La majorité propose un compromis pour les plateformes comme Uber et Deliveroo
Inciter les plateformes comme Uber et Deliveroo à s'engager pour la protection sociale de leurs travailleurs, tout en leur...

La majorité propose un compromis pour les plateformes comme Uber et Deliveroo

Inciter les plateformes comme Uber et Deliveroo à s'engager pour la protection sociale de leurs travailleurs, tout en leur...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Inciter les plateformes comme Uber et Deliveroo à s'engager pour la protection sociale de leurs travailleurs, tout en leur évitant une requalification en salariat: tel est le compromis proposé par la majorité dans un amendement au projet de loi "avenir professionnel" consulté lundi par l'AFP.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui doit défendre sa réforme dans l'hémicycle de l'Assemblée dès 16H00, "soutient pleinement" l'amendement déposé par le rapporteur Aurélien Taché (LREM), a indiqué son cabinet à l'AFP.

L'amendement, révélé par Le Parisien, introduit la possibilité, pour une plateforme, d'établir une "charte" qui définisse "ses droits et obligations ainsi que celles des travailleurs avec lesquels elle est en relation". La charte doit notamment garantir "le caractère non-exclusif de la relation entre le travailleur et la plateforme", assurer aux travailleurs "une rémunération décente", contenir des "mesures de prévention des risques professionnels" et des "garanties applicables en cas de rupture de relations contractuelles".

Les plateformes volontaires devront publier la charte sur leur site internet et l'annexer aux contrats qui les lient à leurs travailleurs.

Le texte précise qu'une telle charte ne peut "caractériser l'existence d'un lien de subordination juridique entre la plateforme et le travailleur", ce qui écarte pour la plateforme le risque d'une requalification en salariés de ses travailleurs, considérés comme des indépendants.

L'amendement prévoit aussi que le compte personnel de formation (CPF) des travailleurs soit "abondé par la plateforme d'un montant égal à celui d'un salarié à temps plein", soit 500 euros par an, lorsque leur chiffre d'affaires sur cette plateforme dépasse "un seuil défini par décret". Muriel Pénicaud a précisé, dans une interview au Figaro, que ce seuil serait fixé à un "demi-Smic" par mois.

La réforme est "gagnante-gagnante", a estimé Mme Pénicaud, dans une déclaration écrite transmise à l'AFP.

Elle "vise à sécuriser le modèle des plateformes" et elle "donne aux travailleurs les moyens de changer d'activité au bout de quelques années, pour que la plateforme ne soit pas une trappe, mais une étape vers une autre activité", a développé la ministre.

Dans un communiqué, Deliveroo (coursiers à vélo) a accueilli "favorablement" un amendement qui met "fin à l'arbitrage entre flexibilité et sécurité".

La loi El Khomri d'août 2016 avait déjà instauré une protection contre les accidents du travail et un droit à la formation. Elle avait aussi permis aux travailleurs des plateformes de se syndiquer et de faire grève.

Partager cet article

Dans la même thématique

La majorité propose un compromis pour les plateformes comme Uber et Deliveroo
2min

Politique

Mazarine Pingeot sur François Mitterrand : « J'étais insolente avec mon père »

Grandir dans l’ombre du pouvoir oblige à se construire autrement, a fortiori lorsque votre existence relève du secret d’Etat. Mazarine Pingeot, « fille cachée » de François Mitterrand y est parvenue. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la philosophe publie ces jours-ci Inappropriable (ed. Climats Flammarion), un essai ambitieux sur la relation entre l’homme et l'intelligence artificielle. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle revient sur une enfance hors du commun.

Le

La majorité propose un compromis pour les plateformes comme Uber et Deliveroo
6min

Politique

Crise du Groenland : "Quand l'Europe montre ses muscles, Trump recule" se félicite l'eurodéputé Bernard Guetta

La tension est redescendue après l'inquiétante escalade de Donald Trump sur le Groenland. Mais l’épisode n’est peut-être pas clos, tant le contenu du fameux accord conclu à Davos reste opaque. Il a laissé des traces et beaucoup de questions. Emmanuel Macron parle d'un appel à un réveil stratégique pour les 27. À l'inverse, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a mis en garde les Européens contre toute tentation de divorce. Alors jusqu’où devons-nous et pouvons-nous nous émanciper des États-Unis ? Faut-il en particulier s’empresser de ratifier l'accord commercial conclu au mois de juillet ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Bernard Guetta (France, Renew), Zeljana Zovko (Croatie, PPE) et Rasmus Nordqvist (Danemark, Verts/ALE).

Le

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le

Deplacement de Anne Rubinstein a Epide de Lyon Meyzieu
6min

Politique

Violence dans le périscolaire : « l’omerta » au cœur de la bataille municipale parisienne

Depuis plusieurs mois, les signalements d’agressions sexuelles et de comportements suspects se multiplient dans le périscolaire. L’enquête de Cash Investigation en a révélé les failles, derrière ce service public du quotidien, fréquenté chaque jour par des millions d’enfants, se dessine un système fragilisé, miné par la précarité des personnels, des contrôles défaillants et une responsabilité politique désormais au cœur de la bataille municipale parisienne.

Le