« On ne redressera pas la France sans, ou contre, les collectivités », prévient Gérard Larcher
Lors du Congrès des départements de France, le président du Sénat a déclaré que le dialogue avait « repris » entre les collectivités et l’État, mais que ces dernières attendaient désormais des « preuves concrètes ». Gérard Larcher s’est montré très critique sur la contractualisation financière.

« On ne redressera pas la France sans, ou contre, les collectivités », prévient Gérard Larcher

Lors du Congrès des départements de France, le président du Sénat a déclaré que le dialogue avait « repris » entre les collectivités et l’État, mais que ces dernières attendaient désormais des « preuves concrètes ». Gérard Larcher s’est montré très critique sur la contractualisation financière.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Après trois mois de crise entre les collectivités territoriales et le gouvernement, Gérard Larcher a adressé un discours très politique lors du 87e congrès de l’Assemblée des Départements de France (ADF). Se positionnant à la fois comme un médiateur dans ce conflit ouvert depuis l’été, mais aussi en ambassadeur des élus de « proximité », le président du Sénat met en garde Emmanuel Macron. « On ne redressera pas la France sans, ou contre, les collectivités locales. »

Annulations de crédits trois jours après la Conférence nationale des territoires en juillet, réduction des contrats aidés, disparition d’un fonds de soutien au développement économique, le président du Sénat a déploré une « rupture de méthode », mais a affirmé que « depuis, le dialogue a repris ». « J’attends comme vous des preuves concrètes en direction des collectivités », lance-t-il devant les présidents de conseils départementaux.

« Recentralisation rampante »

Sur la maîtrise des finances locales réclamée par l’État, avec une limitation de la hausse des dépenses de 1,2% par an, Gérard Larcher a parlé d'un chiffre « peu réaliste » qui ne tiendrait « pas compte de la diversité » des situations. « Des progrès […] sont encore parfois possibles », dit-il, « mais ceux réalisés ces dernières années ne sont pas reproductibles indéfiniment ».

Les applaudissements sont nourris, dans le théâtre de La Criée à Marseille, lorsque l’élu des Yvelines dénonce une « forme de recentralisation rampante » sur la future contractualisation budgétaire entre l’État et les 319 plus grandes collectivités : bonne gestion des finances, en échange d’un versement total des dotations. « La contractualisation sous la menace n’est pas une contractualisation », critique Gérard Larcher, en détaillant la vraie définition d'un contrat selon le Code civil.

Très sceptique, le président du Sénat l’est aussi sur une recentralisation du RSA au niveau de l’État. « Le département est le meilleur échelon pour l’action sociale », affirme-t-il, à l’heure où les régions pilotent davantage la formation professionnelle.

Sur la question des mineurs isolés, Gérard Larcher renvoie l’État à ses responsabilités. « J’ai demandé solennellement au président de la République que ce qui est de la responsabilité régalienne soit assumé par l’État ».

Président d’une chambre parlementaire qui représente ces collectivités territoriales, Gérard Larcher a par ailleurs souligné que le « sénateur d’octobre 2017 » allait devoir « inventer un nouveau lien » avec les territoires, après l’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats. « Nous allons vous proposer de participer concrètement à notre délégation aux collectivités territoriales, » déclare-t-il, en annonçant la mise en place d’une « plateforme de consultation des élus », avant chaque l’étude de chaque texte de loi.

« On a une responsabilité politique »

Gérard Larcher devant les élus de l'ADF : « Est-ce qu’on veut vraiment continuer à désespérer nos concitoyens ? »
01:32

Le ton de la fin du discours est plus grave. Gérard Larcher revient sur les résultats de l’élection présidentielle, et sur les villages qui « donnent 50-60% au Front national », interrogeant les élus locaux :

« Est-ce qu’on veut vraiment continuer à désespérer nos concitoyens ? Est-ce qu’on veut vraiment leur donner le sentiment d’être à côté ? […] Ils ont le sentiment de plus compter, de plus être entendus. Comment se sentir pleinement intégré à la nation quand on a le sentiment que l’État vous abandonne, quand on a la sensation d’être laissé de côté parce que l’on n’habite pas au bon endroit ? »

À ces questions, Gérard Larcher répond que la proximité des politiques « est essentielle ».

Revoir le discours en intégralité :

REPLAY. Le discours de Gérard Larcher au 87e Congrès de l'ADF
36:38

Partager cet article

Dans la même thématique

NUPES : Lancement du Parlement
9min

Politique

Municipales : rupture consommée officiellement entre le PS et LFI… au moins jusqu’au second tour

A l’issue d’un Bureau national, les socialistes ont qualifié les propos récents de Jean-Luc Mélenchon « d’antisémites » et rejettent toute possibilité d’un accord national au premier et au second tour des municipales avec LFI. Les Insoumis dénoncent, eux, l’irresponsabilité de la direction du PS, qui selon eux, fait le jeu de l’extrême droite. Mais au soir du premier tour, LFI et le PS devront faire face à la pression de leurs militants respectifs pour trouver un accord dans les cas où la désunion à gauche conduirait à la victoire de la droite ou l’extrême droite.

Le

« On ne redressera pas la France sans, ou contre, les collectivités », prévient Gérard Larcher
4min

Politique

LFI : « Jean-Luc Mélenchon donne l’impression que la gauche est plus dangereuse que le RN », déplore Pierre Jouvet (PS)

Invité de notre matinale, Pierre Jouvet a critiqué les prises de position récentes de Jean-Luc Mélenchon et a appelé les militants et élus Insoumis à se désolidariser des propos de leur leader politique. A l’approche des municipales, le PS exclut des alliances avec des Insoumis « qui ne condamnent pas les propos de Jean-Luc Mélenchon. »

Le

Elections Legislatives bureau de vote a Nice
9min

Politique

68 % des communes n’ont qu’une liste pour les municipales : « Démocratie confisquée » ou « illusion d’optique » liée au nouveau mode de scrutin ?

Pour les élections municipales, les deux tiers des communes connaissent déjà le nom de leur maire, car une seule liste a été déposée en préfecture. « C’est à cause de la transformation du mode de scrutin », qui généralise les listes paritaires pour les communes de moins de 1000 habitants, explique le sénateur PS Eric Kerrouche. Ne pas avoir le choix « n’est pas bon pour la démocratie », pointe le sénateur Horizons Franck Dhersin. Mais pour le socialiste, « ça systématise quelque chose qui était là auparavant ».

Le