« La non-censure n’est pas un blanc-seing pour le gouvernement », assure Patrick Kanner

Après l’annonce de la suspension de la réforme des retraites par Sébastien Lecornu, le Parti socialiste a indiqué ne pas censurer d’emblée le nouveau gouvernement. Président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner se réjouit de la « réponse très claire » obtenue sur cette revendication du PS, mais assure ne pas donner « un blanc-seing » à l’exécutif.
Théodore Azouze

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Il a accédé à la revendication prioritaire des socialistes. Afin de tenter de garantir une stabilité à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mardi 14 octobre, lors de sa déclaration de politique générale, sa volonté de suspendre la réforme des retraites de 2023 « jusqu’à l’élection présidentielle ». Le Parti socialiste avait fait de cette décision une condition pour ne pas censurer le nouveau gouvernement, toujours menacé par deux motions déposées par le Rassemblement national et la France insoumise.

« Une réponse très claire » sur la suspension de la réforme Borne, assure Patrick Kanner

Mardi soir, le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, avait confirmé sur TF1 que ses troupes ne voteraient pas pour faire chuter la nouvelle équipe de ministres autour de Sébastien Lecornu. « Le débat ne fait que commencer et je suis aussi déterminé à arracher d’autres victoires », a lancé le responsable. « On a obtenu une réponse très claire sur la suspension de la réforme Borne », se réjouit pour sa part ce mercredi Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat et invité de la matinale de Public Sénat. 

Lors de son discours, le Premier ministre a précisé qu’aucun report de l’âge légal de départ à la retraite n’aura lieu avant 2028, tandis que « la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres ». « Il nous a entendus, il nous a écoutés », poursuit Patrick Kanner, en référence aux exigences socialistes à la fois sur le gel de l’âge et du nombre de trimestres à cotiser pour pouvoir partir à la retraite. « Ça montre que la négociation peut être utile quand il s’agit de l’intérêt de la France et de nos concitoyens. »

Les socialistes veulent maintenir la pression

Dans l’opposition, certains députés craignent de voir le camp gouvernemental avoir le dernier mot sur la réforme des retraites, si aucun consensus n’est trouvé lors des débats dans l’hémicycle. « Les macronistes et LR pourront réécrire le budget comme ils le souhaitent en commission mixte paritaire », a déploré mardi Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise, sur X. « Tout sera balayé », a lui aussi dénoncé Kevin Mauvieux, député RN de l’Eure, sur le même réseau social.

Les socialistes, eux, assurent qu’ils continueront de se montrer prudents vis-à-vis des engagements du Premier ministre. « S’il y a un coup de Trafalgar, il n’y aura pas de budget ; et s’il n’y a pas de budget, nous dégainerons le 49-2, c’est-à-dire la motion de censure spontanée », écarte Patrick Kanner. « On va cheminer et on jugera sur les actes. La non-censure de jeudi matin, ce n’est pas un blanc-seing pour le gouvernement. »

Au contraire du groupe socialiste, les écologistes et les communistes voteront la censure du gouvernement. De quoi créer une rupture entre ces différentes formations ? « J’espère que non », répond Patrick Kanner. « Nous avons des échéances à gérer ensemble, des municipales qui se préparent. » Le sénateur du Nord s’inquiète davantage de la perspective d’une éventuelle « union des droites », incluant le RN et LR. Éric Ciotti, désormais allié aux rangs de Marine Le Pen à l’Assemblée nationale, a invité mardi le patron des Républicains, Bruno Retailleau, « une rencontre pour poser les bases d’un renversement d’alliance à droite avec le RN ». 

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