La position des socialistes vis-à-vis du gouvernement « a empêché notre nomination » à Matignon, estime Marine Tondelier

Après la suspension de la réforme des retraites annoncée par Sébastien Lecornu, les socialistes ont décidé de renoncer à voter la censure pour laisser place au « pari » du débat parlementaire. « Je pense qu'ils étaient tellement prêts à faire ça (...) que ça a empêché notre nomination » à Matignon, explique sur Public Sénat ce jeudi 16 octobre Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes.
Théodore Azouze

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Une gauche divisée après l’annonce de la suspension de la réforme des retraites. Lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, mardi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a accédé à cette revendication du Parti socialiste, mettant en pause la loi Borne jusqu’à la prochaine élection présidentielle de 2027. En réaction à cette prise de parole, Boris Vallaud, à la tête des députés PS, a confirmé que ses troupes allaient faire le « pari risqué » du débat parlementaire. 

« Dans le rapport de force pour exiger d’être nommé, ça a pesé »

À l’inverse, les autres groupes de gauche – les écologistes, les communistes et les insoumis – se sont positionnés en faveur d’une chute du gouvernement. La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, explique que la position des socialistes, ouverts sous conditions, aux discussions au Parlement, a contribué à ce que la gauche n’accède pas à Matignon. « Je pense qu’ils étaient tellement prêts à faire ça – et tout le monde le savait tellement – que ça a empêché notre nomination. C’est ça la vérité », estime la responsable, invitée de la matinale de Public Sénat ce jeudi 16 octobre. « Dans le rapport de force pour exiger d’être nommé, ça a pesé. »

Pour elle, la suspension de la réforme des retraites ou l’abandon du recours à l’article 49-3 ne sont pas des concessions suffisantes pour éviter une chute du gouvernement. « Moi, je ne suis pas contente », ajoute Marine Tondelier. « Parce que quand les Français vont voir tout ce qui les attend dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, ça va faire extrêmement mal. Et les premières victimes de ce PLFSS, ce seront les plus précaires. »

Les tensions entre le PS et LFI sont « irresponsables », lance Marine Tondelier

Face à ces divisions, l’union de la gauche peut-elle encore avoir un avenir ? La rupture semble consommée entre le Parti socialiste et La France insoumise, un temps alliés sous la bannière du Nouveau Front populaire. Partisane de ce rassemblement transpartisan, la cheffe de file écologiste déplore leurs régulières passes d’armes. « Je suis écologiste, je ne suis pas en train d’animer un bras de fer entre le PS et LFI », assure Marine Tondelier

La perspective des municipales, à la fin de l’hiver, devraient d’après elle pousser les deux formations à apaiser leurs tensions. « Je pense que ce qu’ils font est irresponsable, parce que ça contribue beaucoup à miner le moral de notre propre électorat, dont nous aurons besoin (…) qu’il se déplace aux prochaines élections », poursuit la responsable écologiste. « Si on leur dit toute la semaine que l’un est nul, que l’autre est horrible et qu’on réserve nos mots les plus durs à nos partenaires de gauche, alors on participe au problème de notre non-accession au pouvoir. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Elections Legislatives bureau de vote a Nice
9min

Politique

68 % des communes n’ont qu’une liste pour les municipales : « Démocratie confisquée » ou « illusion d’optique » liée au nouveau mode de scrutin ?

Pour les élections municipales, les deux tiers des communes connaissent déjà le nom de leur maire, car une seule liste a été déposée en préfecture. « C’est à cause de la transformation du mode de scrutin », qui généralise les listes paritaires pour les communes de moins de 1000 habitants, explique le sénateur PS Eric Kerrouche. Ne pas avoir le choix « n’est pas bon pour la démocratie », pointe le sénateur Horizons Franck Dhersin. Mais pour le socialiste, « ça systématise quelque chose qui était là auparavant ».

Le

President Donald Trump Delivers Joint Address To Congress in Washington
6min

Politique

Guerre en Iran : Donald Trump peut-il se passer de l’accord du Congrès américain ?

Après un week-end de tâtonnements, l’administration américaine et Donald Trump a finalement employé le terme de « guerre » pour qualifier l’intervention américaine en Iran. Une loi de 1973, permet certes au Président américain de déclencher une intervention militaire limitée, mais selon la Constitution, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Deux résolutions vont être examinées au Congrès cette semaine pour tenter de limiter les pouvoirs de l’exécutif. Sans chances de succès, pour le moment. Explications.

Le

La sélection de la rédaction

La position des socialistes vis-à-vis du gouvernement « a empêché notre nomination » à Matignon, estime Marine Tondelier
9min

Politique

Budget : « Incertain » en 2029, le passage à 3 % de déficit arrivera « au mieux en 2031 », alerte Pierre Moscovici

« Le scénario économique pour l’année 2026 repose sur une hypothèse optimiste », affirme devant le Sénat Pierre Moscovici, président du Haut conseil des finances publiques. Il doute de la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs, avec un budget dont la copie finale est très incertaine. Seule « bonne nouvelle » : « Un début d’amélioration de nos finances publiques » en 2025, après « le bug majeur de 2024 ».

Le