La sénatrice Samia Ghali veut interdire les navires de croisière polluants dans les ports
Face à l’énorme pollution que représentent les paquebots qui stationnent dans les ports, la sénatrice des Bouches-du-Rhône a déposé un amendement, dans le cadre du texte énergie et climat, pour interdire les navires les plus polluants en 2024. Marseille est directement concernée.

La sénatrice Samia Ghali veut interdire les navires de croisière polluants dans les ports

Face à l’énorme pollution que représentent les paquebots qui stationnent dans les ports, la sénatrice des Bouches-du-Rhône a déposé un amendement, dans le cadre du texte énergie et climat, pour interdire les navires les plus polluants en 2024. Marseille est directement concernée.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Pourquoi les bateaux seraient épargnés par la question écologique ? » C’est la question que pose la sénatrice des Bouches-du-Rhône, Sami Ghali. La sénatrice des quartiers nord de Marseille profite de l’examen au Sénat du projet de loi de François de Rugy sur l’énergie et le climat pour viser les bateaux de croisière. Ces paquebots polluent énormément.

Selon une étude publiée en juin dernier par l’ONG Transport & Environment, Carnival Corporation, leader mondial de la croisière de luxe, a émis en 2017 avec ses 47 navires opérant en Europe dix fois plus d’oxyde de soufre autour des côtes que l’ensemble des 260 millions de véhicules du parc européen. En France, la cité phocéenne est aux premières loges de cette pollution. « A Marseille, par exemple, 57 navires de croisière ont émis en 2017 presque autant d’oxyde d’azote que le quart des 340 000 voitures de tourisme de la ville » écrit l’ONG.

« Je ne vois pas pourquoi on serait obligé de subir l’arrivée de bateaux polluants »

Face à cette situation, Samia Ghali propose, via un amendement déposé sur le texte, une solution radicale : interdire « à partir du 1er janvier 2024, le séjour en port des navires les plus polluants ». Les seuils seraient définis ensuite par décret. « Je ne vois pas pourquoi on serait obligé de subir l’arrivée de bateaux polluants. On ne peut pas dire aux Français qu’il faut interdire les véhicules les plus polluants dans la ville et ne pas le faire pour des bateaux qui polluent autant que les véhicules, sous prétexte qu’ils sont sur l’eau » explique la sénatrice, membre du groupe PS, mais qui n’a plus sa carte au Parti socialiste.

« Les quartiers Nord sont plus touchés, mais toute la ville est impactée » précise la sénatrice. Samia Ghali insiste sur le danger que représente cette pollution :

« Je ne suis pas opposée à ce que le tourisme de croisière se développe, mais pour que ça fonctionne bien, il faut s’ils s’équipent pour ne plus être polluants. Ça ne peut plus être des usines à cancer, ce n’est pas possible. Sur la région de Marseille, les cancers de la vessie ont explosé ».

La sénatrice a déposé un autre amendement afin de taxer les navires polluants. Il s’agit d’« intégrer dans le calcul des droits de port, la pollution engendrée par les carburants des navires qui stationnent dans les ports maritimes français ». De quoi financer, dans l’esprit de Samia Ghali, « l’électrification immédiate » de tous les quais. « Les bateaux de la SNCM sont déjà électrifiée à quai pour éviter de faire tourner les moteurs et polluer. Les autres ne le sont pas » souligne l’élue des Bouches-du-Rhône, qui ne cache pas ses ambitions pour la mairie de Marseille. La question de la pollution des navires est un enjeu local. La France insoumise a fait avec Jean-Luc Mélenchon une opération, fin mai, pour dénoncer la pollution de ces géants des mers.

 

Partager cet article

Dans la même thématique

La sénatrice Samia Ghali veut interdire les navires de croisière polluants dans les ports
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

La sénatrice Samia Ghali veut interdire les navires de croisière polluants dans les ports
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

La sénatrice Samia Ghali veut interdire les navires de croisière polluants dans les ports
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le