Larcher livre une réflexion sur la laïcité et la place de l’islam
Le président du Sénat Gérard Larcher se livre, dans une série d'entretiens avec le philosophe Marcel Gauchet, à une réflexion sur...

Larcher livre une réflexion sur la laïcité et la place de l’islam

Le président du Sénat Gérard Larcher se livre, dans une série d'entretiens avec le philosophe Marcel Gauchet, à une réflexion sur...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le président du Sénat Gérard Larcher se livre, dans une série d'entretiens avec le philosophe Marcel Gauchet, à une réflexion sur la laïcité et la place de l'islam, estimant que "l'enjeu se noue autour de l’acceptation par l’islam des principes républicains et de la démocratie".

"Avant de renforcer les principes de la laïcité, il faut les faire respecter ! Est-ce le cas ? Non. Nous devons commencer par ce constat avant de nous interroger sur la refonte des relations entre l’État et les religions", affirme M. Larcher dans cette série d'entretiens animés par le journaliste de Paris-Match Bruno Jeudy, et rassemblés dans un fascicule d'une soixantaine de pages publié par le Sénat.

L'exécutif avait lancé à l'automne le chantier sensible de la révision de la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l'Etat à l'automne, mais la volonté de réforme a depuis été mise en sourdine.

"La plupart des religions ont parcouru le chemin de la conciliation avec la laïcité. Quant à l’islam, ce n’est pas dans sa nature de le faire spontanément. Il faudra donc faire naître cet +islam adapté+ dont parlent très bien des auteurs de confession musulmane. L’enjeu se noue autour de l’acceptation par l’islam des principes républicains et de la démocratie. Je ne les crois pas incompatibles. Mais cela nécessite un effort et du temps", estime le président du Sénat.

Pour M. Larcher (Les Républicains), "une ère nouvelle doit s'ouvrir pour l'Etat vis-à-vis des cultes, non pas celle de l'intrusion, mais celle de l'accompagnement en tenant compte de leurs besoins et de leurs spécificités".

"Il convient donc d'accompagner la communauté musulmane, avec exigence, mais c'est d'abord à elle qu'il revient de s'organiser, de se financer, de se libérer des tutelles extérieures".

Interrogé sur la possibilité que des salafistes ou les Frères musulmans cherchent à infiltrer les listes électorales dans certains quartiers pour les municipales de mars 2020, M. Larcher estime que "le problème pourrait se poser en certains points du territoire". "Les élus, l'Etat se doivent d'être attentifs et d'adopter une attitude responsable".

Plus généralement, le président du Sénat affirme que "l'exercice d'une politique publique du fait religieux doit pouvoir concilier la liberté de culte, la protection de l'ordre public et la mise en exergue du rôle public et social des religions en vue de renforcer la cohésion nationale".

Il suggère que le "Bureau central des cultes", au ministère de l'Intérieur, soit "transformé en un Secrétariat général auprès du Premier ministre, afin de quitter la seule sphère de l'ordre public au profit d'une dimension nouvelle: il s'agit d'assurer le respect de la loi et de mener une démarche d'accompagnement s'agissant des différents cultes".

Partager cet article

Dans la même thématique

EU Summit, Europa-Gebäude, Br%FCssel, Belgium – 15 Oct 2026
7min

Politique

Union européenne : comment est abondé le budget et que finance-t-il ?

Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.

Le

Larcher livre une réflexion sur la laïcité et la place de l’islam
5min

Politique

Désindexation des retraites au-delà de 1260 euros : « Il faut que tout le monde contribue », insiste le ministre Jean-Pierre Farandou

Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le