« On ne redressera pas la France sans, ou contre, les collectivités », prévient Gérard Larcher
Lors du Congrès des départements de France, le président du Sénat a déclaré que le dialogue avait « repris » entre les collectivités et l’État, mais que ces dernières attendaient désormais des « preuves concrètes ». Gérard Larcher s’est montré très critique sur la contractualisation financière.

« On ne redressera pas la France sans, ou contre, les collectivités », prévient Gérard Larcher

Lors du Congrès des départements de France, le président du Sénat a déclaré que le dialogue avait « repris » entre les collectivités et l’État, mais que ces dernières attendaient désormais des « preuves concrètes ». Gérard Larcher s’est montré très critique sur la contractualisation financière.
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Après trois mois de crise entre les collectivités territoriales et le gouvernement, Gérard Larcher a adressé un discours très politique lors du 87e congrès de l’Assemblée des Départements de France (ADF). Se positionnant à la fois comme un médiateur dans ce conflit ouvert depuis l’été, mais aussi en ambassadeur des élus de « proximité », le président du Sénat met en garde Emmanuel Macron. « On ne redressera pas la France sans, ou contre, les collectivités locales. »

Annulations de crédits trois jours après la Conférence nationale des territoires en juillet, réduction des contrats aidés, disparition d’un fonds de soutien au développement économique, le président du Sénat a déploré une « rupture de méthode », mais a affirmé que « depuis, le dialogue a repris ». « J’attends comme vous des preuves concrètes en direction des collectivités », lance-t-il devant les présidents de conseils départementaux.

« Recentralisation rampante »

Sur la maîtrise des finances locales réclamée par l’État, avec une limitation de la hausse des dépenses de 1,2% par an, Gérard Larcher a parlé d'un chiffre « peu réaliste » qui ne tiendrait « pas compte de la diversité » des situations. « Des progrès […] sont encore parfois possibles », dit-il, « mais ceux réalisés ces dernières années ne sont pas reproductibles indéfiniment ».

Les applaudissements sont nourris, dans le théâtre de La Criée à Marseille, lorsque l’élu des Yvelines dénonce une « forme de recentralisation rampante » sur la future contractualisation budgétaire entre l’État et les 319 plus grandes collectivités : bonne gestion des finances, en échange d’un versement total des dotations. « La contractualisation sous la menace n’est pas une contractualisation », critique Gérard Larcher, en détaillant la vraie définition d'un contrat selon le Code civil.

Très sceptique, le président du Sénat l’est aussi sur une recentralisation du RSA au niveau de l’État. « Le département est le meilleur échelon pour l’action sociale », affirme-t-il, à l’heure où les régions pilotent davantage la formation professionnelle.

Sur la question des mineurs isolés, Gérard Larcher renvoie l’État à ses responsabilités. « J’ai demandé solennellement au président de la République que ce qui est de la responsabilité régalienne soit assumé par l’État ».

Président d’une chambre parlementaire qui représente ces collectivités territoriales, Gérard Larcher a par ailleurs souligné que le « sénateur d’octobre 2017 » allait devoir « inventer un nouveau lien » avec les territoires, après l’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats. « Nous allons vous proposer de participer concrètement à notre délégation aux collectivités territoriales, » déclare-t-il, en annonçant la mise en place d’une « plateforme de consultation des élus », avant chaque l’étude de chaque texte de loi.

« On a une responsabilité politique »

Gérard Larcher devant les élus de l'ADF : « Est-ce qu’on veut vraiment continuer à désespérer nos concitoyens ? »
01:32

Le ton de la fin du discours est plus grave. Gérard Larcher revient sur les résultats de l’élection présidentielle, et sur les villages qui « donnent 50-60% au Front national », interrogeant les élus locaux :

« Est-ce qu’on veut vraiment continuer à désespérer nos concitoyens ? Est-ce qu’on veut vraiment leur donner le sentiment d’être à côté ? […] Ils ont le sentiment de plus compter, de plus être entendus. Comment se sentir pleinement intégré à la nation quand on a le sentiment que l’État vous abandonne, quand on a la sensation d’être laissé de côté parce que l’on n’habite pas au bon endroit ? »

À ces questions, Gérard Larcher répond que la proximité des politiques « est essentielle ».

Revoir le discours en intégralité :

REPLAY. Le discours de Gérard Larcher au 87e Congrès de l'ADF
36:38

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