La jeune garde LR pousse ses pions dans un parti en crise profonde
Ils sont loin d'être tous sur la même ligne, mais la nouvelle génération des députés LR a en commun de vouloir peser dans la reconstruction du...

La jeune garde LR pousse ses pions dans un parti en crise profonde

Ils sont loin d'être tous sur la même ligne, mais la nouvelle génération des députés LR a en commun de vouloir peser dans la reconstruction du...
Public Sénat

Par Charlotte HILL

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Ils sont loin d'être tous sur la même ligne, mais la nouvelle génération des députés LR a en commun de vouloir peser dans la reconstruction du parti, dont la crise s'amplifie avec le départ de Valérie Pécresse.

"Il n'est pas besoin chez nous de surjouer des différences artificielles pour exister", a dit dans l'hémicycle mercredi soir l'un des ces jeunes LR, Fabien di Filippo, au sujet de la présidente de la région Ile-de-France qui venait d'opter pour une refondation "à l'extérieur du parti".

Malgré ce départ fracassant, qui suit celui de Laurent Wauquiez après la déroute des européennes, la jeune garde tient ferme "sur la même ligne : rester dans le mouvement" a affirmé l'un d'eux à l'AFP.

Mardi, cette dizaine d'élus déjà roués - même si la plupart sont entrés pour la première fois au Palais Bourbon en 2017 - avaient affiché leur détermination, en présentant groupés leur projet de "Comité du renouvellement" au sein du parti.

Ils venaient d'être adoubés par le patron des députés LR Christian Jacob qui avait salué leur "bonne initiative", insistant aussi sur la "volonté d'unité" du groupe. Une démarche également jugée "intelligente" jeudi dans le Parisien par le président par intérim des Républicains Jean Leonetti, qui entend faire une place à certains dans les instances LR.

Marine Brénier à l'Assemblée nationale, le 10 janvier 2017 à Paris
Marine Brénier à l'Assemblée nationale, le 10 janvier 2017 à Paris
AFP

Il faut permettre à "une nouvelle génération de faire respirer les idées" de la droite, affirme le collectif.

Pour Thibault Bazin, la jeune garde est "convaincue qu'il faut revenir à un état d'esprit d'équipe" alors que "la logique des primaires a encouragé des stratégies de différenciation pour exister médiatiquement".

"Nous mettons de côté nos différences pour reconstruire la droite de demain", affirme Marine Brenier, proche de Christian Estrosi, alors que ces députés sont issus de chapelles couvrant largement le spectre de LR.

Parmi eux figurent Aurélien Pradié, Pierre-Henri Dumont ou encore Virginie Duby-Muller.

Le jeune élu de l'Essonne Robin Reda, 28 ans, qui a quitté LR dans le sillage de Valérie Pécresse, n'était pas parmi les onze ayant lancé la démarche. Il n'a pas prévu de quitter le groupe à l'Assemblée "pour le moment", car, a-t-il dit à l'AFP, "c'est le seul de droite dans l'opposition".

- "Ils ont du jus" -

Quid de l'avenir de la démarche ? Elle "a le mérite d'exister" mais on ne peut les classer "nulle part", observe un responsable LR, selon qui ils n'ont "pas de poids ni d'accord entre eux". Christian Jacob juge "plutôt sain" cette diversité, à l'image du parti.

D'après un collègue à peine plus âgé, ils "se sont fait tacler" par leurs pairs en début de semaine. Un autre affirme que leur initiative a été "très très mal perçue par les 90 autres députés" du groupe. C'était "plutôt amical et paternaliste", tempère M. Jacob.

Il reconnaît que le parti a une "difficulté à parler aux jeunes", alors que selon plusieurs enquêtes, le score de LR chez les moins de 35 ans était encore inférieur au résultat global historiquement bas aux européennes (8,48%).

Le nouveau collectif veut justement "parler aux jeunes Français qui ne regardent plus" leur formation et s'atteler aux sujets "abandonnés" par la droite comme le handicap ou l'environnement, selon Aurélien Pradié.

Ces élus occupent déjà largement le terrain parlementaire depuis le début de la législature: ils sont les trublions des questions au gouvernement et portent souvent la parole de leur groupe sur les textes.

Ils sont "solides sur le fond, et sur la forme ils ont du jus", selon M. Jacob. Et ils parviennent à "terroriser les députés de la majorité", d'après Marc Le Fur (LR).

Mais un ténor déplore qu'ils n'aient pas apporté "tant que ça d'idées nouvelles". "Ils se voyaient tous shadow-ministres", dans le contre-gouvernement LR présenté en novembre, selon cet élu. "C'est juste une petite poussée de boutons parce qu'ils se sont sentis pas suffisamment pris en compte".

Partager cet article

Dans la même thématique

French Prime Minister Sébastien Lecornu Chairs Crisis Cell in Marseille Over Heatwave
6min

Politique

« La chaleur monte encore d’un cran » : la canicule inquiète l’exécutif, entre feux de forêt record et passages aux urgences en hausse

Pour la première fois, le gouvernement a déployé ce vendredi le plan Orsec de lutte contre les catastrophes et accidents pour faire face aux chaleurs extrêmes dans les départements en vigilance rouge canicule. Les températures vont encore grimper ce week-end, renforçant les inquiétudes sur les fronts de l’hôpital et des feux de forêt.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUESTIONS AU GOUVERNEMENT
9min

Politique

Présidentielle 2027 : le PS enterre la primaire ouverte et fragilise Olivier Faure

Après avoir été mis en minorité par les députés socialistes sur la stratégie à adopter lors de la motion de censure déposée par les Écologistes en pleine canicule, Olivier Faure a essuyé un deuxième revers, cette fois devant les militants de son propre parti. En rejetant sa proposition de primaire ouverte, le PS fragilise son premier secrétaire et ouvre une nouvelle phase de la course à la présidentielle. Au centre de toutes les interrogations désormais, la place que choisira d’occuper Raphaël Glucksmann.

Le

Paris: Debat reforme des retraites au Senat
5min

Politique

Sénatoriales : Guillaume Gontard va quitter la présidence du groupe écologiste, après six années passées à sa tête

Après le prochain renouvellement sénatorial du 27 septembre prochain, Guillaume Gontard quittera la présidence du groupe écologiste qu'il occupe depuis 6 ans. L'élu de l'Isère n'est pas renouvelable, mais a décidé de passer la main à la rentrée prochaine. Il se dit fier du travail accompli et « d'avoir pu instaurer une parole écologiste qui compte » au sein de la Haute Assemblée.

Le