La lutte contre les inégalités au coeur de la présidence française du G7
La lutte contre les inégalités et une coordination plus étroite avec les "puissances de bonne volonté" non membres du G7 seront...

La lutte contre les inégalités au coeur de la présidence française du G7

La lutte contre les inégalités et une coordination plus étroite avec les "puissances de bonne volonté" non membres du G7 seront...
Public Sénat

Par Valérie LEROUX

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La lutte contre les inégalités et une coordination plus étroite avec les "puissances de bonne volonté" non membres du G7 seront au cœur de la présidence française en 2019 de ce "club des Sept", a expliqué mardi le chef de la diplomatie française.

"La présidence française du G7 doit servir à élaborer un nouveau cadre d'actions internationales contre les inégalités", a-t-il martelé en présentant à Biarritz (sud-ouest) - où se tiendra le prochain sommet du G7 en août 2019 - les grandes lignes de la présidence française à compter du 1er janvier devant les ambassadeurs étrangers en France.

Le ministre remplaçait au pied levé le président Emmanuel Macron, resté à Paris pour mettre sur les rails le "grand débat national" censé apaiser les "gilets jaunes".

Quelque 200 d'entre eux ont d'ailleurs tenté d'approcher le Centre des congrès où se trouvait le ministre, beaucoup refusant de croire que le chef de l'Etat avait annulé sa venue. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et de lanceurs de balles de défense.

"Nous devons faire plus, changer nos comportements, modifier le fonctionnement des marchés, réformer nos institutions, amender nos lois et adapter nos politiques publiques. Pour y parvenir, nous avons besoin d'une nouvelle dynamique politique et d'une impulsion collective", a relevé Jean-Yves Le Drian.

Cette lutte contre les inégalités au niveau mondial, déjà définie comme une priorité du G7 par le président Macron mais qui prend une nouvelle résonance depuis la révolte des "gilets jaunes" en France, fera l'objet d'un "plan d'ensemble" dès janvier, a indiqué le ministre.

Elle portera sur différents volets : "salaire décent pour le travail fourni", "lutte contre les paradis fiscaux, le moins-disant fiscal", protection sociale, éducation et égalité hommes/femmes, a-t-il noté.

La France va ainsi proposer "une norme iso pour les entreprises qui respectent l'égalité" entre hommes et femmes, a précisé le ministre.

La présidence française mettra aussi l'accent sur la lutte contre la "fracture numérique" et les "inégalités liées à l'urgence climatique et environnementale", a souligné Jean-Yves Le Drian.

La France, qui imposera les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon, etc.) dès le 1er janvier et escompte un accord au niveau européen en 2019, réclame une "régulation de l'économie des plateformes (numériques) pour mieux répartir la richesse qu'elles génèrent".

- "Associer" les non-membres -

Le G7 devrait aussi convenir de la création d'un groupe international d'experts dans le domaine de l'intelligence artificielle, semblable à celui qui existe en matière climatique, pour un "développement éthique et responsable de cette technologie".

Le président Macron entend aussi renforcer le multilatéralisme, confronté aux coups de butoir d'une certain nombre de puissances, à commencer par les Etats-Unis de Donald Trump, en faisant émerger de nouvelles alliances autour du G7.

"Le multilatéralisme a fait ses preuves et pour peu qu'on ose innover, bâtir les coalitions les plus à même de régler les questions en suspens, c'est une méthode efficace capable de produire des solutions collectives concrètes", a souligné le chef de la diplomatie française.

La France souhaite "associer" à cette concertation des pays non membres du G7, "investis eux aussi dans la défense du système multilatéral, des +puissances de bonne volonté+ dont les forces additionnées peuvent créer de réels effets de levier sur les grands sujets de coopération internationale".

Jean-Yves Le Drian réunira ces pays - qui pourraient inclure notamment la Corée du Sud, l'Australie, le Mexique et l'Inde - d'ici au début avril.

Emmanuel Macron - qui se rendra en 2019 en Ethiopie et au Kenya - souhaite aussi associer l'Afrique à sa présidence du G7. "Il est temps de reconnaître l'Afrique pour ce qu'elle est, un acteur prêt à prendre toute sa part dans la redéfinition des règles de la mondialisation", a noté le ministre.

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