« La moquerie a toujours été là ! » : quand l’animateur et dessinateur de presse Christian Morin défend la liberté de caricaturer 

Il a été l’un des visages les plus connus de la télé française. Chaque soir, celui qui réunissait plus de 10 millions de spectateurs, faisait tourner la roue pour la plus grande fortune des candidats de son émission. Un animateur, formé, on le sait peu, aux Beaux-Arts de Bordeaux, et qui fût dans une première vie dessinateur de presse. Cette semaine, Christian Morin est l’invité de Rebecca Fitoussi dans un monde, un regard.
Mathieu Terzaghi

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« Les difficultés n’étaient pas un problème ». Christian Morin a grandi dans le quartier populaire de Mériadeck, à Bordeaux : « On manquait de tout, mais il y avait une humeur vagabonde très agréable », affirme-t-il lorsqu’il se remémore son enfance, dans les années 1950 : « On apprenait à plier les vêtements parce qu’il fallait laisser de la place dans notre petit appartement ». Dans son quartier, il côtoyait des réfugiés de guerre espagnols, des peintres, des passionnés d’opéra… Un signe du destin pour celui qui, élève moyen, va s’orienter vers les arts après un test d’orientation.

« J’ai fait des dessins que je ne pourrais pas sortir aujourd’hui »

On le sait peu, mais avant d’embrasser une carrière d’animateur télé, Christian Morin a été dessinateur de presse. Un métier qui a bien changé selon lui : « J’ai fait des dessins que je ne pourrais pas sortir aujourd’hui. En 1987 on parlait de l’Iran et des ayatollahs, il y avait beaucoup de Talibans dessinés en caricature. Ce n’est pas bien vu par certains, mais la caricature a toujours existée. Même à Pompéi, il y a des caricatures sur les murs, la moquerie a toujours été là … ».

Lui qui avait pour modèles Franquin, Hergé, Walt Disney, Sempé, a été proche de Cabu. « On a eu exactement le même chemin » explique-t-il, et sa disparition lors des attentats terroristes du 7 janvier 2015 à la rédaction de Charlie Hebdo restent à jamais gravés dans sa mémoire : « C’est épouvantable, je parle d’assassinat, car c’est une catastrophe ».

Christian Morin, icône de la télé française

Des décennies plus tard, passé par RTL, RMC, Antenne 2 ou encore TF1, où il a fait tourner la Roue de la Fortune pendant des années, Christian se rappelle avec toujours autant de passion de son métier d’animateur de jeu : « Avec Amanda Lear, on a repris l’émission Cherchez la femme. C’était un remake d’une émission qui avait existé après la guerre, comme un concours de Miss. On a changé d’époque. J’espère que Sandrine Rousseau n’a pas regardé l’émission. Il fallait les départager sur des épreuves notamment de séduction », affirme l’animateur. Si il ne renie rien de cette période, il affirme qu’on a vraiment changé d’époque.

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