« J’attends de vous d’être des combattants et des hussards », a lancé Emmanuel Macron mercredi soir, devant les députés et sénateurs de la majorité présidentielle. Le candidat a mis en garde ses troupes contre le risque de démobilisation de son électorat, alors que les sondages sont au plus haut.
La mise en garde de Macron devant ses parlementaires : « Ne croyez pas que tout est joué »
« J’attends de vous d’être des combattants et des hussards », a lancé Emmanuel Macron mercredi soir, devant les députés et sénateurs de la majorité présidentielle. Le candidat a mis en garde ses troupes contre le risque de démobilisation de son électorat, alors que les sondages sont au plus haut.
Candidat et toujours président, Emmanuel Macron va avoir besoin de ses soutiens pour la campagne. Plus que prévu. La guerre en Ukraine et ses conséquences bouleversent une campagne dont « le maître mot sera agilité », glisse un haut responsable de LREM. « C’est que du last minute » confie-t-on au siège du parti, « tout bouge au dernier moment. C’est tellement incertain ». La campagne d’Emmanuel Macron, c’est un peu comme une free party. On a les informations au dernier moment.
Dans ces conditions particulières, où le moindre déplacement ou meeting peuvent être annulés, les relais que sont les ministres et les parlementaires jouent un rôle. Ce week-end, les membres du gouvernement vont se relayer sur le terrain pour porter la parole du candidat. « Les parlementaires aussi ont vraiment un rôle à jouer », explique un responsable macroniste, « le Président a initié le format de conversation avec les Français. Il faut démultiplier ce message par les parlementaires ».
« L’arrogance ne doit pas s’installer »
Dans cette campagne éclaire, l’heure est donc à la mobilisation des troupes. Ce mardi soir, à un mois du premier tour, Emmanuel Macron est venu parler une vingtaine de minutes aux parlementaires de la majorité présidentielle, réunis au Salons de l’Aveyron, à Paris (voir la photo prise par un participant, ndlr). Dans la salle, toute la macronie est là pour écouter le Président-candidat : Edouard Philippe, François Bayou, Richard Ferrand ou Stanislas Guérini, secrétaire général de LREM. Mais aussi de nombreux députés et sénateurs, et pas seulement LREM. Plusieurs sénateurs du groupe centriste du Sénat étaient là. Pas vraiment une surprise. Une dizaine lui a apporté leur parrainage. La dernière en date est Françoise Gatel, qui a annoncé dans un communiqué soutenir le Président-candidat.
Un candidat qui a mis en garde contre toute tentation de penser que le match serait plié d’avance. « Ne croyez pas au discours ambiant. L’arrogance ne doit pas s’installer », a lancé Emmanuel Macron, selon des propos rapportés, « ne croyez pas que tout est joué ». Le candidat ajoute :
Ce soir, nous avons tout à perdre. On ne nous permettra pas l’excès de confiance.
Le chef de l’Etat a besoin de ses troupes. Et il leur a dit. « J’attends de vous d’être des combattants et des hussards », a lancé Emmanuel Macron aux députés et sénateurs, « battez-vous pour combattre pied à pied, chaque matin, chaque soir ». Emmanuel Macron a rappelé les piliers de sa campagne, qu’il a déjà évoqués : les pactes « européen », « productif », de « génération » et « républicain ». Il a répété sa volonté de supprimer la redevance, et l’assume.
« Il faut en quelque sorte réussir à inventer le grand débat permanent »
Il a aussi appelé à savoir « associer, se dépasser » et à le faire avec « bienveillance ». « Il faut en quelque sorte réussir à inventer le grand débat permanent, la capacité à remuer la matière pour que les lignes bougent », lance Emmanuel Macron, reprenant une idée lancée en février par le président de l’Assemblée, Richard Ferrand, et illustrée dès cette campagne lors d’un échange à Poissy avec des habitants, en début de semaine.
