La victoire des Bleus, carton plein pour Macron et la France
La victoire des Bleus au Mondial tombe à point nommé pour le président Emmanuel Macron qui a fait du "retour de la France" son mot d'ordre sur...

La victoire des Bleus, carton plein pour Macron et la France

La victoire des Bleus au Mondial tombe à point nommé pour le président Emmanuel Macron qui a fait du "retour de la France" son mot d'ordre sur...
Public Sénat

Par Valérie LEROUX

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La victoire des Bleus au Mondial tombe à point nommé pour le président Emmanuel Macron qui a fait du "retour de la France" son mot d'ordre sur la scène internationale.

"Le monde à vos pieds", "Moscou est conquis, mieux que Napoléon" : la presse étrangère rivalisait de superlatifs lundi pour saluer la performance de l'équipe de France en Russie.

"Vous faites la fierté de votre pays, bravo", a renchéri le Premier ministre français, Edouard Philippe, s'adressant aux Bleus dans un tweet.

"Cette victoire va renforcer l'image de la France pour plusieurs années et donc l'image de celui qui en est à la tête de façon quasi-automatique", analyse Pascal Boniface, directeur de l'Institut de Relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris.

Après avoir "capté la lumière" pendant un an, Emmanuel Macron, déterminé à incarner une France de nouveau confiante en elle-même et réformatrice, connaît un "trou d'air", constate-t-il.

"L'absence de résultats avec l'Allemagne (sur la réforme de l'Europe, ndlr), avec les Etats-Unis de Donald Trump fait un peu pâlir son étoile", estime-t-il.

Ses ambitions européennes sont contrariées par l'affaiblissement de son alliée, la chancelière Angela Merkel, et par la marche ininterrompue des populistes vers le pouvoir, y compris en Italie, pays fondateur de l'UE. Sur le nucléaire iranien, la Libye, la Syrie, les initiatives françaises peinent aussi à se concrétiser.

- "Effet de loupe" -

Avec le triomphe des Bleus, la France se retrouve au firmament du sport roi de la planète. "Même en Corée du Nord on est au courant de leur exploit!, relève Pascal Boniface, expert en géopolitique du sport.

Des Jeux olympiques aux grand-messes du ballon rond, le sport est devenu un outil de puissance, le fameux "soft power" conféré non plus par la force mais par l'image.

"Cette victoire a évidemment un effet de loupe sur la France", confirme Paul Dietschy, professeur d'histoire contemporaine à l'université de Franche-Comté et historien du football.

Si l'étoile de la France va briller plus fort -elle accueillera aussi la coupe du Monde de rugby en 2023 et les JO de 2024 - les bénéfices diplomatiques potentiels seront plutôt à chercher du côté de la Russie.

Le Président français Emmanuel Macron lors de la finale du Mondial de foot au stade Lujniki à Moscou le 15 juillet 2018
Le Président français Emmanuel Macron lors de la finale du Mondial de foot au stade Lujniki à Moscou le 15 juillet 2018
SPUTNIK/AFP

"Le sport est souvent un prétexte. Les voyages de Macron en Russie pour la demi-finale et surtout la finale, avec de surcroît une France victorieuse, cela peut donner l'occasion d'un autre dialogue avec Poutine", considère Paul Dietschy.

Emmanuel Macron a d'ailleurs fait un crochet par le Kremlin et discuté des sujets de tension du moment avec son homologue Vladimir Poutine avant de rejoindre le stade Loujniki pour la finale France-Croatie.

- "Vive la République" -

"De même que les pongistes sino-américains en 1971 avaient permis de retisser des liens entre la Chine et les Etats-Unis, on peut imaginer que cela puisse faciliter un dialogue franco-russe", esquisse Paul Dietschy.

Vingt ans après sa première victoire au Mondial, immortalisée par la célèbre devise "black blanc beur", la France apparaît aussi de nouveau rassemblée derrière ses joueurs, Français d'origine ou issus de l'immigration. Et comme galvanisée, après la vague d'attentats jihadistes qui l'ont durement ébranlée.

Le président russe Vladimir Poutine reçois au Kremlin à Moscou son homologue français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron,le 15 juillet 2018
Le président russe Vladimir Poutine reçois au Kremlin à Moscou son homologue français Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron,le 15 juillet 2018
POOL/AFP

"Vive la France, vive la République! ", ont scandé les jeunes champions dimanche soir, au côté d'Emmanuel Macron, comme pour mieux conjurer les dérives communautaristes de ces dernières années.

"On veut espérer que cette France, si prompte d'ordinaire à douter, à macérer dans ses divisions, décide de puiser ici l'énergie pour aller de l'avant", résumait lundi le quotidien La Montagne.

Le président Macron va devoir désormais transformer l'essai politiquement, un pari tout aussi audacieux que celui des Bleus.

"Cela fait du bien au moral du pays mais ce qui va compter pour 2022 (prochaine présidentielle), c'est le taux de chômage, pas la deuxième étoile", pointe Pascal Boniface.

Partager cet article

Dans la même thématique

La victoire des Bleus, carton plein pour Macron et la France
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le