La réforme des APL a permis « 1,1 milliard d’euros d’économies » déclare Emmanuelle Wargon

La réforme des APL a permis « 1,1 milliard d’euros d’économies » déclare Emmanuelle Wargon

La ministre déléguée chargée du logement était entendue au Sénat mardi 9 novembre dans le cadre du Projet de lois de finances 2022. L’occasion pour les sénateurs de la commission des Affaires économiques de revenir sur le budget alloué au logement pour l’année 2022, mais également sur la réforme des APL et ses effets.
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Par Jules Fresard

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À première vue, Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement, venait mardi 9 novembre avec de bonnes nouvelles pour son audition au Palais du Luxembourg. En effet, la part dédiée au logement dans le budget 2022 est en nette augmentation. « C’est le Noël du logement » s’est ainsi permise la sénatrice Sophie Primas, présidente de la commission des Affaires économiques.

« Pour 2022, 17,15 milliards d’euros de crédits ont été alloués au logement, auxquels viennent s’ajouter 2 milliards pour le dispositif Maprimerénov » s’est félicitée Emmanuelle Wargon. Soit une augmentation de 6,6 % du budget du logement, qui s’élevait à 16,2 milliards d’euros en 2021.

Saluant cet effort budgétaire, les sénateurs et sénatrices présents à l’audition de la ministre n’ont cependant pas hésité à attirer son attention sur plusieurs points qui suscitent leurs inquiétudes, en premier lieu la réforme des APL.

Entrée en vigueur en janvier 2021, elle entend calculer l’Aide au logement en se basant sur les revenus actuels du bénéficiaire. Mais comme l’a souligné la sénatrice LR des Alpes-Maritimes Dominique Estrosi Sassone, « les associations font état de difficultés persistantes pour les jeunes actifs de moins de 25 ans en situation précaire ». La sénatrice socialiste des Hautes-Pyrénées Viviane Artigalas a, elle, déclaré que « dire que la réforme des APL s’est bien passée est faux, elle a été reportée car la CAF ne pouvait pas la soutenir ».

Face à ces critiques, la ministre a d’abord tenu à clarifier la situation des jeunes en contrat de professionnalisation. Alors que ces derniers avaient perdu une partie de leurs APL avec la nouvelle réforme, contrairement aux jeunes en situation d’apprentissage, des paiements rétroactifs ont été mis en place à partir du mois de septembre pour qu’ils retrouvent le niveau d’aide dont ils bénéficiaient avant la réforme.

En ce qui concerne les jeunes actifs, la ministre ne l’a pas caché, « l’APL leur est maintenant moins favorable ». « Si on considère qu’il faut aider les jeunes qui entrent dans la vie active, ce n’est pas forcément par les APL qu’il faut le faire » a fait savoir Emmanuelle Wargon. Quant aux critiques émises par Viviane Artigalas, elle a reconnu qu’il « y avait eu un certain nombre de bugs » mais que maintenant « on sait verser les APL sans perdre de droits ». Et concernant les économies réalisées grâce à cette réforme, elles s’élèvent à « 1,1 milliards d’euros » a fait savoir la ministre. « C’est une réforme qui par elle-même fait des économies ».

La question des logements d’urgence a également été abordée durant l’audition. Sophie Primas a salué les « 477 millions d’euros supplémentaires débloqués » pour cette problématique. Ainsi, jusqu’en mars 2022, 200 000 places d’hébergements d’urgence vont être maintenues. Mais d’ici à la fin 2022, 10 000 places sont amenées à disparaître, pour atteindre 190 000 à la fin de l’année prochaine.

Une suppression que n’a pas manqué de soulever Dominique Estrosi Sassone. « Fermer 10 000 places, est-ce seulement possible ? Du fait de la pression migratoire, mais aussi car les associations font état de 5 000 à 10 000 demandes toujours en suspens ».

» Lire aussi : Hébergement d’urgence : « Il faut une politique globale du logement », réclame Marie-Noëlle Lienemann

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