La réforme du Code du travail sous la pression de la rue jeudi et samedi
Les opposants à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, maintiennent la pression, en se mobilisant à nouveau jeudi, à la...

La réforme du Code du travail sous la pression de la rue jeudi et samedi

Les opposants à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, maintiennent la pression, en se mobilisant à nouveau jeudi, à la...
Public Sénat

Par Bertille OSSEY-WOISARD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Les opposants à la réforme du droit du travail, CGT et Solidaires en tête, maintiennent la pression, en se mobilisant à nouveau jeudi, à la veille de la présentation des ordonnances en conseil des ministres et deux jours avant la manifestation de La France Insoumise.

Jusqu'à présent, l'exécutif s'est montré inflexible, en martelant que cette promesse du candidat Macron sera un remède contre le "chômage de masse".

"On ne va pas reculer", a insisté la semaine dernière la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui présentera les ordonnances en conseil des ministres vendredi, pour une application quasi immédiate.

Mardi, semblant donner des gages aux organisations syndicales, très remontées contre la réforme, la ministre a annoncé une mission qui devra mettre en oeuvre dix mesures destinées à "accompagner les ordonnances pour aider les syndicats à se développer".

Un geste que les syndicats ont ignoré.

Les numéros un de la CFDT, de la CFTC et de l'Unsa, ont appelé le gouvernement mardi à "ajuster" les ordonnances, pointant un projet "déséquilibré", qui "facilite" les licenciements.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud, le 1er août 2017 à l'Assemblée nationale à Paris
La ministre du Travail Muriel Pénicaud, le 1er août 2017 à l'Assemblée nationale à Paris
AFP

Les Français, eux, sont partagés, selon le dernier sondage sur le sujet, publié mardi: ils pensent que les ordonnances vont améliorer la compétitivité mais pas les conditions de travail des salariés (BVA pour La Tribune).

Applaudi par le patronat, le texte prévoit, entre autres, de plafonner les indemnités de licenciement prud'homales, de fusionner les instances représentatives du personnel ou de donner la possibilité de négocier sans syndicat dans les entreprises de moins de 50 salariés (sous condition).

Jeudi, la CGT appelle à battre le pavé et faire grève pour dénoncer "les régressions sociales du gouvernement +Macron+". Il y a neuf jours, elle a mobilisé entre 223.000 et 500.000 personnes dans toute la France (chiffre police, chiffre CGT), soit autant que pour la première journée de mobilisation contre la loi travail, en mars 2016.

Philippe Martinez, son secrétaire général, compte sur le "laps de temps" entre la validation des ordonnances et leur promulgation pour "convaincre beaucoup de gens".

- 'Catastrophe sociale' -

Mais la CGT a encore une fois échoué à rallier à sa cause les autres grands syndicats: FO, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC.

Elle aura toutefois à ses côtés Solidaires, l'Unef et la FSU, mais aussi, comme le 12 septembre, des militants de FO, de la CFDT, de la CFTC, de l'Unsa ou de la CFE-CGC, opposées aux lignes de leurs confédérations respectives.

Mobilisation ou concertation avec l'exécutif? Les divergences de vue sur la manière la plus efficace pour infléchir la position du gouvernent créent des tensions aux sein des confédérations, notamment chez FO ou à la CFDT.

Dimanche, la fédération métallurgie de la CFDT a exhorté Laurent Berger à appeler à une "mobilisation nationale", quand 11 fédérations CFE-CGC prévoient de se mobiliser jeudi.

Cette semaine, des syndicats routiers CFDT et CFTC ont ouvert le bal de la contestation lundi, organisant des rassemblements et barrages à Paris et en région.

Pour eux, les ordonnances représentent une "catastrophe sociale" pour la branche, en permettant aux entreprises de moins de 50 ans de déroger à la convention collective. Ils menacent de hausser le ton s'ils ne sont pas entendus.

En attendant, dès la semaine prochaine, les syndicats transports de la CGT et FO vont prendre le relais, avec une grève reconductible à partir du 25 septembre. La fédération CGT des services publics a de son côté déposé un préavis de grève courant du 25 septembre au 15 octobre.

Autre rendez-vous très attendu: la manifestation organisée par La France Insoumise samedi, contre cette réforme, que le mouvement qualifie de "coup d'Etat social".

Jean-Luc Mélenchon, qui caracole en tête des sondages en termes de popularité, à l'inverse d'Emmanuel Macron et Edouard Philippe, espère ainsi "faire reculer" le gouvernement.

Engagé dans des mesures d'économies pour respecter ses engagements budgétaires européens, l'exécutif devra également faire face à des contestations tous azimuts dans les prochains jours, dont une manifestation de retraités le 28 septembre contre la hausse de la CSG, ou encore la mobilisation des fonctionnaires, le 10 octobre.

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le