La présidentielle sur Twitter décryptée par un « macroscope politique »
Que se passe-t-il sur Twitter à l'approche de l'élection présidentielle? Un "macroscope politique" consultable sur internet...

La présidentielle sur Twitter décryptée par un « macroscope politique »

Que se passe-t-il sur Twitter à l'approche de l'élection présidentielle? Un "macroscope politique" consultable sur internet...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Que se passe-t-il sur Twitter à l'approche de l'élection présidentielle? Un "macroscope politique" consultable sur internet permet désormais aux citoyens de se repérer dans la masse des données générées par le réseau social.

Baptisé "Politoscope", la plateforme a été mise au point par des chercheurs du CNRS qui travaillent depuis neuf mois sur la présidentielle.

Présentée lundi à la presse, elle est accessible à tous et actualisée en temps réel sur un site dédié (https://politoscope.iscpif.fr/).

La plateforme, qui va s'enrichir au fil des semaines, "entend fournir des outils d'interprétation et d'analyse", déclare à l'AFP David Chavalarias, directeur de recherche au CNRS, qui pilote le projet. Ensuite, ce sera à chacun de faire sa sauce.

Pour suivre ce qui se passe sur les réseaux sociaux, les équipes de campagne des candidats utilisent les services de sociétés d'étude privées. Seul un petit nombre d'utilisateurs ont donc accès à ces analyses. Et les méthodologies utilisées sont souvent confidentielles.

Avec le Politoscope, "nous faisons le maximum pour être le plus transparent possible; c'est +open source+, et nous allons présenter notre méthodologie", souligne M. Chavalarias, spécialiste des dynamiques d'opinion.

"Notre analyse en ligne n'est pas définitive. L'idée est de permettre de forger collectivement, au fur et à mesure, un outil d'observation des débats politiques", souligne-t-il.

Depuis août 2016, les chercheurs de l'Institut des systèmes complexes du CNRS et du Centre d'analyse et de mathématiques sociales (CNRS/EHESS) ont récolté près de 35 millions de tweets publiés par plus de 3.600 personnalités politiques (députés, maires, candidats). Ils ont aussi engrangé 25 millions de tweets émanant de plus de 3.000 comptes de médias et journalistes.

Le Politoscope permet de se repérer dans les thèmes de campagne, de voir à quel moment ils surgissent. "On pourra aussi suivre les fausses rumeurs et retrouver d'où elles viennent" globalement, assure M. Chavalarias.

Les chercheurs se sont intéressés aux "communautés" autour des candidats et à leur propension à parler de leurs concurrents (l'analyse sera mise en ligne prochainement).

"On voit qu'Emmanuel Macron est vraiment au centre de l'attention des autres communautés. Les commentaires sont plutôt négatifs car il est vu comme un danger par les autres candidats" dans la course à la qualification pour le second tour, déclare M. Chevalarias.

François Fillon est la deuxième cible d'attention des autres communautés, avec de fortes fluctuations en fonction des rebondissements sur le Penelope Gate, souligne le chercheur.

En revanche, Marine Le Pen fait l'objet de très peu de tweets de la part des communautés des autres candidats. "Personne ne s'occupe d'elle", dit-il.

En revanche, sa communauté de twittos se montre "très prosélyte", selon le chercheur. Son nom est souvent cité dans les tweets de sa communauté (33%) alors que c'est nettement moins le cas pour les autres candidats (14,8% pour Macron, 2,7% pour Benoît Hamon).

Partager cet article

Dans la même thématique

La présidentielle sur Twitter décryptée par un « macroscope politique »
3min

Politique

Emmanuel Grégoire affirme qu’Emmanuel Macron est intervenu dans le retrait de la liste Knafo à Paris : « Quand vous perdez pied, vous dites n'importe quoi », répond Rachida Dati

Le socialiste accuse le chef de l’État d’avoir agi en sous-main pour obtenir le retrait de la liste de la candidate d’extrême droite, ce qui devrait favoriser Rachida Dati à l’approche du second tour de l’élection municipale à Paris. Au micro de Public Sénat, Rachida Dati accuse son adversaire de mener une campagne « outrancière, insultante, caricaturale ».

Le

kanner ok 3
12min

Politique

« Ces accords ne nous grandissent pas » : Patrick Kanner « dubitatif » face aux alliances PS/LFI pour les municipales

Les fusions de listes entre PS et LFI pour les municipales passent mal chez certains socialistes, à l’image de Patrick Kanner, président du groupe PS du Sénat, « dubitatif sur l’intérêt de ces accords ». Il pointe le non-respect des conditions fixées avant d’éventuelles alliances avec les insoumis. « Je ne comprends pas Olivier Faure, qui devrait être là pour mettre en œuvre la résolution du bureau national », affirme l’ancien ministre.

Le