Pluraliste, écologiste, humaniste et anti-raciste: créé par des membres de La France insoumise mais se voulant "indépendant" de tout parti politique, "Le Media citoyen" entame mercredi lors d'une soirée de lancement une levée de fond pour avoir les moyens de se développer sans dépendre de grands intérêts financiers.
Créé à l'initiative de Sophia Chikirou, directrice de communication de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, "Le Média citoyen" diffusé gratuitement sur internet lancera sa première émission le 15 janvier, avant de s'étoffer, autant que faire se peut.
Il s'agira d'un journal télévisé, à 20 Heures, "le vaisseau amiral" de la chaîne, explique Gérard Miller, son co-directeur. "Un journal généraliste, avec les codes du 20 heures habituel que les gens connaissent", complète Aude Rossigneux, sa rédactrice en chef. Une douzaine de journalistes seront recrutés d'ici début décembre. Elle assure avoir déjà reçu environ 150 CV de journalistes, y compris "en CDI dans des rédactions prestigieuses", se réjouit-elle.
A l'origine du projet, ses concepteurs disent avoir fait le constat du "rôle affligeant de certains éditorialistes des grands médias" pendant la séquence électorale 2016-2017. Rappelant que "90% des médias français sont détenus par neuf milliardaires", Gérard Miller estime que "s'ils investissent alors que la presse perd de l'argent, c'est qu'ils ont un retour sur investissement idéologique".
"Quand bien même les journalistes assurent ne pas recevoir d'ordres", estime-t-il, évoquant "des intérêts de classe qui dominent".
Alors, comme des agriculteurs bio se sont constitués en coopératives pour contourner la vente en grandes surfaces, ils ont eu l'idée de fabriquer un média complètement indépendant des intérêts financiers et qui fonctionnerait sur le long terme grâce au bon vouloir des citoyens.
- De Poutou à Joxe -
Dans une tribune parue lundi dans Marianne, Aude Rossigneux refuse "l'injonction d'objectivité" souvent faite aux journalistes. "La différence entre un média +objectif+ et un média engagé ? L'un fait semblant de ne pas avoir d'avis. L'autre assume une ligne éditoriale", estime-t-elle, préférant en référer à son "honnêteté".
"Si l'on admet que les historiens peuvent être marxistes, conservateurs, ou libéraux dans leur lecture des faits, alors pourquoi ne pas reconnaître ce droit aux reporters, historiens de l'immédiat ?", justifie la rédactrice en chef qui répète ne pas appartenir à La France insoumise, contrairement aux deux directeurs de la chaîne.
N'y-a-t-il pas un risque alors d'aboutir à une "télé-Mélenchon ?" Elle s'en défend au nom de sa crédibilité professionnelle construite depuis 20 ans du Parisien Magazine à "Mots croisés" sur France 2. Elle tient à sa carte de presse "même si je considère qu'elle ne doit pas me faire renoncer à ma carte d'électeur", argumente-t-elle.
Gérard Miller à Paris le 26 février 2007
AFP/Archives
"Le Média ne se fera pas avec des gens qui ont tous le même point de vue, c'est d'ailleurs ce qui gène ceux qui s'opposent à notre projet", raille Gérard Miller en rappelant que "le manifeste pour un nouveau média citoyen", publié fin septembre dans Le Monde était certes signé par Jean-Luc Mélenchon, mais aussi par Philippe Poutou, Arnaud Montebourg, Eva Joly ou Pierre Joxe.
Le Manifeste définit "un nouveau média fondamentalement alternatif par sa gouvernance, son modèle économique et son fonctionnement". Il sera engagé car "coopératif" et "indépendant", "collaboratif", "pluraliste", "culturel et francophone", "humaniste et anti-raciste", "féministe", "écologiste et progressiste". Le qualificatif "de gauche" n'apparaît pas.
La structure juridique et financière précise sera dévoilée mercredi lors d'une soirée de lancement retransmise sur Youtube à partir de 20H00, en présence de nombreuses personnalités signataires du Manifeste, comme la journaliste Aude Lancelin, l'ancien député écologiste Noël Mamère, l'étudiant Julien Malara qui anime "Demos Kratos" sur Youtube ou encore l'humoriste Bruno Gaccio.
Idéalement, ses concepteurs veulent créer quelque chose qui "se rapproche d'une coopérative", avec des "parts" qui ne seraient pas des actions mais davantage des "titres de propriété" qu'il ne sera pas possible de "revendre aux plus offrants". Un système de contributions régulières assurera parallèlement le fonctionnement du média, assure l'équipe.
Dans la nuit, le Sénat a adopté la proposition de loi relative à l’aide à mourir mais en supprimant les deux articles phares, le principe de l’assistance à mourir et ses modalités, rendant le texte inopérant. La majorité sénatoriale s’est divisée sur la version rédigée par la commission des affaires sociales qui préconisait une version de compromis. Le patron de LR, Bruno Retailleau avait indiqué qu’il rejetterait le texte quelle que soit sa rédaction.
Le Sénat a voté en faveur « d’un droit opposable au soulagement » lors de l’examen de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. Après avoir rejeté l’article qui fixait les conditions, le Sénat est donc également revenu sur le principe de « l’assistance médicale à mourir », défendue par la commission des affaires sociales ».
Coup de théâtre, mercredi les sénateurs ont rejeté l’article 4, le cœur de la proposition de loi relative à l’aide à mourir. La commission des affaires sociales avait considérablement réduit la portée du texte en remplaçant un « droit à l’aide à mourir » par « une assistance médicale à mourir », pour les malades dont le pronostic vital » est engagé à très court terme. La majorité sénatoriale divisée n’est pas parvenue à s’entendre sur cette version.
Suite aux recours au 49.3 par le premier ministre pour faire adopter le budget, Sébastien Lecornu a écrit aux parlementaires pour expliquer les principales mesures de ce budget de compromis. Une lettre envoyée aux seuls députés en réalité. Les sénateurs, eux, ne l’ont pas reçue. Ils devront attendre le retour du texte à la Haute assemblée pour que le premier ministre leur écrive.