La Nouvelle-Calédonie a fait le choix dimanche de rester dans le giron français, au terme d'un référendum d'autodétermination historique,...
La Nouvelle-Calédonie choisit la France
La Nouvelle-Calédonie a fait le choix dimanche de rester dans le giron français, au terme d'un référendum d'autodétermination historique,...
Par Cécile AZZARO
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
La Nouvelle-Calédonie a fait le choix dimanche de rester dans le giron français, au terme d'un référendum d'autodétermination historique, consacrant selon le président Macron une "marque de confiance dans la République".
Selon des résultats définitifs sur les 284 bureaux, le non à l'indépendance l'a emporté avec 56,4% des voix contre 43,6% pour le oui, un score en faveur du maintien nettement moins large que prévu par les sondeurs.
La participation a été massive, avec 80,63 % de votants, a indiqué le Haut-Commissariat.
Peu avant la proclamation définitive des résultats, Emmanuel Macron a exprimé son "immense fierté que nous ayons passé ensemble cette étape historique", en se félicitant d'une "marque de confiance dans la République française".
"Je veux aussi dire la fierté pour le chef de l'État que la majorité des Calédoniens ait choisi la France", a ajouté M. Macron dans une allocution télévisée depuis l'Élysée, en estimant qu'il n'y avait désormais "pas d'autre chemin que celui du dialogue".
A la mi-journée, la participation dans le référendum pour ou contre l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie était largement supérieure à celle pour les élections provinciales de 2014 à la même heure
AFP
Le Premier ministre Édouard Philippe est attendu sur place lundi, en provenance du Vietnam.
Si le non à l'indépendance l'a emporté, le résultat a aussi été salué par les indépendantistes, qui s'estiment confortés par leur score, alors que les sondages tablaient sur une large victoire du non, dans une fourchette de 63 à 75%.
Fort de ce résultat supérieur à leurs attentes, les indépendantistes ont aussitôt réaffirmé leur volonté d'aller jusqu'au bout de l'accord de Nouméa (1998) et de demander l'organisation de deux autres référendums dans les quatre ans à venir, comme prévus par l'accord.
- Le oui "à deux doigts de la victoire" -
Le président Emmanuel Macron lors d'une allocution télévisée après les résultats du référendum d'autodétermination en Nouvelle-Calédonie, le 4 novembre 2018 à l'Elysée, à Paris
AFP
Pour Louis Mapou, chef du groupe UNI-FLNKS au Congrès, "les indépendantistes sont encore plus motivés qu'avant pour demander le 2e et 3e référendum. Dès demain on va préparer la mariée pour qu'elle soit encore plus belle en 2020", a-t-il dit à l'AFP.
"Les Kanak ont pris conscience que c'était à eux de montrer leur détermination à être enfin libres. On est à deux doigts de la victoire, et il nous reste deux consultations à venir", a aussi souligné Alosio Sako, président du rassemblement démocratique océanien (FLNKS).
Philippe Michel, secrétaire général de Calédonie Ensemble, le principal parti non indépendantiste, "continue de penser que c'est mieux si on peut se passer d'un deuxième et d'un troisième référendum" mais qu'il ne s'opposerait pas à l'accord de Nouméa, qui est "constitutionnalisé".
Résultats définitifs du référendum sur l'indépendance en Nouvelle-Calédonie
AFP
"Est-ce que la Nouvelle-Calédonie a vraiment quatre ans à perdre ?", a de son côté demandé Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains au Congrès. Elle plaide pour "trouver une solution et remplacer ce deuxième et troisième référendum" afin de "stabiliser enfin la Nouvelle-Calédonie".
Selon Pierre-Christophe Pantz, docteur en géopolitique, il est "clair qu'on ne discute pas de la même manière quand on fait 43% plutôt que 30%". "Cela va forcer les non indépendantistes à revoir leur copie", ajoute l'expert, qui explique ce score élevé par "une forte mobilisation jamais atteinte dans les communes indépendantistes de la Grande Terre".
Alors que les différents responsables politiques ont salué la large participation et le déroulé du scrutin, plusieurs voitures ont été brûlées et deux "faits de caillassage" ont été signalés, selon le Haut-commissariat.
En amont du scrutin, les autorités craignaient qu'une victoire du non puisse inciter une partie de la jeunesse kanak, marginalisée, à des débordements, alors que les inégalités entre les différentes communautés restent criantes.
- "L'assurance, la sécurité" -
Le vote du référendum sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie par communes
AFP
Les électeurs de cet archipel français, colonisé en 1853 et disposant d'importantes réserves de nickel, étaient appelés à dire s'ils voulaient ou non "que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante".
À la mairie de Nouméa, Chanel Cinédrawa, paysagiste de 43 ans, a voté indépendantiste, car "c'est le combat de nos vieux, il faut honorer leur mémoire", a-t-il dit.
Cette consultation, prévue par l'accord de Nouméa, est destinée à poursuivre le travail de réconciliation entre Kanak, peuple autochtone du territoire, et Caldoches, population d'origine européenne, entamé avec les accords de Matignon de 1988. Ces derniers avaient été signés après les violences des années 1980, qui avaient culminé avec la prise d'otages et l'assaut de la grotte d'Ouvéa en mai 1988, qui avait fait au total 25 morts.
Les trois partis loyalistes, très divisés, défendent le maintien au sein de la France. Ils mettent en avant la protection qu'elle apporte et son 1,3 milliard d'euros d'aides annuelles.
"Mon choix est un choix pour la France, pour les garanties qu'elle apporte. C'est l'assurance, la sécurité", expliquait Patrick Levenchaud, fonctionnaire de 54 ans, dans le bureau de vote de l'école Candide-Koch à Nouméa.
Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.
La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.
En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.
Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».