Le choix d'Emmanuel Macron de fêter sa qualification pour le second tour de la présidentielle dans le célèbre restaurant la Rotonde passe mal dans la presse qui met en garde contre tout "triomphalisme".
Déjà copieusement critiqué dès dimanche soir sur les réseaux sociaux, le candidat d'En marche!, qui affronte Marine Le Pen pour le second tour, est sermonné dans les journaux de mardi.
"Une soirée à la Rotonde qui fait jaser", titre ainsi en page intérieure Le Figaro.
"Non, tout n'est pas joué", assure Le Parisien en Une. "Ce dîner, c'est du grain à moudre pour Marine Le Pen. La soirée Fouquet's de Nicolas Sarkozy en 2007 est dans toutes les têtes", écrit Pauline Théveniaud.
"Sur le papier, c’est plié. Sur le papier seulement…", insiste Laurent Joffrin dans Libération. Il tance le candidat en tête du premier tour (24,01% contre 21,3% pour Mme Le Pen). "En fêtant sa victoire quinze jours trop tôt, le candidat d’En marche a fait un pas vers le piège qui lui est tendu: vendre la peau de l’ours…"
Emmanuel Macron (d) et l'animateur de télévision Stéphane Bern (c), le 23 avril 2017, dans le célèbre restaurant parisien La Rotonde
AFP
Le Monde, sous la plume de son directeur Jérôme Fenoglio, appelle "logiquement" à voter Macron. "Nous avons redit, avant le scrutin, que le Front national est incompatible avec chacune de nos valeurs, avec notre histoire et notre identité."
- 'Erreurs de novice' -
"Mais le pire, le plus dangereux, le plus irresponsable pour l'avenir de notre pays, serait de considérer que ce prévisible-là est acquis, que la victoire du candidat d'En marche! ne souffre pas l'ombre d'un doute", met en garde Jérôme Fenoglio.
Cécile Cornudet s'étonne, dans Les Echos, qu'Emmanuel Macron n'ait "pas vu les questions que pourrait soulever son choix de fêter son premier tour dans une brasserie parisienne, fût-elle moins luxueuse que le Fouquet’s de Sarkozy".
D'ici le second tour, Guillaume Goubert rappelle dans La Croix que l'ancien ministre de l'Economie doit s'atteler à un "travail d’explication (qui) interdit tout triomphalisme – même sous la forme bénigne d'une fin de soirée électorale dans une brasserie parisienne".
"Pas encore élu et déjà le couac !", s'offusque Xavier Brouet du Républicain lorrain. "Certes, la Rotonde n’est ni le Fouquet’s de Sarkozy (période américaine), ni la Porsche de DSK. Pour le reste, les comparaisons s’arrêtent là. Tout de même, on s’étonne des erreurs de novice de ce pur produit marketing que constitue la candidature Macron."
Pour Jean-Louis Hervois de La Charente libre, "qu’Emmanuel Macron ait eu envie de faire sauter un bouchon dimanche soir paraît assez naturel" mais "plus surprenante est l’impression de brouillon qu’a laissée son discours prononcé tard dans la soirée. Adepte d’une communication millimétrée, Macron a paru flotter dans l’improvisation au moment où la gravité s’imposait".
La flambée des prix à la pompe, la menace russe et le Moyen-Orient devraient occuper l'essentiel de l'interview d'Emmanuel Macron jeudi à 20 heures sur TF1 et France 2. L'occasion pour le chef de l'Etat de rester dans le jeu tout en se posant en « garant » de la présidentielle.
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Sans surprise, le président LR du Sénat officialise sa candidature à sa propre succession, dans un courrier envoyé aux sénateurs. Dans son projet intitulé « le Sénat, acteur de la vie politique française », il souligne que la Haute assemblée doit « assurer un contre-pouvoir indispensable à la démocratie ». Une dimension qui devrait être renforcée, en cas de victoire de l’extrême droite à la présidentielle.
À l’occasion du premier débat télévisé entre les cinq candidats de la primaire coorganisée par le PS, ce mercredi 23 septembre, Public Sénat se replonge dans ses archives. Il y a 20 ans, les deux chaînes parlementaires avaient accueilli les trois débats télévisés de la première primaire « semi-ouverte » du PS. Ségolène Royal, encore candidate cette année, faisait alors figure de grande favorite.