La pression s'accroît sur le ministre Richard Ferrand, après l'ouverture d'une enquête préliminaire dans l'affaire immobilière impliquant ce...
La pression s’accroît sur Ferrand après l’ouverture d’une enquête préliminaire
La pression s'accroît sur le ministre Richard Ferrand, après l'ouverture d'une enquête préliminaire dans l'affaire immobilière impliquant ce...
Par Sandra FERRER
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La pression s'accroît sur le ministre Richard Ferrand, après l'ouverture d'une enquête préliminaire dans l'affaire immobilière impliquant ce soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, mais Matignon ne voit "aucune raison" qu'il démissionne à ce stade malgré des demandes à droite et à gauche.
"Après analyse des éléments complémentaires susceptibles de mettre en cause M. Richard Ferrand (...) révélés par différents organes de presse", le procureur de la République de Brest Eric Mathais a saisi jeudi "la direction interrégionale de la police judiciaire de Rennes d'une enquête préliminaire".
Mais, "aussi longtemps qu'il n'y a pas de mise en examen, il n'y a aucune raison de demander à M. Ferrand de quitter le gouvernement", a ensuite réaffirmé le Premier ministre Edouard Philippe (issu de LR), en déplacement en Seine-et-Marne, lui réaffirmant sa "confiance".
"Je ne ferai pas de commentaires", a pour sa part déclaré le président de la République, en Bretagne. Emmanuel Macron avait appelé mercredi le gouvernement à la "solidarité", tout en estimant que la presse ne devait "pas devenir juge".
Le Premier ministre Édouard Philippe, au côté du Garde des Sceaux François Bayrou, à l'Élysée, le 31 mai 2017
AFP
Le ministre de la Justice, François Bayrou (MoDem), qui présentait jeudi son emblématique projet de loi pour la "confiance dans notre vie démocratique", a été assailli par la presse de questions sur M. Ferrand. Il s'est refusé à tout commentaire direct, s'abritant derrière le Code de procédure pénale qui proscrit toute instruction "dans des affaires individuelles".
Porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner a, lui, qualifié cette enquête de "bonne nouvelle parce qu'elle va permettre de sortir du débat moral" et confirme que "la justice est libre et indépendante".
Selon le procureur de Brest, elle "aura pour but de recueillir tout élément permettant une analyse complète des faits et de rechercher si ceux-ci sont susceptibles ou non de constituer une infraction pénale en matière de manquements au devoir de probité et aux règles spécifiques du code de la mutualité".
M. Ferrand, ex-socialiste rallié de la première heure à M. Macron jusqu'à devenir une cheville ouvrière d'En Marche!, est confronté à une polémique et à des appels à la démission depuis des révélations le 24 mai du Canard enchaîné.
- "Silence troublant" -
Selon l'hebdomadaire satirique, les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était alors le directeur général, avaient souhaité en 2011 louer des locaux commerciaux à Brest pour ouvrir un centre de soins. L'entreprise avait choisi, entre trois propositions, celle d'une société immobilière appartenant à la compagne du ministre.
Le procureur de Brest avait estimé le 26 mai que les faits ne constituaient pas une infraction et ne permettaient pas d'ouvrir une enquête. Depuis, de nouvelles révélations sont intervenues dans plusieurs médias et le parti LR a fait une nouvelle démarche auprès du parquet.
Le mécanisme de l'affaire Ferrand
AFP
L'association anticorruption Anticor a également adressé mercredi au parquet de Brest une plainte contre X, sur le fondement du délit d'abus de confiance. Elle vise "Richard Ferrand, mais également les membres du conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne ainsi que la bénéficiaire de l'opération, à savoir la compagne de M. Ferrand", selon son président.
Le ministre, candidat aux législatives REM dans le Finistère, avait de nouveau récusé mercredi toute irrégularité et exclu de démissionner. "Tout ce que j'ai fait dans ma vie professionnelle est légal, public, transparent", avait-il plaidé. Son agenda public pour jeudi était vide.
S'étonnant du "silence troublant du président de la République", le secrétaire général de LR Bernard Accoyer a estimé que le ministre devrait être "mis en retrait du gouvernement". "On ne va pas à chaque fois demander à quelqu'un de démissionner", a estimé à l'inverse, Thierry Solère (LR), tout en considérant que le ministre pourrait partir s'"il gêne le gouvernement".
La présidente du FN, Marine Le Pen, a critiqué la gestion de l'affaire par l'exécutif, dénonçant un "enrichissement personnel", qui "ressemble fichtrement à l'affaire Fillon".
Razzy Hammadi, porte-parole du PS, a plaidé pour le "retrait" de M. Ferrand, jugeant la position du gouvernement "intenable" voire "toxique", et la comparant à l'affaire Cahuzac.
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