« L’Aide médicale d’Etat est un dispositif nécessaire qui répond à un impératif de santé publique », clarifie Élisabeth Borne

Alors que l’Aide médicale d’Etat vient d’être supprimée par le Sénat dans le cadre de l’examen du projet de loi immigration, Patrick Kanner, président du groupe socialiste, dénonce les ambiguïtés du gouvernement sur cette disposition.
Henri Clavier

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 « Depuis la mise en place de l’Aide médicale d’Etat (AME) par le gouvernement de Lionel Jospin en 1999, les détracteurs de cette mesure sont toujours les mêmes, l’extrême droite », fustige Patrick Kanner après le vote au Sénat de la suppression de l’AME. Une demande de longue date de la droite sénatoriale qui y voit un « appel d’air » pour l’immigration. Alors que Gérald Darmanin avait fait savoir qu’il y était favorable à titre personnel, la ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des professions de santé, Agnès Firmin Le Bodo a exprimé, hier en séance, un avis de sagesse au Sénat et non un avis favorable sur l’amendement de la gauche visant à maintenir l’AME. « Sans opposition de votre gouvernement une digue de plus vient de sauter », avance Patrick Kanner ajoutant qu’une « certaine idée de la république sociale est bafouée ».

 « Ma position est sans ambiguïté, c’est celle que mon gouvernement a exprimée hier »

 « Ma position est sans ambiguïté, c’est celle que mon gouvernement a exprimée hier », répond Élisabeth Borne, non sans provoquer un certain étonnement sur les bancs de la gauche. La Première ministre a rapidement clarifié la situation en reprenant la position du ministre de la Santé, Aurélien Rousseau. « L’AME est un dispositif nécessaire qui répond à un impératif de santé publique », affirme Élisabeth Borne, la présentant également comme « une protection pour l’ensemble de nos citoyens qui permet de prévenir la propagation de certaines maladies ». Si le gouvernement a laissé le Sénat travailler sur le sujet, cela pourrait être pour mieux revenir sur la suppression de l’AME lors de l’examen du projet de loi immigration à l’Assemblée nationale.

Par ailleurs, la Première ministre a tenu à rejeter catégoriquement les accusations de glissement vers le registre et la rhétorique de l’extrême droite en précisant que « l’AME est un dispositif très encadré et surveillé, le plus contrôlé de l’assurance maladie ». Dans ce contexte, le gouvernement attendra la remise du rapport Evin/ Stefanini sur le sujet afin de bénéficier d’un « diagnostic précis », affirme Élisabeth Borne qui rappelle que l’AME a déjà été réformée en 2019.

 

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