Laïcité dans le Sport : la ministre, Marie Barsacq assure que « le gouvernement dans son ensemble » soutient la proposition de loi du Sénat

Interrogée par les sénateurs sur sa position au sujet de proposition de loi LR visant à interdire le port de signes religieux dans les compétitions sportives et dans les piscines municipales, la ministre des Sports, Marie Barsacq a indiqué que « le gouvernement dans son ensemble soutenait » le texte. Le mois dernier, elle avait affirmé « que le port du voile n’était pas de l’entrisme ».
Simon Barbarit

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Voilà un texte qui clive au sein de l’exécutif. En février, le Sénat a adopté une proposition de loi portée par Les Républicains visant à interdire le port de signes religieux dans les compétitions sportives et dans les piscines municipales. Un texte qui a reçu le soutien des poids lourds du gouvernement, comme Gérald Darmanin et Bruno Retailleau mais aussi dans un premier temps, de François Bayrou, avant d’alerter sur le risque de « stigmatiser nos 9 millions de compatriotes musulmans ».

La ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative, Marie Barsacq avait, elle, pris le contrepied des ministres de la Justice et de l’Intérieur en mettant en garde contre « les confusions » et les « amalgames ». « La laïcité ne se résume pas au fait de porter ou non le voile », « le port du voile ce n’est pas de l’entrisme » […] « l’entrisme ne se résume pas au port du voile », « ces sujets sont compliqués », avait-elle poursuivi devant les députés.

Un mois plus tard, auditionnée par la commaission de la culture, de l’éducation et du sport du Sénat, les élus de droite l’attendaient logiquement au tournant. Le sénateur LR, Max Brisson a allumé la première mèche. « Vous n’étiez pas au banc lorsque nous avons examiné l’excellente proposition de loi de Michel Savin (sénateur LR, auteur du texte NDLR), donc c’est l’occasion unique de dire votre position sur la proposition de loi de notre collègue, sur le sujet de la neutralité religieuse dans la pratique sportive. Quelle suite comptez-vous donner à cette proposition de loi ? ».

« Je trouve que vous avez une vision anglo-saxonne de la laïcité dans le sport qui est troublante »

Jacques Grosperrin (LR) est, lui, plus offensif. « Je trouve que vous avez une vision anglo-saxonne de la laïcité dans le sport qui est troublante. Quand vous dites que le voile n’est pas de l’entrisme, je crois que vous vous trompez ».

La ministre a pu néanmoins compter sur le soutien de Mathilde Ollivier (écologiste). « Vous avez dit que le port du voile ce n’est pas de l’entrisme. Merci pour ces mots, merci de rappeler l’évidence que certains ici ont oubliée. Je vous remercie pour le courage de votre position à contrecourant de vos collègues du gouvernement ».

Marie Barsacq n’avait visiblement pas envie de transformer l’essai, paraissant embarrassée par ces interpellations. Dans un premier temps, elle s’est donc simplement bornée à rappeler le calendrier parlementaire. « L’ordre du jour de l’Assemblée nationale est beaucoup plus favorable aux députés qu’au gouvernement […] Nous avons 6 chantiers prioritaires dont certains ont pris du retard. Ce qui fait que l’inscription de cette proposition de loi devra être à l’initiative des groupes parlementaires ».

Pas de quoi satisfaire Jacques Grosperrin qui n’a pas hésité à la relancer. « Vous nous donnez le calendrier. Mais on aurait aimé savoir votre position. Est-ce que vous la soutiendrez ? » La ministre a fait alors le service minimum en déclarant : « Le gouvernement dans son ensemble soutient la proposition de loi telle qu’elle a été votée (par le Sénat). Je pensais que c’était clair », a-t-elle justifié.

Coupes sur les services civiques

Marie Barsacq n’était pas venue avec de bonnes nouvelles à la chambre haute en confirmant des annulations de crédits pour son ministère cette année. « Ce sont 91 millions de réserves de crédits qui sont annulées, 24 millions pour le Sport et 45 millions sur la jeunesse et la vie associative, et 23 millions pour les JO 2024 donc sans impact sur l’activité », a-t-elle détaillé. Pour reconstituer des réserves de crédits l’exécutif va piocher dans le service civique dont le nombre est actuellement réduit de 150 000 contrats à 135 000. « Ce sont des crédits gelés. Mais on peut espérer un dégel d’ici cet été car les missions de services civiques commencent à la rentrée », a-t-elle esquissé.

L’ancien ministre des Sports, Patrick Kanner a qualifié « d’ineptie technocratique et budgétaire que de vouloir geler les crédits du plus petit budget de l’État pour une politique publique qui est indispensable ».

 

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