux "démontrent que ces propos s'inscrivent dans le cadre d'une série de déclarations anciennes faites par Jean-Marie Le Pen sur la légitimation du recours à la torture pendant la guerre d'Algérie, bien qu'il ait toujours nié y avoir recouru lui-même", note le tribunal correctionnel de Paris dans sa décision, consultée par l'AFP.

Les propos de M. Le Roux, qui s'inscrivent "dans le cadre d'une polémique ancienne que Jean-Marie Le Pen a lui-même alimentée à de multiples reprises", "ne sont ni outrageants ni méprisants à son endroit mais constituent un simple commentaire sur les idées politiques qu'il défend et que sa fille, Marine Le Pen, est susceptible de défendre, partageant, pour Bruno Le Roux, des traits de caractères commun avec son père", estiment les magistrats.

Il s'agit selon les juges d'une "appréhension subjective et métaphorique", la "gégène" - argot militaire désignant "un générateur électrique portatif qui fut utilisé comme instrument de torture au moyen de l'électricité" - étant pour Bruno Le Roux "l'allégorie de la torture, du courant idéologique dans lequel est supposée s'inscrire Marine Le Pen".

Le tribunal a ainsi relaxé Bruno Le Roux, qui fut éphémère ministre de l'Intérieur de décembre 2016 à mars 2017, et débouté Jean-Marie Le Pen de sa demande de 50.000 euros de dommages et intérêts.

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