François Fillon s'est montré combatif dimanche à La Réunion, au deuxième jour de son déplacement dans l'île, déterminé à être offensif "jusqu'au...
La Réunion: Fillon combatif loin de la tourmente judiciaire
François Fillon s'est montré combatif dimanche à La Réunion, au deuxième jour de son déplacement dans l'île, déterminé à être offensif "jusqu'au...
Par Nadège PULJAK
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François Fillon s'est montré combatif dimanche à La Réunion, au deuxième jour de son déplacement dans l'île, déterminé à être offensif "jusqu'au bout" pour gagner la présidentielle, malgré la tempête des emplois présumés fictifs de son épouse.
"Je suis attaqué, 24 heures sur 24, mais je reçois aussi d’innombrables soutiens. Je me battrai jusqu’au bout car mon programme est le seul capable de relancer la France", a affirmé le candidat de la droite à l'élection présidentielle lors d'un meeting à Saint-Pierre, devant plusieurs milliers de personnes qui criaient "Fillon président".
"Votre nombre est la meilleure réponse à tous ceux qui veulent nous empêcher de faire campagne", a-t-il lancé à la foule.
Dans une interview au Journal du Dimanche, l'ex-Premier ministre a mis en garde contre "une crise de régime" s'il devait renoncer, car "cela aboutirait à priver un courant de pensée, qui est majoritaire en France, de candidat crédible".
Alors que, selon le JDD, la décision du parquet national financier (PNF) concernant l'enquête sur les emplois présumés fictifs de Penelope Fillon "devrait intervenir cette semaine", le PNF a précisé qu'"aucune décision n'(était) prise à ce stade de l'enquête" et qu'"aucun calendrier (n'était) fixé à ce jour".
Le candidat a reçu le soutien d'élus locaux, notamment Didier Robert, sénateur LR et président du Conseil régional, qui a dénoncé "l'acharnement" contre M. Fillon, dont "le but est de chasser le candidat de la droite et du centre". "C'est ça, la démocratie?" a-t-il demandé, en rendant hommage au "courage" du candidat "face à l'adversité, les outrances et les calomnies".
François Fillon lors d'une messe dans une église de Saint-Gilles-les-Bains à La Réunion, le 12 février 2017
AFP
"Quand la mer y bat, il faut laisse bat", a lancé M. Robert en créole.
Dans une région où plus de 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (environ mille euros par mois), le candidat a également fait plusieurs propositions en matières économique et sociale: retour de l’État dans le financement de la continuité territoriale, ce qui a été particulièrement applaudi, pas de baisse du nombre de fonctionnaires "tant que la situation de l'emploi ne se sera pas meilleure", "stabilisation du nombre d'emplois aidés, le temps de réamorcer la machine économique", et maintien à leur niveau actuel, "pour dix ans", des exonération fiscales et sociales.
- Macron ciblé -
"Je propose que l’État consacre deux milliards d’euros par an en faveur de l’emploi outre-mer", a-t-il dit.
À Saint-Pierre, le candidat a ciblé Emmanuel Macron, qui le dépasse désormais dans les sondages et qui pourrait l'éliminer du second tour de la présidentielle. L'ex-ministre de l’Économie est le représentant d'une gauche qui est "le radeau de sauvetage de tous les naufragés du hollandisme", a affirmé M. Fillon.
M. Fillon a également affirmé se battre contre "la gauche de M. (Benoît) Hamon, qui rêve l’impossible parce qu’elle est incapable de construire le possible", et "contre l'extrême droite, qui mettrait la France en faillite au bout de six mois".
Le candidat LR avait débuté la journée en allant à la messe à Saint-Gilles, où il a communié. Hasard du calendrier liturgique, le père Russel Torpos, curé de la paroisse, a évoqué pendant son homélie l'évangile de Saint Matthieu: "Accorde-toi vite avec ton adversaire pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge et qu'on ne te jette en prison. Amen je te le dis, tu ne t'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou."
En milieu de journée, le candidat avait déjà pu mesurer la ferveur de ses supporters - dans une île qui avait majoritairement voté Hollande en 2012 - lors d'un gigantesque pique-nique à l'ambiance très festive.
Très souriant, l'ancien Premier ministre s'est même lancé dans des ségas (danse réunionnaise) avec plusieurs femmes, très loin de l'ambiance tendue et des légers heurts qui avaient opposé la veille une quinzaine de militants anti-Fillon à des pro-Fillon à L’Étang-Salé, où il était allé visiter une ferme photovoltaïque.
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