Sous pression intense de son camp, qui semble préparer sa sortie de la course à l’Élysée et son remplacement par Alain Juppé, François Fillon préside un "grand rassemblement" de partisans aux allures de baroud d'honneur, dimanche au Trocadéro.
Des slogans "Fillon, tiens bon!", "On va gagner" retentissaient sur la place parisienne proche de la Tour Eiffel, où des milliers de personnes, drapeaux tricolores en main, avaient convergé dès le début de l'après-midi, sous une pluie battante avant une éclaircie.
L'ancien Premier ministre, de plus en plus lâché par les cadres de son parti Les Républicains, devait délivrer vers 15H30 un discours offensif mais émaillé de messages à sa famille politique.
Penelope et François Fillon, le 29 janvier 2017 lors d'un meeting à Paris
AFP/Archives
Le vainqueur de la primaire de la droite semble tirer une des dernières cartouches pour se sortir de la nasse où l'ont plongé les emplois présumés fictifs de sa femme Penelope et de deux de ses enfants. Mme Fillon est même sortie de son silence dans une longue interview au JDD, assurant avoir effectué des "tâches très variées" comme collaboratrice parlementaire et avoir conseillé à son mari de "continuer jusqu'au bout".
Inquiets de sondages donnant désormais leur ex-champion éliminé dès le premier tour de la présidentielle, derrière Marine Le Pen et Emmanuel Macron, quelque 250 élus lui ont retiré leur soutien. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy se sont parlé samedi soir pour étudier "les sorties de crise". Christian Estrosi a annoncé dimanche une prochaine "initiative" dans le même sens avec Valérie Pécresse et Xavier Bertrand.
Des manifestants pro-Fillon se rassemblent place du Trocadéro à Paris, le 5 mars 2017
AFP
Les fillonistes restés fidèles attendaient entre "40 et 45.000 personnes" au Trocadéro, rassemblement organisé avec le concours de Sens commun, émanation politique controversée de la Manif pour tous.
Si des élus fidèles comme Éric Ciotti ou Luc Chatel, ainsi que certains ténors du parti étaient là, d'autres figures LR, critiques de cette initiative pouvant apparaître comme une manifestation contre la justice et la presse, manquaient à l'appel.
Tout est fait "pour éviter tout dérapage", a affirmé à l'AFP Pierre Danon, un des organisateurs: service d'ordre de 200 personnes, banderoles et sacs interdits.
- 'Ne pas humilier ses électeurs' -
Coordinateur de la campagne de M. Fillon, Bruno Retailleau avait estimé samedi: "De deux choses l'une: il y a beaucoup de monde même si on annonce de la pluie, il y a moins de monde et j'imagine qu'en son âme et conscience, il pèsera le pour et le contre."
"Le renoncement aurait été une facilité pour lui et sa famille, c'est un chemin de croix qu'ils vivent", a-t-il considéré dimanche sur LCI.
François Fillon lors d'un meeting à Aubervilliers, près de Paris, le 4 mars 2017
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La tension est encore montée d'un cran samedi, lorsque le parti a annoncé un comité politique avancé à lundi "pour évaluer la situation" à sept semaines de la présidentielle.
La nouvelle de cette convocation, à l'instigation de Bernard Accoyer et Gérard Larcher, deux proches du candidat qui s'en sont éloignés ces dernières semaines, est tombée en plein discours de M. Fillon à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) dans une salle pas comble où se trouvaient quelque 1.500 partisans.
"Ils veulent le +débrancher+, c'est la guerre", a confié à l'AFP un ancien ministre resté fidèle. "Mais ce comité Théodule n'a aucune valeur règlementaire" et "François Fillon a la légitimité de la primaire" plus "l'argent" lié à la victoire, jugeait un autre filloniste.
François Fillon en meeting à Aubervilliers, le 4 mars 2017
AFP
Leur champion a lancé samedi un nouvel appel à la résistance de ses soutiens: "N'abdiquez pas, ne renoncez jamais!"
Un ténor du parti jugeait récemment: "Il faut qu’il se retire mais il faut qu’il le fasse lui-même. Il ne faut pas humilier ses électeurs. Qu’est-ce qu’ils voteront si François Fillon part?"
"Le fameux +plan B+ entraînera des déchirements dans notre famille politique", selon M. Retailleau.
A LR de "trouver une solution de sortie, qui garantisse à François Fillon qu'il n'y aura pas de lutte fratricide", a jugé le patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde. En cas de blocage dans le parti, Jean-Louis Borloo pourrait, selon M. Lagarde, être sollicité comme candidat centriste.
Jugeant qu'il aurait été "plus logique" que, "abandonné par tous, M. Fillon "passe la main", le candidat socialiste Benoît Hamon a déploré sur C8 que "cela empêche le débat présidentiel" et de "parler des questions essentielles pour les 5-10 ans qui viennent".
A l’issue du Conseil de sécurité, ce jeudi 22 octobre, Emmanuel Macron a exprimé sa volonté d’interdire « partout où on le peut », les manifestations qui ne seraient pas organisées par les syndicats. Un durcissement qui s’ajoute aux précédentes mesures déjà annoncées le 18 octobre.
Répondant à l’appel d’associations et de syndicats, plusieurs dizaines de milliers de contre-manifestants sont attendus, ce week-end, à Orléans, pour protester contre le congrès du RN. L’occasion pour Marine Le Pen et les cadres du parti de rappeler l’une de leurs mesures phares : la fin des subventions publiques aux associations « politisées ».
Invité de la matinale de Public Sénat, Michel Barnier a renouvelé son soutien à Bruno Retailleau, tout en défendant le principe d’une candidature unique à droite et au centre, désigné par une primaire.
Invité de la matinale de Public Sénat, le député de Paris, Michel Barnier considère que le gouvernement devra faire adopter le budget par 49.3 ou par ordonnances afin de tenir l’objectif de réduction du déficit public à 5 % du PIB.