La loi Elan  « est dangereuse » pour l’architecte Christian de Portzamparc
Invité de l’émission « On va plus loin », l’architecte et urbaniste, Christian de Portzamparc, alerte sur les dangers de la loi Elan, actuellement en discussion au Sénat.

La loi Elan « est dangereuse » pour l’architecte Christian de Portzamparc

Invité de l’émission « On va plus loin », l’architecte et urbaniste, Christian de Portzamparc, alerte sur les dangers de la loi Elan, actuellement en discussion au Sénat.
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Alors que la loi Elan est toujours en discussion au Sénat, de nombreuses associations et organisations professionnelles se mobilisent contre le texte. C’est le cas des architectes. Ces derniers estiment que cette loi viendrait affaiblir leur travail et leur liberté.

Parmi eux, l’architecte et urbaniste, Christian de Portzamparc, très investi. Celui qui vient de recevoir le preamium Imperiale 2018, le « Nobel » des arts, explique : « L’architecture est un art public. On a une loi qui a été faite en 77 qui disait en son titre : « l’architecture est d’intérêt public ». Pour cela, il faut que tous les bâtiments publics soient soumis à des concours (…) Sans cette loi-là, je ne serais pas là à vous parler (…) On a tous commencer plus ou moins par des concours de logements sociaux. »

 Il poursuit : «  Je suis impressionné et heureux des réformes que fait le gouvernement. [Mais] je dis que cette loi, qui veut changer les choses est dangereuse. Elle a un slogan qui dit : « Il faut qu’on construise plus vite, moins cher et mieux ». Je trouve que c’est un peu fou et dangereux. Qu’on fasse plus vite et qu’on fasse moins cher, nous essayons toujours. Prétendre qu’on va être mieux parce que c’est moins cher, c’est déjà un peu dangereux. Tout n’est pas mauvais dans cette loi (…) Mais il y a ce danger que soulignent en ce moment les architectes, c’est qu’on enlève les concours pour le logement social (…) je suis pour des concours nouveaux, rapides, avec oral, qui fassent toujours venir deux débutants. Et je suis sûr qu’(avec) ces oraux, les promoteurs comprendront qui ils ont en face d’eux.  Je suis d’accord avec eux, qu’il faut qu’ils choisissent leur architecte. Il ne faut pas leur imposer avec un concours quelqu’un qu’ils ne comprennent pas, avec qui ils vont se disputer pendant 5 ans. »

 

Pour Christian de Portzamparc, cette loi Elan risque de marquer un retour en arrière, d’avant la loi de 1977 : « Ne revenons pas dans un bâclé trop vite pour les logements sociaux, qui vont faire les logements problématiques de demain. Ne recommençons pas ça. »

Et d’ajouter, toujours à propos de la loi Elan : « Il y a des choses vraiment très fausses (…) Il y a des phrases qui disent « les concours, il faut les supprimer parce que ça ne juge que des aspects esthétiques » (…) c’est (…) faux. Les architectes que nous sommes, quand on fait un concours, on se préoccupe du prix (…) Il faut préserver absolument dans ce cadre nouveau l’intérêt public. C'est-à-dire que l’architecte doit être indépendant. Il ne faut pas que je devienne une sorte de salarié d’Eiffage, parce que je ne serais plus, pour le coup, libre. »

 Autre conséquence possible de cette loi Elan pour l’architecte, si les concours sont retirés  dans le public, peu à peu le privé fera de même et il y a un risque alors que «le fils, le neveu de quelqu’un (…) soit choisi » et non plus un architecte reconnu pour son travail.

 

Vous pouvez voir et revoir cet entretien, en intégralité :

Interview de l'architecte Christian de Portzamparc (en intégralité)
09:29

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