Versailles convocation of both  parliamen houses to anchor the right to abortion in the country’s constitution
France's Prime Minister Gabriel Attal with Senate president Gerard Larcher as he arrives to take part in the convocation of a congress of both houses of parliament in Versailles, southwestern of Paris, on March 4, 2024 //04SIPA_SIPA0055/Credit:Blondet Eliot -POOL/SIPA/2403041739

Devant les sénateurs LR, Gérard Larcher a « clairement dit qu’il ne serait pas le Premier ministre d’Emmanuel Macron »

La semaine dernière, un entretien donné à l’AFP avait laissé planer une ambiguïté. Ce mardi, devant les sénateurs LR, Gérard Larcher a mis fin aux rumeurs en assurant qu’il ne souhaitait pas être le Premier ministre d’Emmanuel Macron dans l’hypothèse d’une coalition entre les LR et la majorité présidentielle, après les Européennes.
Simon Barbarit

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Le suspense a presque duré une semaine. Mercredi dernier, des propos du président du Sénat avaient entretenu l’ambiguïté sur une possible coalition entre la majorité présidentielle et LR après les Européennes. « Si réellement l’extrême droite est à 40 %, […] on ne peut pas faire comme si les Français ne nous avaient pas envoyé un message » […] « On peut se réveiller avec une gueule de bois démocratique », et « moi j’en tiendrai compte », avait-il déclaré.

De quoi réactiver les rumeurs envoyant le deuxième personnage de l’Etat à Matignon. Cette option commençait à prendre corps depuis qu’un article de L’Express du 26 mai a révélé l’existence d’un dîner le 7 mars, entre Emmanuel Macron et Gérard Larcher, sur invitation du premier.

« C’est une clarification qui n’en est pas une »

Ce mardi lors de la réunion de groupe, l’intéressé a pris la parole de sa propre initiative. « Il a dit clairement qu’il ne serait pas le Premier ministre d’Emmanuel Macron car il ne partageait pas la même vision du pays », rapporte le sénateur des Pyrénées Atlantiques, Max Brisson.

« C’est une clarification qui n’en est pas une. Gérard Larcher m’avait confié la teneur de son entretien avec le chef de l’Etat et ça ne correspondait pas du tout au récit qui en a été fait dans la presse. Cette rumeur a été colportée par un camp qui n’est pas le nôtre », assure le président du groupe, Bruno Retailleau. « Je pense que ce qui est affirmé ici ou là commençait vraiment à l’agacer », analyse, à son tour, une sénatrice.

« Pourquoi irions-nous monter sur le Titanic ? »

Gérard Larcher a également réaffirmé aux sénateurs « qu’il ne restera pas insensible aux résultats des élections et qu’il faudra en tirer les leçons », rapporte Max Brisson. De quoi laisser entendre que l’hypothèse d’une coalition LR Renaissance n’est pas totalement enterrée. « Le pays va mal. Comme le dit le chef de l’Etat, nous sommes à la veille d’un vent mauvais et je ne fais aucune confiance au RN pour diriger le pays. Je rappelle aussi que bon nombre de ministres au gouvernement viennent de LR », souligne Jean-Raymond Hugonet sénateur (apparenté LR).

« Les déclarations de Gérard Larcher enterrent l’hypothèse de la coalition », tranche quant à lui Bruno Retailleau. « Le débauchage individuel, c’est 48 heures de médias et plus rien. Si Emmanuel Macron était gaulliste, il se serait déjà revenu devant les électeurs. Il a détruit un système politique sans en reconstruire un nouveau. Il fait des coups mais n’est pas sur le temps long. Je n’ai pas l’impression que les parlementaires des Républicains souhaitent cette coalition. Pourquoi irions-nous monter sur le Titanic ? », balaye, lui aussi, Max Brisson.

 

 

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