La proposition de loi pour permettre à tous les étudiants de bénéficier de repas à tarif modéré revient au Sénat
Le Sénat examinera en seconde lecture, le 5 avril, la proposition de loi du centriste Pierre-Antoine Lévi qui visait initialement à la création d’un ticket-restaurant à destination des étudiants. Au fil de la navette parlementaire, le dispositif a été remplacé par le principe d’une « aide financière ».

La proposition de loi pour permettre à tous les étudiants de bénéficier de repas à tarif modéré revient au Sénat

Le Sénat examinera en seconde lecture, le 5 avril, la proposition de loi du centriste Pierre-Antoine Lévi qui visait initialement à la création d’un ticket-restaurant à destination des étudiants. Au fil de la navette parlementaire, le dispositif a été remplacé par le principe d’une « aide financière ».
Romain David

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Fin de parcours en vue pour la proposition de loi (PPL) du sénateur centriste du Tarn Pierre-Antoine Lévi, « visant à créer un ticket-restaurant étudiant ». Adopté en première lecture par la Chambre haute le 10 juin 2021, ce texte a été voté à l’Assemblée nationale le 7 octobre 2021, après une série de modifications. Mais il aura dû attendre encore 18 mois avant de trouver une place dans l’agenda du Sénat pour une seconde lecture. Il sera finalement débattu en séance publique le 5 avril prochain. Mercredi 29 mars, la commission de la culture, de l’éducation et de la communication a donné son aval aux retouches apportées par le Palais Bourbon.

Présentée dans la foulée de la crise sanitaire déclenchée par le covid-19, cette proposition de loi se voulait une réponse à la précarité alimentaire étudiante mise en lumière durant cette période. Si la plupart des universités proposent des points de restauration pilotés par les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous), le maillage territorial présente certaines disparités. Selon les chiffres du Sénat, il existe 801 points de vente répartis sur 701 sites, néanmoins « certains lieux d’études situés dans des villes de taille moyenne ou en zone rurale » ont été laissés de côté par cette répartition.

Initialement, le texte déposé par Pierre-Antoine Lévi proposait la création, sur le modèle du titre-restaurant en entreprise, d’un ticket-restaurant à utiliser auprès d’établissements conventionnés par le Crous. « L’objectif de ce dispositif social est de permettre aux étudiants de réduire les dépenses alimentaires tout en leur donnant la possibilité de faire leurs courses à moindre coût. Il permettra ainsi à tous les étudiants, quel que soit leur lieu d’étude et leur formation, de pouvoir bénéficier d’une restauration à tarif social », fait valoir l’exposé des motifs. Ce texte suggérait un tarif social de 3,30 euros - correspondant au montant versé par les étudiants pour un repas universitaire -, pour un ticket d’une valeur de 6,60 euros. En première lecture, les sénateurs ont voulu resserrer le dispositif, le réservant aux seuls étudiants des « zones blanches », c’est-à-dire à ceux qui ne disposent pas d’une structure universitaire de restauration sur leur lieu d’études.

« S’adapter aux besoins du terrain et aux solutions déjà existantes »

Mais l’Assemblée nationale est allée beaucoup plus loin, en faisant sauter le principe même du titre-restaurant, pour lui substituer « une aide financière », également à utiliser auprès d’organismes conventionnés. Au passage, le texte a été rebaptisé « proposition de loi visant à favoriser l’accès de tous les étudiants à une offre de restauration à tarif modéré ».

Cette formulation plus large doit permettre au dispositif de se fondre avec des supports déjà mis en place à l’échelon local, parfois par les collectivités territoriales, comme les bons alimentaires. « L’aide financière qui sera versée aux étudiants n’ayant pas accès aux structures de restauration universitaire, selon des modalités définies par un décret en Conseil d’État, pourra ainsi prendre plusieurs formes, s’adapter aux besoins du terrain et aux solutions déjà existantes », salue le rapport de la commission sénatoriale de la culture. Celle-ci a ainsi adopté la proposition de loi dans la rédaction arrêtée par l’Assemblée nationale.

Le 9 février, l’Assemblée a rejeté à une voix près l’accès à des repas à 1 euro pour tous les étudiants, un tarif actuellement réservés aux élèves boursiers ou en situation de précarité (mis en place en 2020, ce tarif a été prolongé pour l’année universitaire 2022-2023). La majorité présidentielle et la droite ont notamment estimé que l’élargissement de la mesure, défendu par la gauche, allait également profiter de manière injustifiée aux étudiants les plus aisés. « Grâce à vous, les enfants de votre ami Bernard Arnault pourront aller au Crous et ne payer qu’un euro », avait lancé dans l’hémicycle le député Sylvain Maillard, vice-président du groupe Renaissance.

Partager cet article

Dans la même thématique

Martin Ajdari, président de l’Arcom
4min

Politique

Audiovisuel public : « Il est très largement impartial, mais il y a un travail à faire pour examiner ce qu’attendent les Français », estime le président de l’Arcom

Cible de critiques récurrentes, l’audiovisuel public fait actuellement l’objet d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale. A la tête de l’Arcom, Martin Ajdari défend l’institution publique, tout en reconnaissant qu’il faut être à l’écoute des téléspectateurs.

Le

Screenshot
5min

Politique

Au Cirque d’Hiver, Pierre-Yves Bournazel s’offre Edouard Philippe et Gabriel Attal pour relancer sa campagne

À un peu plus d’un mois du premier tour des municipales parisiennes, Pierre-Yves Bournazel a sorti l’artillerie lourde. En réunissant Édouard Philippe et Gabriel Attal sur la même scène du Cirque d’Hiver, le candidat centriste tente de redonner de l’élan à une campagne en difficulté, marquée par des sondages poussifs, un déficit de notoriété et le récent départ de son directeur de campagne. Reportage – Paris XIe

Le

La proposition de loi pour permettre à tous les étudiants de bénéficier de repas à tarif modéré revient au Sénat
8min

Politique

OnlyFans, Mym : dans un climat parfois tendu, le Sénat vote un texte contre l’exploitation sexuelle en ligne

Le Sénat a adopté une proposition de loi de la sénatrice LR Marie Mercier, qui vise à lutter contre les « proxénètes 2.0 », qui sévissent sur les plateformes proposant des services sexuels personnalisés. Le texte a été largement modifié, avec la création d’« une nouvelle infraction inspirée de la traite des êtres humains ». Mais cette définition sera inefficace, selon la sénatrice PS Laurence Rossignol, dont les échanges avec la rapporteure Lauriane Josende ont été particulièrement tendus.

Le