La prestation de Marine Le Pen jugée sévèrement au FN
Une débatteuse "très mauvaise", "incompréhensible" sur l’euro, qui "jouait la mariole" avec force "attaques ad hominem" contre...

La prestation de Marine Le Pen jugée sévèrement au FN

Une débatteuse "très mauvaise", "incompréhensible" sur l’euro, qui "jouait la mariole" avec force "attaques ad hominem" contre...
Public Sénat

Par Baptiste PACE et Guillaume DAUDIN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Une débatteuse "très mauvaise", "incompréhensible" sur l’euro, qui "jouait la mariole" avec force "attaques ad hominem" contre Emmanuel Macron : en privé, plusieurs soutiens de Marine Le Pen ne cachaient pas leur déception jeudi, après la prestation de leur candidate au duel télévisé d’entre-deux-tours.

Avare de compliments envers sa fille qui l’a fait exclure du parti en 2015, Jean-Marie Le Pen n’a pas mâché ses mots. Face à Emmanuel Macron, et devant plus de 16 millions de télespectateurs, Marine Le Pen "a peut-être manqué de hauteur", a jugé le cofondateur du Front national, accordant toutefois un "match nul" poli aux deux candidats.

Le ton virulent adopté d’emblée par la candidate du FN, "je pense que c’est son entourage qui l’a conseillé", "espérant peut-être un effondrement psychologique d’un homme qui n’apparaît pas forcément comme étant très solide", a analysé Jean-Marie Le Pen, qui a été privé, lui, en 2002, de cette grande explication devant les Français, par le refus de débattre de Jacques Chirac.

Devant les micros, les commentaires sont positifs. "Je pense qu’elle a dominé ce débat parce qu’elle l’a acculé à se montrer tel qu’il est véritablement", a jugé le vice-président du FN Florian Philippot. "Elle est allée démasquer Emmanuel Macron", lequel "répondait par des attaques personnelles", a abondé son homologue Louis Aliot, compagnon de la candidate.

La principale intéressée assume cette tonalité, qui a "bousculé un peu les codes" mais était, selon elle, nécessaire pour "réveiller les Français". Et la candidate du FN de moquer vendredi lors d’un déplacement en Bretagne, la "réaction de classe" des "élites", ces "marquis poudrés", jugeant avoir fait "exactement ce que le peuple français attendait".

- 'Tombée dans le piège de Macron' -

Mais, fait assez inhabituel, son avis est loin d’être unanimement partagé dans ses propres rangs. "On est tombés dans le piège de Macron. Marine Le Pen s’est ruée dedans", a jugé un frontiste du Sud-Est. "Ses attaques ad hominem, on ne fait pas ça, on était dans l’inutile. Elle avait un petit ton exaspérant. Elle jouait la mariole, la maligne, les gens n’aiment pas ça."

"Elle a été bonne sur les fondamentaux évidemment - sécurité, immigration - mais le débat présidentiel n’est pas un débat comme un autre et Marine a été trop dans l’attaque", opine un patron de fédération.

D’autres soutiens sont encore plus sévères. "Très mauvaise", juge carrément un ténor du parti. "Les plus déterminés de ses supporters l’ont trouvée lamentable", glisse un ex-conseiller.

Non membre, mais élu avec le soutien du Front national, le maire de Béziers Robert Ménard assume le ton du débat, mais relève des "approximations" sur la sortie de l’euro, à laquelle il est opposé. "Voilà. MLP catastrophique sur l’euro. Voilà", a tweeté pendant les échanges l’ancien patron du FNJ Julien Rochedy. "Sur l’euro, elle était incompréhensible. C’est pas au niveau, elle n’a répondu à rien", juge un frontiste.

Silence relatif, en revanche, sur l’insinuation lancée par Marine Le Pen au sujet d’un prétendu "compte offshore" détenu par Emmanuel Macron "aux Bahamas". L’ancien ministre a déposé plainte jeudi contre X pour "faux, usage de faux et propagation de fausses nouvelles destinées à influencer le scrutin". Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. Marine Le Pen a reconnu jeudi matin ne pas "avoir de preuve".

La candidate du FN est repartie en campagne vendredi en Bretagne ou en Picardie. "Le premier objectif, c’est la victoire" mais "si on obtient 40% , ce serait déjà une énorme victoire", a jugé sa nièce Marion Maréchal-Le Pen.

Partager cet article

Dans la même thématique

Capture d’écran du documentaire « Michel Debré et La Réunion, dérives d’une ambition républicaine » d’Alice Cohen
4min

Politique

Les « docus de l’été » : L’histoire oubliée de l’île de La Réunion

C’est un chapitre méconnu de l’histoire de France : la politique menée par Michel Debré à La Réunion entre 1963 et 1988. Pendant vingt-cinq ans, l’ancien Premier ministre du général de Gaulle mettra tout en œuvre pour contenir les velléités autonomistes qui traversent l’île, notamment celles portées par les communistes réunionnais. Traumatisé par l’indépendance de l’Algérie, inquiet de la montée des mouvements anticoloniaux et frappé par la misère qui touche alors une grande partie de la population, il engage une politique volontariste de modernisation fondée sur de grands travaux, des investissements massifs mais aussi des mesures beaucoup plus contestées, comme le transfert de milliers de mineurs vers la métropole. Cette période complexe et controversée de l’histoire réunionnaise est au cœur du documentaire d’Alice Cohen, "Michel Debré et La Réunion", dérives d’une ambition républicaine à voir cet été sur Public Sénat.

Le

Gare SNCF Toulouse MATABIAU
7min

Politique

« Rien n’a été prévu » : un rapport du Sénat dresse un bilan sévère sur l’ouverture du réseau ferroviaire à la concurrence

Cinq après l’ouverture du ferroviaire à la concurrence, un rapport sénatorial salue l’efficacité budgétaire de la réforme, mais regrette l’impréparation de l’Etat face aux bouleversements engendrés par la fin du monopole de la SNCF. L’éclatement du réseau et le sous-financement des lignes moins rentables préoccupent particulièrement les sénateurs.

Le