Les opposants à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, maintiennent la pression, en se mobilisant à nouveau jeudi, à la...
La réforme du Code du travail sous la pression de la rue jeudi et samedi
Les opposants à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, maintiennent la pression, en se mobilisant à nouveau jeudi, à la...
Par Bertille OSSEY-WOISARD
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Les opposants à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, maintiennent la pression, en se mobilisant à nouveau jeudi, à la veille de la présentation des ordonnances en conseil des ministres et deux jours avant la manifestation de La France Insoumise.
Jusqu'à présent, l'exécutif s'est montré inflexible, en martelant que cette promesse du candidat Macron sera un remède contre le "chômage de masse".
"On ne va pas reculer", a insisté la semaine dernière la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui présentera les ordonnances en conseil des ministres vendredi, pour une application quasi immédiate.
Mardi, semblant donner des gages aux organisations syndicales, très remontées contre la réforme, la ministre a annoncé une mission qui devra mettre en oeuvre dix mesures destinées à "accompagner les ordonnances pour aider les syndicats à se développer".
Un geste que les syndicats ont ignoré.
Les numéros un de la CFDT, de la CFTC et de l'Unsa, ont appelé le gouvernement mardi à "ajuster" les ordonnances, pointant un projet "déséquilibré", qui "facilite" les licenciements.
La ministre du Travail Muriel Pénicaud, le 1er août 2017 à l'Assemblée nationale à Paris
AFP
Les Français, eux, sont partagés, selon le dernier sondage sur le sujet, publié mardi: ils pensent que les ordonnances vont améliorer la compétitivité mais pas les conditions de travail des salariés (BVA pour La Tribune).
Applaudi par le patronat, le texte prévoit, entre autres, de plafonner les indemnités de licenciement prud'homales, de fusionner les instances représentatives du personnel ou de donner la possibilité de négocier sans syndicat dans les entreprises de moins de 50 salariés (sous condition).
Jeudi, la CGT appelle à battre le pavé et faire grève pour dénoncer "les régressions sociales du gouvernement +Macron+". Il y a neuf jours, elle a mobilisé entre 223.000 et 500.000 personnes dans toute la France (chiffre police, chiffre CGT), soit autant que pour la première journée de mobilisation contre la loi travail, en mars 2016.
Philippe Martinez, son secrétaire général, compte sur le "laps de temps" entre la validation des ordonnances et leur promulgation pour "convaincre beaucoup de gens".
- 'Catastrophe sociale' -
Mais la CGT a encore une fois échoué à rallier à sa cause les autres grands syndicats: FO, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC.
Elle aura toutefois à ses côtés Solidaires, l'Unef et la FSU, mais aussi, comme le 12 septembre, des militants de FO, de la CFDT, de la CFTC, de l'Unsa ou de la CFE-CGC, opposées aux lignes de leurs confédérations respectives.
Mobilisation ou concertation avec l'exécutif? Les divergences de vue sur la manière la plus efficace pour infléchir la position du gouvernent créent des tensions aux sein des confédérations, notamment chez FO ou à la CFDT.
Dimanche, la fédération métallurgie de la CFDT a exhorté Laurent Berger à appeler à une "mobilisation nationale", quand 11 fédérations CFE-CGC prévoient de se mobiliser jeudi.
Cette semaine, des syndicats routiers CFDT et CFTC ont ouvert le bal de la contestation lundi, organisant des rassemblements et barrages à Paris et en région.
Pour eux, les ordonnances représentent une "catastrophe sociale" pour la branche, en permettant aux entreprises de moins de 50 ans de déroger à la convention collective. Ils menacent de hausser le ton s'ils ne sont pas entendus.
En attendant, dès la semaine prochaine, les syndicats transports de la CGT et FO vont prendre le relais, avec une grève reconductible à partir du 25 septembre. La fédération CGT des services publics a de son côté déposé un préavis de grève courant du 25 septembre au 15 octobre.
Autre rendez-vous très attendu: la manifestation organisée par La France Insoumise samedi, contre cette réforme, que le mouvement qualifie de "coup d'Etat social".
Jean-Luc Mélenchon, qui caracole en tête des sondages en termes de popularité, à l'inverse d'Emmanuel Macron et Edouard Philippe, espère ainsi "faire reculer" le gouvernement.
Engagé dans des mesures d'économies pour respecter ses engagements budgétaires européens, l'exécutif devra également faire face à des contestations tous azimuts dans les prochains jours, dont une manifestation de retraités le 28 septembre contre la hausse de la CSG, ou encore la mobilisation des fonctionnaires, le 10 octobre.
Dans une allocution de 15 minutes enregistrée depuis Matignon, Sébastien Lecornu a assuré que le gouvernement avait pris conscience des crises que traverse le pays tout en réaffirmant sa volonté de ramener le déficit à 5 % du produit intérieur brut en 2027. S'il affirme ne pas être indifférent aux angoisses des lycéens, il renvoie leurs revendications au débat budgétaire. Il a toutefois annoncé la libération de 10 millions de barils de gazole afin de faire baisser le prix du litre de gazole à la pompe de 12 à 18 centimes.
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