Le Parti communiste espère chasser les doutes et achever une délicate passation de pouvoir de l'actuel secrétaire national Pierre Laurent à...
La transition entre Pierre Laurent et Fabien Roussel au cœur du Congrès du PCF
Le Parti communiste espère chasser les doutes et achever une délicate passation de pouvoir de l'actuel secrétaire national Pierre Laurent à...
Par Baptiste BECQUART
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Le Parti communiste espère chasser les doutes et achever une délicate passation de pouvoir de l'actuel secrétaire national Pierre Laurent à Fabien Roussel, lors de son Congrès à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) de vendredi à dimanche.
Le vote des délégués dimanche devrait entériner la désignation de Fabien Roussel comme nouveau secrétaire national, mardi par la commission des candidatures du parti. Il succèdera à Pierre Laurent, en poste depuis 2010, qui devrait devenir président du Conseil national, le parlement du parti.
"Lors des congrès des fédérations départementales les deux derniers week-ends, les communistes ont exprimé la volonté qu'on s'entende, on avait donc une responsabilité", explique à l'AFP Fabien Roussel, député du Nord.
"Pierre Laurent a fait deux mandats, on ne peut pas du jour au lendemain accepter que son travail soit réduit à néant, c'est normal qu'il veuille garder une influence", explique-t-on dans l'entourage du sénateur de Paris.
"Il ne sera pas numéro 2, il n'y aura pas de direction bicéphale", assure cependant le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles.
Mais le Congrès ne sera pas une simple chambre d'enregistrement de ce nouveau rapport de forces dans un parti relégué à la marge après son absence aux deux dernières présidentielles et son faible score aux législatives de 2017.
Car si les âpres discussions sur l'équipe de direction et la stratégie ont permis d'aboutir à un compromis, elles devraient se poursuivre.
Le "Manifeste pour un PCF du XXIe siècle" soutenu par Fabien Roussel et qui a battu, début octobre dans un vote des adhérents, le texte de Pierre Laurent (42,1 contre 37,9% des voix), a déjà été "très largement modifié" via quelque 3.000 amendements, de l'aveu même du premier. D'autres suivront ce weekend.
- "Parler à la société" -
Les cadres des différentes fédérations et des instances nationales débattront par exemple, pour peut-être l'atténuer, du bilan très critique des dernières années de la direction dressé par le "Manifeste".
Le député communiste du Nord Fabien Roussel, à l'Assemblée nationale, le 3 avril 2018
AFP/Archives
Ils examineront aussi la proposition par ce texte d'une fière et franche affirmation des communistes, notamment à travers la présentation de candidats autonomes à toutes les élections, dont la présidentielle de 2022.
Selon Pierre Laurent, "le PCF est un des acteurs politiques mais n'est plus un parti d'avant-garde, cette conception est dépassée". "Le PCF ne peut pas à lui seul renverser les tables", abonde Olivier Dartigolles.
"Parler aux autres formations politiques c'est important, mais le travail premier d'un parti c'est de parler à la société", estime pourtant Ian Brossat.
La question de l'autonomie des communistes aux européennes, que ce jeune adjoint au maire de Paris et soutien de Fabien Roussel mène pour cette élection, est emblématique des débats internes, et sera définitivement tranchée au Congrès.
Fabien Roussel promet de son côté vouloir "travailler dans la confiance", tout en écartant l'hypothèse que le texte vainqueur soit "dénaturé".
Le spectre de la division pourrait finalement surgir d'une éventuelle liste concurrente élaborée par les représentants du texte arrivé en troisième position, "Pour un printemps du communisme" (11,9% des voix), favorable à un rapprochement avec La France insoumise.
La députée des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon, l'une de ses signataires, a notamment critiqué "les petits arrangements au sommet" entre Pierre Laurent et Fabien Roussel, qui assure lui avoir proposé de participer à l'équipe dirigeante. Une liste peut être déposée jusque dans la nuit de samedi à dimanche.
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