La majorité sénatoriale veut relancer la réforme des retraites, dans le budget de la Sécurité sociale
La commission des affaires sociales du Sénat souhaite qu’une conférence sur l’équilibre et sur le financement des retraites formule des propositions pour que le régime général revienne à l’équilibre. À défaut, la loi prévoirait un recul de l’âge de départ à la retraite à 64 ans.

La majorité sénatoriale veut relancer la réforme des retraites, dans le budget de la Sécurité sociale

La commission des affaires sociales du Sénat souhaite qu’une conférence sur l’équilibre et sur le financement des retraites formule des propositions pour que le régime général revienne à l’équilibre. À défaut, la loi prévoirait un recul de l’âge de départ à la retraite à 64 ans.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

« C’est une décision de responsabilité. » La rapporteure de la commission des affaires sociales du Sénat, Élisabeth Doineau (Union centriste) défend l’adoption de mesures paramétriques pour permettre un retour à l’équilibre du régime des retraites, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2022. Ce type de propositions revient chaque année au Sénat.

Le 3 novembre, René-Paul Savary (LR) a déposé un amendement au projet de loi, au nom de la commission. Similaire à celui adopté au Sénat l’an dernier, le 14 novembre 2020, qui n’avait pas survécu à la navette parlementaire, il prévoit la convocation d’une « conférence sur l’équilibre et sur le financement des retraites ». Cette réunion des partenaires sociaux et de représentants de l’Etat, qui rappelle la conférence de financement lancée par le gouvernement en janvier 2020, aurait pour mission de formuler des propositions pour rétablir l’équilibre du système de retraites.

Les préconisations qui en découleraient seraient ensuite soumises par le gouvernement au Parlement dans un projet de loi. Dans le cas où la conférence de financement échouerait, l’amendement prévoit des mesures paramétriques, applicables au 1er janvier 2023. L’âge légal de départ serait décalé à 64 ans pour les Français nés à partir de 1966. Le niveau est rehaussé par rapport à l’âge de 63 ans qu’avait adopté le Sénat l’an dernier, et rappelle l’âge pivot de 64 ans souhaité par le gouvernement dans sa réforme stoppée par la pandémie. « Un ancien Premier ministre a dit 67 ans, donc c’est raisonnable », a comparé la présidente LR de la commission des affaires sociales Catherine Deroche ce 4 novembre, en référence aux récentes propositions d’Édouard Philippe.

Une convergence des régimes spéciaux vers le régime général avant 2032

La commission des affaires sociales n’imagine pas seulement un report de l’âge de l’ouverture des droits, mais aussi une accélération de la réforme Touraine de 2014. Celle-ci relève progressivement le nombre de trimestres nécessaires pour partir à taux plein. Actuellement, une pension à taux plein nécessite 43 annuités de cotisation à partir de la génération 1973. Avec l’amendement sénatorial, toutes les générations à partir de 1966 seraient concernées.

Quant aux régimes spéciaux, ces derniers devraient converger vers ces nouveaux paramètres « avant 2032 ».

Le déficit de la branche vieillesse de la Sécurité sociale est attendu à 6,4 milliards d’euros cette année, bien moins que celui de 11,4 milliards estimé dans le PLFSS pour 2021. Le reflux devrait se poursuivre l’an prochain, à la faveur de la reprise économique et du rebond de l’emploi, avec un déficit à 5,2 milliards. Mais à partir de 2023, le déficit se creuserait à nouveau et pourrait atteindre 10 milliards d’euros en 2025, selon les données de l’actuel projet de loi.

L’amendement devrait être examiné en séance publique probablement après le 11 novembre, suivant le rythme d’examen du projet de loi. A l’heure où nous écrivons ces lignes, 440 amendements ont été déposés au Sénat sur le PLFSS.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris mouvement des avocats contre le projet de loi SURE
6min

Politique

Justice criminelle : devant le Sénat, les avocats, en colère, dénoncent « un problème démocratique » et demandent le « retrait du texte »

Plusieurs centaines d’avocats ont manifesté leur rejet du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes, qui démarre son examen au Sénat lundi. Au premier rang des griefs du texte soulevés par la profession, l’instauration d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits.

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
6min

Politique

Justice criminelle : que contient le projet de loi controversé en examen au Sénat ?

Le Sénat entame l’examen du projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. Le texte prévoit notamment la mise en place d’un plaider-coupable, une nouvelle procédure judiciaire plus rapide quand l’accusé reconnaît les faits. Une réforme qui divise les magistrats et est surtout contestée par de nombreux barreaux qui manifestent, ce lundi, devant la haute assemblée. Que prévoit le texte ?

Le

La majorité sénatoriale veut relancer la réforme des retraites, dans le budget de la Sécurité sociale
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le