La presse raille “la France imprécise” de Mélenchon

La presse raille “la France imprécise” de Mélenchon

La presse de samedi n'est pas tendre avec Jean-Luc Mélenchon, accusé de "faire la courte échelle" à Marine Le Pen en refusant de...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La presse de samedi n'est pas tendre avec Jean-Luc Mélenchon, accusé de "faire la courte échelle" à Marine Le Pen en refusant de donner une consigne de vote tout en assurant qu'il ne voterait pas Front national.

"Comprendre : il va glisser un bulletin Macron dans l’urne. S’il ne le dit pas officiellement, c’est pour éviter la fuite de ses +insoumis+", décrypte Rachid Laïreche dans Libération.

"Fort de 19,6 %, soit 7 millions de voix, Mélenchon veut peser au maximum sur la gauche aux législatives et a annoncé qu’il dirigerait la campagne. Pour cela +il faut rester groupés+. Or toute consigne est source de division", explique Sophie de Ravinel dans Le Figaro.

Un reportage du Monde dans la région toulousaine tend à montrer que "les électeurs de Jean-Luc Mélenchon semblent plus animés par le rejet de Macron que par la crainte du FN", constate Sylvia Zappi, l'envoyée spéciale du quotidien.

Emmanuel Macron est d'ailleurs prévenu : "Il trouvera sur sa route Jean-Luc Mélenchon dont les meilleurs devins ne décrypteront jamais sa vraie consigne de vote", persifle Alain Dusart de L'Est Républicain.

"Par son 'ni-ni' au soir du premier tour, il a déjà considérablement aidé la leader du FN, en faisant baisser de 13 points en une semaine les reports de voix de ses électeurs vers Macron", relève Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées.

- 'Calcul sournois et dangereux' -

"En bon français, Jean-Luc, ça s’appelle faire la courte échelle à l’extrême droite. Et, là encore, ça fait tache", fulmine Jean-Claude Souléry dans La Dépêche du midi.

Tactiquement, "le chef des Insoumis, qui n’a manifestement pas envie de se couper de ses troupes toutes fraîches, préfère camper dans l’anti-système", analyse Pierre Fréhel du Républicain Lorrain.

Dans La Montagne, Bernard Stephan estime qu'"au final Jean-Luc Mélenchon rêve de reconstruire une gauche sur les bases de la France Insoumise et d'avoir aussi la peau d'Emmanuel Macron qu'il voit en fils spirituel du hollandisme, en appliquant le vieux principe selon lequel la fin justifie les moyens".

"À croire que le but de son combat politique n’était pas de +terrasser la bête immonde+ qu’il affrontait voilà cinq ans dans le Pas-de-Calais, mais de parader", se demande Christine Clerc dans Le Télégramme.

Pour Dominique Jung des Dernières Nouvelles d'Alsace, "Mélenchon est passé hier de la France insoumise à la France imprécise. C’est un calcul sournois et dangereux de la part d’un homme de gauche au moment où le pays n’a plus que huit jours pour choisir entre deux projets que tout oppose".

Dans la même thématique

Paris: Francois-Xavier Bellamy during a press conference
12min

Politique

Européennes : un rapprochement entre LR et le groupe d’extrême droite ECR est-il envisageable au Parlement européen ?

Alors que le compromis est la règle en Europe, la tête de liste LR aux européennes assume de voter « très souvent » au Parlement européen avec des « collègues du groupe ECR », l’un des deux groupes d’extrême droite, où siège le parti de Giorgia Meloni. La première ministre italienne pourrait se retrouver au centre des discussions au lendemain du scrutin. Au sein des LR, la prudence reste de mise, mais certains, comme Julien Aubert, vice-président du parti, plaident pour « s’allier avec ECR ».

Le

FRA – EMMANUEL MACRON – MARINE LEPEN – RN – ELYSEE
7min

Politique

Débat Macron-Le Pen sur les européennes : « S’il avait lieu, ça commencerait à poser un sérieux problème démocratique », analyse Bruno Cautrès 

A deux semaines du scrutin des européennes, Emmanuel Macron a déclaré être « prêt à débattre maintenant » avec Marine Le Pen. Alors que la liste de la majorité présidentielle, menée par Valérie Hayer, se fait largement distancer par celle de Jordan Bardella, le principe de la confrontation arrange-t-il les deux camps ? Quels sont les enjeux d’un tel débat ? Décryptage.

Le

Paris: EELV lancement campagne elections europeennes
7min

Politique

Européennes 2024 : que contient le programme des Écologistes ?

A moins de deux semaines du scrutin, les sondages sont de moins en moins favorables au parti écologiste qui pourrait ne pas atteindre le seuil des 5 %. Au long d’un programme détaillé, Marie Toussaint dévoile une vision globale du futur de l’Union européenne en mettant l’accent sur la « bifurcation sociale et écologique ».

Le