Il continue : « Nous n’arriverons pas à réformer l’école en mettant autour de la table les syndicats et les élus spécialisés », mais « on y arrivera avec les parents d’élève, les représentants d’élève, les professeurs, directeurs, les maires ». « Nous pouvons faire bouger beaucoup de choses en donnant plus de liberté à ces acteurs », tout en les « associant à cette politique publique, cette transformation », estime Emmanuel Macron. Une méthode qui renvoie une image à l’opposé des moments parfois d’extrême tension du quinquennat, comme lors de la crise des gilets jaunes.
« Il ne faut surtout pas que les Français croient que le match est plié et que c’est gagné »
A la sortie, interrogés par la presse sur une information des Echos, selon laquelle Emmanuel Macron envisagerait de repousser à 65 ans l’âge légal de départ à la retraite, les députés bottent en touche. « Attendez de voir le programme du candidat. N’anticipons pas de sujet qui pour l’instant ne sont pas dans le projet », répond Christophe Castaner, patron des députés LREM, qui ajoute que « le Président a annoncé qu’il nous faudrait sauver le régime de retraite », mais sans en dire plus.
Les parlementaires préfèrent insister sur le message de mobilisation. « Il y a le risque d’une forte abstention. Il ne faut surtout pas que les Français croient que le match est plié et que c’est gagné, même si Emmanuel Macron est dans une situation favorable dans l’opinion, tout peut changer », met en garde François Patriat, président du groupe RDPI (LREM) du Sénat. « Il a dit que le pire des combats, ce sont les combats gagnés d’avance », ajoute le sénateur de la Côte d’Or, qui souligne qu’« il a parlé de co-construction, de changement de méthode. On sent bien que le côté Jupiter est écarté ».
« Il nous a demandé de faire campagne dans les prochains jours, de considérer qu’aucune voix n’est acquise, que rien n’est fait sur le terrain et qu’il attend des parlementaires de sa majorité qu’ils soient les premiers militants, comme en 2016 », explique le député LREM Sacha Houlié. Regardez (images Hugo Lemonier et Pierre-Louis Boucé) :
« Il peut y avoir une abstention très forte au second tour, les gens pensant que Macron a gagné »
« Il a terminé en insistant beaucoup sur l’idée de ne pas avoir d’arrogance, de ne pas être dans le « on a déjà gagné », le risque de démobilisation », confirme un parlementaire présent. « C’est comme ça que des gens qui étaient Président quatre mois avant, ne le sont plus le jour du vote », ajoute le même. « A partir du moment où on est considéré comme favori, oui, on a tout à perdre. Il a insisté sur le fait que le peuple français est un peuple très politique. Que ce sont les Français qui décident et pas les sondages », ajoute Martin Levrier, sénateur LREM des Yvelines, qui résume : « Il faut charbonner. Se mettre au boulot matin et soir ».
Alors que les sondages sont au plus haut, les macronistes jouent-ils à se faire peur ? Un responsable macroniste jure que ce n’est pas totalement feint. « Il peut y avoir une abstention très forte au second tour, les gens pensant que Macron a gagné. Si en plus, il y a la mobilisation du camp des différentes colères, et boom, c’est le Brexit », met-on en garde, c’est-à-dire, dans la version française, la défaite surprise d’Emmanuel Macron.
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En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.
Pour les élections municipales, les enjeux sont multiples. Les LR et le PS tentent de conserver leurs nombreuses villes moyennes, pour la droite, ou grandes, pour la gauche et les écolos, avec une élection cruciale à Paris, que vise Rachida Dati. Pour le RN et LFI, qui partent de loin, il s’agit de renforcer l’implantation locale. Le parti d’extrême droite vise Toulon et rêve de gagner Marseille. Horizons essaie de garder ses grands maires. Et pour Renaissance, ce sera à nouveau un scrutin difficile. Le scrutin du 15 et 22 mars devrait réserver quelques surprises.
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