La réindexation des retraites, nouveau revirement de l’exécutif
La réindexation d'une partie des retraites sur l'inflation, qui figure dans le projet d'allocution qu'Emmanuel Macron devait...

La réindexation des retraites, nouveau revirement de l’exécutif

La réindexation d'une partie des retraites sur l'inflation, qui figure dans le projet d'allocution qu'Emmanuel Macron devait...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La réindexation d'une partie des retraites sur l'inflation, qui figure dans le projet d'allocution qu'Emmanuel Macron devait prononcer lundi soir, est un nouveau revirement pour l'exécutif, qui est déjà revenu sur la hausse de la CSG et laisse planer le doute sur l'âge de départ.

"Les retraites de moins de 2.000 euros seront réindexées sur l'inflation dès le 1er janvier prochain", devait annoncer le chef de l’État, selon ce projet de discours repoussé du fait de l'incendie de Notre-Dame.

La mesure n'est pas une surprise: la majorité et le gouvernement l'avaient avancée depuis plus d'un mois et des sondages confirmé le soutien massif de l'opinion.

Elle constitue toutefois une rupture avec les derniers choix budgétaires de l'exécutif, qui avait plafonné l'augmentation des pensions à 0,3% au 1er janvier, bien en deçà de l'inflation (1,8% en 2018), afin d'économiser 2,8 milliards d'euros.

La même hausse de 0,3% était prévue pour 2020, pour épargner 2,4 milliards supplémentaires, mais le Conseil constitutionnel a censuré cette partie du projet.

Rattrapé par la crise des "gilets jaunes" et la grogne des retraités, le président de la République devait donc acter lundi ce revirement pour les 70% de retraités touchant moins de 2.000 euros par mois.

Un scénario qui rappelle celui de la hausse de la CSG, annoncée par le candidat Macron durant sa campagne et entrée en vigueur début 2018 pour ceux dont la pension mensuelle dépassait 1.200 euros.

Moins de trois mois plus tard, le Premier ministre, Édouard Philippe, confronté à une contestation inattendue, promettait de "corriger le dispositif" à la marge, pour gommer les effets de seuil.

Finalement, les "gilets jaunes" ont poussé M. Macron à rétablir en 2019 l'ancien taux normal de CSG sur les retraites comprises entre 1.200 et 2.000 euros, pour un coût estimé à 1,3 milliard d'euros.

La valse-hésitation du pouvoir sur l'épineux dossier des retraites se poursuit sur la question de l'âge de départ: depuis la mi-mars, plusieurs membres du gouvernement sont montés au créneau pour défendre un allongement de la durée de travail.

Le meilleur moyen selon eux de dégager la manne nécessaire à la future réforme de la dépendance, évaluée à une dizaine de milliards d'euros par an.

Le maintien de l'âge légal à 62 ans est un ligne rouge pour les syndicats. Le haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, s'est arc-bouté sur ce point, s'en tenant à la promesse de campagne du candidat Macron.

Le chef de l’État n'avait toutefois pas prévu de trancher ce débat dans son allocution.

Partager cet article

Dans la même thématique

La réindexation des retraites, nouveau revirement de l’exécutif
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le

Hearing of French billionaire and majority shareholder of the Canal+ media group Vincent Bollore at National Assembly
7min

Politique

L’offensive de Vincent Bolloré sur le septième art

À la veille de l’ouverture du Festival de Cannes, une tribune signée par près de 600 professionnels du cinéma dénonce l’extension de l’influence de Vincent Bolloré dans le septième art. L’entrée de Canal+ au capital d’UGC ravive les craintes autour de la concentration des médias et d’une possible emprise idéologique sur la création culturelle française.

Le