« La Russie est une menace contre le monde entier », alerte l’ambassadeur de l’Ukraine en France, Vadym Omelchenko
La Russie « est une menace universelle et la réponse doit être universelle », soutient devant le Sénat l’ambassadeur ukrainien en France. « Nous ne demandons pas de soldats. Nous sommes conscients que nous sommes seuls », lance Vadym Omelchenko, dont l’armée « résiste et inflige des pertes à l’ennemi ».

« La Russie est une menace contre le monde entier », alerte l’ambassadeur de l’Ukraine en France, Vadym Omelchenko

La Russie « est une menace universelle et la réponse doit être universelle », soutient devant le Sénat l’ambassadeur ukrainien en France. « Nous ne demandons pas de soldats. Nous sommes conscients que nous sommes seuls », lance Vadym Omelchenko, dont l’armée « résiste et inflige des pertes à l’ennemi ».
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L’heure est dramatique. Et ses mots sont forts. L’ambassadeur ukrainien en France, Vadym Omelchenko, a appelé les Européens à la solidarité avec l’Ukraine, à l’occasion de la conférence interparlementaire pour la politique étrangère et de sécurité commune et la politique de sécurité et de défense, qui se tient au Sénat, ce vendredi 25 février.

Au deuxième jour de l’attaque russe contre son pays, Vadym Omelchenko, a commencé par raconter les combats autour de « l’Ile aux serpents », petite île ukrainienne de Mer Noire, située à l’extrême Sud du pays, près du delta du Danube. Une unité de gardes-frontières ukrainiens s’y trouve. L’île a vite été « entourée par les navires russes, qui tentaient de la prendre ». Les soldats russes ont « proposé à nos militaires de déposer les armes. Et de se rendre. Nos militaires ont refusé. Ils sont tous morts. Tous, jusqu’au dernier », raconte l’ambassadeur d’Ukraine. Les soldats ont reçu à titre posthume le titre de « héros de l’Ukraine ». Les parlementaires présents au Sénat leur ont rendu aussi hommage par une minute de silence.

« Des civiles ont pris les armes et ont arrêté l’armée régulière russe »

Ce fait de guerre illustre le combat que mènent les Ukrainiens, prêts à mourir pour défendre leur pays. Des Ukrainiens, et pas seulement des soldats ukrainiens, précise Vadym Omelchenko : « L’Ukraine se défend. Hier, l’attaque massive de l’armée régulière russe, dans le Nord de l’Ukraine, a été arrêtée par les unités de défense territoriale. Ce sont des civiles qui ont pris les armes et ont arrêté l’armée régulière », soutient l’ambassadeur ukrainien.

Lire aussi : Ukraine : « Si le pire des scénarios, c’est l’attaque d’un pays de l’Otan par la Russie, il faut s’y préparer », selon la chercheuse Anna Colin Lebedev

Depuis « le 24 février 2022, à 5 heures du matin », où « la Russie a accompli un acte d’agression ouverte contre l’Ukraine », le pays se bat. « Tous les territoires » ukrainiens sont visés. L’aéroport d’Hostomel, base historique du constructeur d’avion ukrainien Antonov, pris dans un premier temps par l’armée russe, a été repris par les Ukrainiens. Le site, situé à 35 km au Nord-Ouest de la capitale, Kiev, est stratégique. « La piste est adaptée pour les gros-porteurs » et pourrait être « utilisée comme base pour l’arrivée des paras russes ». Kiev a encore été visée par « des bombes », aujourd’hui, à 4 heures du matin, « mais l’armée et le système de défense résistent et abat ces fusées ». Mais jusqu’à quand ?

« Ce n’est un secret pour personne que les dirigeants russes copient Hitler »

Alors que Vladimir Poutine dit vouloir « dénazifier » l’Ukraine, le dignitaire ukrainien compare l’attaque de Moscou à celle de « 1941, quand Kiev a été bombardée par l’aviation de l’Allemagne nazie. Et ce n’est un secret pour personne que les dirigeants russes copient Hitler. Cette crise a été créée et montée en puissance uniquement par une seule partie : la Russie », dénonce Vadym Omelchenko, « l’Ukraine n’a jamais menacé personne ».

Lire aussi : Ukraine : « Il y a le risque d’une troisième guerre mondiale », avertit Christian Cambon

Pour l’ambassadeur ukrainien, la menace russe ne se limite pas à son pays. « Aujourd’hui, la Russie nucléaire a pour objectif de détruire l’Etat ukrainien. Mais en réalité, l’objectif est tout autre. Les dirigeants russes ont créé leur propre monde, leur propre religion et dans ce monde, l’Europe n’existe pas, l’Europe est faible. Leur objectif est de diviser définitivement l’Europe. Dans leur vision, les Etats-Unis aussi sont faibles », décrypte l’ambassadeur. Il ajoute : « C’est une menace contre le monde entier ».

« Dans son discours dit "historique", Vladimir Poutine n’a pas parlé d’autre chose que de déclaration de nouvelle guerre mondiale. La fédération de Russie menace la liberté et la démocratie dans le monde entier. C’est une menace universelle et la réponse doit être universelle », alerte Vadym Omelchenko.

« 800 militaires morts côté russe, 7 avions et 6 hélicoptères russes abattus, 30 chars et 130 blindés détruits »

L’ambassadeur a donné son décompte des pertes infligées à l’adversaire : « 800 militaires sont morts côté russe. 7 avions russes ont été abattus et 6 hélicoptères russes, 30 chars et 130 blindés ont été détruits en une journée », assure l’ambassadeur, sans que ces chiffres puissent être vérifiés.

« Nous résistons et infligeons des pertes à l’ennemi », « nous tenons nos lignes de défense » dans le Donbass, où « ils n’ont pas avancé d’un seul mètre », soutient-il. Mais « la situation la plus problématique est dans le Sud du pays », notamment près de la Crimée. La bataille est d’autant plus difficile que « l’avantage stratégique » de la Russie, « c’est que pour ses dirigeants, la vie humaine de leurs propres concitoyens ne vaut rien ».

« Nous ne demandons pas de soldats », lance le responsable ukrainien, alors que l’Otan et l’Europe n’entendent pas intervenir militairement, « nous sommes conscients que nous sommes seuls ». Mais son armée a « besoin de combustible » pour ses véhicules et de « plaquettes pour le sang ». Il demande aussi des « sanctions » économiques fortes et « l’expulsion des ambassadeurs russes de vos pays ». Mais s’il n’appelle pas à une intervention armée des Occidentaux, l’ambassadeur demande peu après de « donner à l’Ukraine tous les moyens de défense, jusqu’à à l’introduction de contingents militaires pour contenir l’agresseur ». L’ambassadeur termine son discours. L’assemblée se lève pour une standing ovation. Le soutien international, essentiel, risque néanmoins de rester insuffisant face aux forces russes.

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