« La politique environnementale du gouvernement est confuse » estime Brice Lalonde
Invité de l’émission « On va plus loin », Brice Lalonde, ancien ministre de l’environnement et conseiller spécial sur le développement durable auprès du pacte mondial des Nations Unies, réagit au possible retour de la taxe carbone.

« La politique environnementale du gouvernement est confuse » estime Brice Lalonde

Invité de l’émission « On va plus loin », Brice Lalonde, ancien ministre de l’environnement et conseiller spécial sur le développement durable auprès du pacte mondial des Nations Unies, réagit au possible retour de la taxe carbone.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

On remet une pièce dans la machine. La taxe carbone est relancée dans une tribune réunissant 86 députés qui demandent le retour de la fiscalité écologique. Si des membres de la majorité, comme Brune Poirson, secrétaire d’État à la transition énergétique, ont également été dans ce sens, le président de la République a voulu mettre le holà, mercredi, en Conseil des ministres.

Brice Lalonde, ancien ministre de l’environnement et conseiller spécial sur le développement durable auprès du pacte mondial des Nations Unies, estime qu’il est utile d’en parler, mais calmement.  « Après tout, la transition écologique est bien à l’ordre du jour du grand débat » déclare-t-il sur le plateau d’ « On va plus loin ». « La transition écologique, c’est bien : « Comment est-ce qu’on lutte contre le changement climatique ? ». Et donc : « Comment est-ce qu’on sort des énergies fossiles ? ». C’est ça, le problème. Si vous êtes à l’électricité, si vous avez une voiture électrique, si vous vous chauffez à l’électricité, il n’y a pas de taxe carbone. Donc toute la question, c’est « Comment est-ce qu’on peut aider les Français à passer à la voiture électrique, à passer au chauffage électrique, ou en tous les cas à la pompe à chaleur ? ». Tous ces moyens qui permettent d’éviter le recours à l’essence, au pétrole, au charbon. »

Brice Lalonde insiste sur un point concernant cette taxe carbone : « Ce qui compte c’est de rendre l’argent de la taxe aux Français. Surtout, on ne veut pas que ça aille au budget général de l’État. Parce que là, c’est perdu. Cela s’en va dans le grand gaspillage généralisé. Et ça les Français, en ont assez et je pense qu’ils ont raison. »

Interrogé sur la politique environnementale du gouvernement, l’ancien ministre de l’environnement répond : « Elle est confuse (…) parce qu’on ne sait pas quel est l’objectif (…) Un jour on nous dit : « Il faut réduire la consommation d’énergie ». (…) Un jour, on nous dit « Non, non, il faut faire du renouvelable ». Est-ce que c’est ça, ou est-ce que la priorité c’est de lutter contre le changement climatique ? Si la priorité c’est de réduire le réchauffement climatique - et pourquoi pas - alors à ce moment-là, il faut sortir des énergies fossiles et tous les autres objectifs sont secondaires par rapport à celui-là. Or, là, malheureusement, on n’a pas ça. C’est trop compliqué, c’est le désordre. »

 

Vous pouvez voir et revoir l’entretien avec Brice Lalonde, en intégralité :

OVPL. Entretien avec l'ancien ministre de l'écologie, Brice Lalonde
08:02

Partager cet article

Dans la même thématique

Pierre-Yves Bournazel, candidat à la mairie de Paris 2026
4min

Politique

Municipales à Paris : « Sarah Knafo présente un programme bidon », tacle Pierre-Yves Bournazel

Le candidat, placé troisième dans les sondages (14%), s’attaque à la députée européenne d’extrême-droite. Conseiller à la mairie de Paris depuis 2008, Pierre-Yves Bournazel cherche à se démarquer de ses adversaires politiques, comme Sarah Knafo en se présentant comme « le meilleur choix du changement ». Dans sa campagne, il incarne le « ni Dati, ni Grégoire », même si la tentation d’une fusion des listes avec l’actuelle ministre de la Culture existe.

Le

Paris : Debate on no-confidence motions against the 2026 finance bill at National Assembly
5min

Politique

Prix du Trombinoscope : Sébastien Lecornu, Amélie De Montchalin, Olivier Faure parmi les lauréats

Le jury du Prix du Trombinoscope, dont Public Sénat est partenaire, a dévoilé son palmarès annuel. Plusieurs figures de premier plan ont été distinguées, parmi lesquelles Sébastien Lecornu, Amélie de Montchalin, le duo des sénateurs de la commissions d’enquêtes sur les aides publiques aux entreprises ou Olivier Faure. Des récompenses qui mettent en lumière une année politique marquée par la tension budgétaire, la recherche de compromis et le retour au premier plan du Parlement.

Le

« La politique environnementale du gouvernement est confuse » estime Brice Lalonde
3min

Politique

La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, une décision « aux antipodes de l'éthique », brocarde le sénateur Jean-Raymond Hugonet

Le sénateur LR Jean-Raymond Hugonet a interpellé le gouvernement sur la nomination d'Amélie de Montchalin, actuelle ministre du Budget, comme présidente de la Cour des comptes. L’élu dénonce un risque de conflit d’intérêts. Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, accuse les oppositions de cibler la couleur politique d’Amélie de Montchalin.

Le