Landudec, privé de médecin, désespère des candidats à la présidentielle
A Landudec, petite commune du Finistère en quête d'un médecin depuis cinq ans, on en est réduit à consulter par téléphone et on...

Landudec, privé de médecin, désespère des candidats à la présidentielle

A Landudec, petite commune du Finistère en quête d'un médecin depuis cinq ans, on en est réduit à consulter par téléphone et on...
Public Sénat

Par Sandra FERRER

Temps de lecture :

4 min

Publié le

A Landudec, petite commune du Finistère en quête d'un médecin depuis cinq ans, on en est réduit à consulter par téléphone et on désespère du "désintérêt" des candidats à la présidentielle face à la pénurie de médecins.

"Tout ce qui est médical est un peu oublié dans cette campagne, alors qu'il y a un certain malaise dans les zones rurales", se désole Françoise Le Gall dans sa boulangerie de ce bourg de 1.400 habitants.

Les hommes politiques "sont trop loin des préoccupations des gens", estime cette femme de 58 ans, qui ne sait pas encore pour qui elle votera au printemps. "Ni pour la gauche, ni pour l'extrême droite", affirme-t-elle, en disant porter un regard critique autant sur le quinquennat de François Hollande que sur celui de Nicolas Sarkozy.

Les campagnes sont confrontées au départ à la retraite des médecins et au désengagement des services publics de santé, alors que les aides à l'installation de jeunes praticiens et la création de maisons médicales ne parviennent pas à pallier la désertification médicale.

Assurant suivre tous les débats télévisés, Mme Le Gall se dit favorable à l'augmentation du numerus clausus, ainsi que le souhaitent certains candidats: "au lieu de faire venir des étrangers en France, pourquoi ne pas ouvrir plus de places pour nos jeunes?" s'interroge-t-elle.

Elle se dit favorable à l'idée de contraindre les jeunes médecins à s'installer pour quelques années dans les zones les plus défavorisées.

"La pénurie de médecins n'est pas la préoccupation des politiques", se désole également Jean-Louis Tétart, 64 ans. Alors que les habitants de la commune ont dû se tourner vers les bourgs voisins pour trouver un généraliste après le départ à la retraite du leur en 2011, il regrette que ces médecins ne se déplacent pas autant qu'il le faudrait chez leurs patients. "Ils sont surchargés, c'est l'enfer", se désole-t-il.

- 'Généraliste dating' -

"Nous avons des médecins dans les communes environnantes mais qui arrivent à saturation", confirme Noël Cozic, le maire de Landudec, estimant que ces derniers "fuient les zones rurales de peur de devoir travailler jusqu'à 80 heures par semaine et d'être isolés".

"Notre médecin est parti il y a cinq ans et depuis on cherche désespérément à le remplacer", poursuit le maire de cette commune dotée d'une maison médicale avec une infirmière, un kinésithérapeute et un ostéopathe.

La commune a d'ailleurs fait le buzz l'été dernier en publiant sur internet une vidéo intitulée "Toubib or not Toubib" dans laquelle elle vante avec humour ses atouts: "des champs, des fraises et des surfeurs", mais aussi une maison de retraite, une discothèque ou un camping. "La seule chose qui manque à notre bonheur, c'est un docteur!" conclut la vidéo visionnée plus de 430.000 fois sur les réseaux sociaux.

Mais en dehors d'une certaine renommée sur la toile, le bourg, situé en zone médicale blanche, n'a pas réussi à attirer de praticien, qui se verrait pourtant proposer pendant un an un salaire mensuel de 6.900 euros brut et le loyer de son cabinet, avec une dégressivité la deuxième année.

"Même avec ça on ne trouve personne", se désole le premier-adjoint, Ronan Bernard, qui dit ne pas avoir "entendu de proposition vraiment concrète de la part des candidats" sur cette question.

"Chaque commune doit se débrouiller seule pour régler le problème", regrette l'élu. Il explique que depuis peu et pour une durée de six mois, les habitants bénéficient des services d'une start-up bretonne proposant des consultations médicales par téléphone.

Avant cela, en octobre, la commune avait participé à une opération lancée par l'Agence régionale de santé (ARS) baptisée "Généraliste dating". Organisée à la faculté de médecine de Brest, elle visait à mettre en relation les futurs généralistes et les communes en manque de médecins.

Partager cet article

Dans la même thématique

Landudec, privé de médecin, désespère des candidats à la présidentielle
3min

Politique

Crise énergétique : Sébastien Lecornu annonce l’interdiction des chaudières à gaz dans les logements neufs

Quelques jours après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, une série de mesures destinées à tirer les leçons » de la crise énergétique. Afin de dépendre moins des énergies fossiles, l’installation de chauffages au gaz serait interdite « dès la fin de cette année » dans les constructions neuves. Le gouvernement va aussi doubler son soutien à l’électrification des usages de 5,5 milliards à 10 milliards d’euros par an d’ici 2030.

Le

Philippe TABAROT visite du technicentre SNCF
6min

Politique

Sénatoriales : candidat dans les Bouches-du-Rhône, Renaud Muselier entend faire une liste commune avec LR

Le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, parti chez Renaissance en 2022, a annoncé par surprise sa candidature aux sénatoriales de septembre prochain, entendant jouer un rôle au plan national, pour la présidentielle. Il veut mener une liste d’union avec la droite. Du côté de la sénatrice LR sortante, Valérie Boyer, on confirme que les discussions sont engagées.

Le

Hungary US Vance
7min

Politique

Elections en Hongrie : « Orban est comblement bousculé dans cette campagne »

Dimanche, les élections législatives en Hongrie s’annoncent à haut risque pour Viktor Orban. Le Premier ministre nationaliste, proche du Kremlin, est distancé dans les sondages par son principal opposant, Péter Magyar. L’eurodéputé a choisi de mener une campagne de terrain sur des thèmes de politique intérieure, en mettant en exergue les dérives du régime en place depuis 16 ans.

Le

illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
3min

Politique

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.

Le