« La guerre des images fait partie du conflit israélo-palestinien, c’est omniprésent », affirme Charles Enderlin
Après plus d’un mois d'affrontements à Jérusalem, de roquettes tirées par le Hamas et bombardement par l’Etat Israélien de la bande de Gaza, le calme semble revenu. A l’origine de ce nouvel embrasement, le changement par les Israéliens, des normes de sécurité à la porte de Damas, un quartier de Jérusalem déjà sous tension… et une vidéo mise en ligne sur TikTok, d’un jeune palestinien giflant deux juifs orthodoxes dans un tramway. Cette semaine dans Hashtag, Hélène Risser et ses invités analysent l’importance de ces images issues des réseaux sociaux dans le conflit israélo-palestinien. 

« La guerre des images fait partie du conflit israélo-palestinien, c’est omniprésent », affirme Charles Enderlin

Après plus d’un mois d'affrontements à Jérusalem, de roquettes tirées par le Hamas et bombardement par l’Etat Israélien de la bande de Gaza, le calme semble revenu. A l’origine de ce nouvel embrasement, le changement par les Israéliens, des normes de sécurité à la porte de Damas, un quartier de Jérusalem déjà sous tension… et une vidéo mise en ligne sur TikTok, d’un jeune palestinien giflant deux juifs orthodoxes dans un tramway. Cette semaine dans Hashtag, Hélène Risser et ses invités analysent l’importance de ces images issues des réseaux sociaux dans le conflit israélo-palestinien. 
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Par Nils Buchsbaum

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4 min

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TikTok, le nouveau réseau social prisé des adolescents qui compte près d’1 milliard d’utilisateurs à travers le monde n’est pas seulement le lieu de vidéos divertissantes. Fin avril, une courte vidéo devient virale, elle montre un jeune palestinien en train de gifler un juif ultraorthodoxe dans un tramway de Jérusalem. Charles Enderlin correspondant pour France 2 sur place pendant des années témoigne de l’impact que cette vidéo a eu à Jérusalem : « Elle a été très relayée du côté d’organisations d’extrême droite et il y a eu des réactions assez violentes contre des Palestiniens. Cela a donc contribué à faire monter la tension ».

Ces images sont en effet apparues dans une séquence tendue ; luttes contre des expulsions dans le quartier de Sheikh Jarrah et affrontements sur l’esplanade des mosquées et à la porte de Damas. Et Charles Enderlin d'ajouter, « cela a contribué à faire monter la tension mais les auteurs de la fameuse gifle ont été arrêtés assez vite par les services de police israéliens ».

Car dans cette région, il suffit souvent d’une étincelle pour rallumer le conflit israélo-palestinien et la situation a rapidement empiré vers un affrontement militaire, le Hamas tirant des roquettes vers Israël tandis que l’armée israélienne bombardait la bande de Gaza. Ensuite, « on est passé très vite à autre chose, affirme Charles Enderlin. C’est le jeu des réseaux sociaux, ces images arrivent, embrasent puis sont remplacées par d’autres évènements ».

La diffusion d’images, une arme du conflit israélo-palestinien

La diffusion d’images sur les réseaux sociaux est un espace supplémentaire sur lequel se déporte le conflit qui se déroule sur le terrain réel. Depuis déjà une dizaine d’années des organisations se battant pour les Droits de l’Homme dans les territoires palestiniens donnent de petites caméras et des smartphones aux populations civiles, nous apprend Charles Enderlin qui ajoute : « Dès qu’il y a un incident, vous avez toujours quelqu’un qui arrive à filmer l’évènement, puis à l’envoyer à des associations ou des médias. Cela fait partie du conflit israélo-palestinien, c’est omniprésent ».

Pour l'ancien correspondant, si la majorité des personnes et des médias s’intéressent et s’émeuvent par intermittence de la situation en Israël et en Palestine, le conflit dure depuis plus de 70 ans. « Il y a toujours des caméras, des associations, la police, des ONG, cela revient en ce moment dans les grands médias, mais par exemple il y avait eu déjà des expulsions dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem en 2001 ».

Toute l’année il est possible de retrouver des vidéos, des images ou des témoignages diffusés sur Twitter et sur Facebook. Pour le journaliste vivant à Jérusalem : « Si vous voulez être informés en dehors de ce qui est diffusé sur les grandes chaînes de télévision, vous allez sur les réseaux sociaux et vous avez une histoire tout à fait différente ».

Les réseaux sociaux, un amplificateur du combat politique

« L’importance des réseaux sociaux et des images dans les conflits n’a rien de nouveau », rappelle Isabelle Lasserre, rédactrice-en-cheffe adjointe au Figaro, au début des Printemps Arabes en 2011. A l'époque « c'est Twitter qui avait été utilisé par les révolutionnaires et qui avait accompagné les rebellions dans les pays arabes. Les réseaux sociaux sont un amplificateur du combat politique »

En Palestine comme ailleurs, il semble y avoir une désaffection des jeunes vis-à-vis des médias traditionnels qui sont considérés comme surannés ou n’étant pas fiables. Mais la journaliste tient quand même à défendre le rôle des médias traditionnels : « Le problème des images diffusées sur les réseaux sociaux c’est qu’elles sont parfois vraies et percutantes mais parfois retirées de leur contexte et commentées de manière mensongère » par un camps contre l'autre.

Retrouvez l’intégralité de cette émission en replay ici.

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