La « taxe soda » à nouveau en débat
Les députés souhaitent renforcer la taxe sur les boissons sucrées, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale. Mais selon le sénateur PS Yves Daudigny, il faut plutôt une grande loi de santé publique pour renforcer la prévention.

La « taxe soda » à nouveau en débat

Les députés souhaitent renforcer la taxe sur les boissons sucrées, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale. Mais selon le sénateur PS Yves Daudigny, il faut plutôt une grande loi de santé publique pour renforcer la prévention.
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Revoilà la « taxe soda ». Instaurée par Nicolas Sarkozy en 2011, on reparle de la taxe sur les boissons sucrées à la faveur du débat sur le budget 2018 de la Sécurité sociale. Le rapporteur à l’Assemblée du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS), le député LREM Olivier Véran, défend une hausse de cette taxe (voir le sujet vidéo de Samia Dechir). Aujourd’hui, la taxe est la même, quel que soit le niveau de sucre dans la boisson.

Le gouvernement ne semble pas en faire une priorité

« Les taxes existantes sont faibles, avec un impact qui reste à évaluer » affirme le député aux Echos. Mais la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, ne semble pas en faire une priorité. Lors de son audition en commission à l’Assemblée nationale mercredi, elle a mis en garde contre le risque de « taxer les plus pauvres », évoquant plutôt la prévention, via « l'éducation à la santé ou l'éducation à la parentalité ».

Cette tentative d’augmenter la taxe soda n’est pas une première. Des amendements ont déjà été rejetés en 2014, en 2015 et en 2016. Mais cette taxe est-elle une bonne idée ? « Est-ce qu’il y a un problème d’obésité dans notre pays ? Oui. Est-ce que la consommation de soda contribue à l’obésité et développe le diabète ? Oui. Faut-il mener une politique de santé publique pour lutter contre ? Oui. J’inciterais plutôt le gouvernement à mettre en place une loi de santé publique qui traite les différents problèmes de santé publique –  consommation d’alcool, tabac, les corps gras, les produits sucrés – par la  prévention » affirme le sénateur PS de l’Aisne, Yves Daudigny, ancien président de la commission des affaires sociales du Sénat. Il est l’auteur, avec la sénatrice LR Catherine Deroche, d’un rapport sénatorial sur les taxes comportementales, en 2014.

« C’est vraiment la prévention qui est nécessaire »

Le nutritionniste Arnaud Cocaul n’est pas plus convaincu. « Je n’y crois absolument pas » a-t-il affirmé sur le plateau de Public Sénat, « en aucun cas cela va résoudre les problèmes d’obésité ». « Ça va taxer essentiellement les populations modestes, qui se rabattent le plus sur ce type de boisson » ajoute le nutritionniste. « C’est vraiment la prévention qui est nécessaire. Il faut avoir un discours étalonné selon le type de population qu’on cible. (…) Les bandeaux défilant sous les publicités ne servent à rien. (…) Dire qu’il faut manger cinq fruits et légumes par jour, les gens n’y comprennent rien ». Regardez :

Contre les boissons sucrées « c’est vraiment la prévention qui est nécessaire » selon le nutritionniste Arnaud Cocaul
00:51

Une autre taxe est aussi évoquée : le renforcement de la taxe sur les alcools fort, au-delà de 15 degrés. Manière d’en exclure le vin. On imagine déjà les amendements en séance et les débats pour savoir s’il faut inclure ou non les alcools à partir de 10 ou 12 degrés. L’exécutif serait plus favorable à cette taxe sur les alcools forts. Mais dans quel but, là aussi ? « La taxe est un signal qui est donné et qui peut avoir une influence positive » reconnaît Yves Daudigny, mais « s’il s’agit de créer une recette de poche pour boucler un budget, le signal n’est pas bon ». Selon Le Figaro, la taxe soda pourrait être affectée à la Sécurité sociale agricole pour financer les retraites des agriculteurs.

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