La Pologne juge « malvenue » la déclaration de Macron en faveur de sanctions contre elle
Varsovie a qualifié de "malvenue" la déclaration du candidat centriste à la présidentielle française Emmanuel Macron en faveur de...

La Pologne juge « malvenue » la déclaration de Macron en faveur de sanctions contre elle

Varsovie a qualifié de "malvenue" la déclaration du candidat centriste à la présidentielle française Emmanuel Macron en faveur de...
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Varsovie a qualifié de "malvenue" la déclaration du candidat centriste à la présidentielle française Emmanuel Macron en faveur de "sanctions" européennes contre la Pologne, tandis qu'un haut responsable l'a accusé de "populisme à l'état pur".

"Nous ne sommes pas d'accord pour que la Pologne soit utilisée ainsi dans la campagne électorale en France", a déclaré le porte-parole du gouvernement polonais Rafal Bochenek dans la nuit de jeudi à vendredi à l'agence nationale PAP.

M. Macron avait évoqué jeudi, dans une interview au quotidien régional La Voix du Nord, d'éventuelles sanctions contre la Pologne dans le contexte de la délocalisation d'une usine Whirlpool d'Amiens (nord) à Lodz en Pologne, qui doit conduire à la mise au chômage de quelque 290 ouvriers français.

Cette question s'est retrouvée sur le devant de la scène à l'occasion de visites parallèles à Amiens, mercredi, de M. Macron et de sa rivale d'extrême-droite Marine Le Pen. Le candidat centriste y avait reçu un accueil houleux.

"Ce genre de propos montre que des tendances protectionnistes sont toujours présentes au sein de l'UE, tendances qui affectent négativement le développement du marché libre et vont clairement à l'encontre des valeurs qui doivent être à la base de la construction de l'UE", a poursuivi M. Bochenek.

"Le fait que des sociétés décident de transférer leurs filiales des bords de la Seine en Pologne prouve que la Pologne est un Etat qui crée des conditions favorables aux entrepreneurs", a ajouté le porte-parole polonais.

Les propos de M. Macron "c'est du populisme à l'état pur", a de son côté asséné le vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires européennes Konrad Szymanski.

"Jusqu'à présent Emmanuel Macron flétrissait Marine Le Pen comme la méchante qui met en doute le sens de l'intégration européenne", a dit M. Szymanski sur la radio publique. Mais, par ces déclarations, "il montre que dans ce cas précis il est difficile de voir une différence entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, qui se présentait jusqu'à maintenant comme un candidat éminemment pro-européen", a-t-il ajouté.

Il ne peut y avoir de pays "qui joue des écarts fiscaux sociaux au sein de l’Union européenne et qui est en infraction de tous les principes de l'Union", dit Emmanuel Macron dans son interview, en défendant notamment sa proposition d'harmonisation fiscale et sociale dans l'UE.

S'il reconnaît que des sanctions ne sont pas possibles sur un éventuel dumping social, le candidat réclame des poursuites inédites de l'Union via l'article 7 du traité de l'UE.

"Sur le dossier de Whirlpool, dans les trois mois qui suivront mon élection, il y aura une décision prise sur la Pologne. Je mets ma responsabilité sur la table sur ce sujet", a-t-il lancé.

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